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23 mars 2007 5 23 /03 /mars /2007 16:21
Exrtrait de Philosophie magazine, numéro huit.

Ordre juste
Et s'il fallait choisir entre l'ordre et la justice ?

"Incontournable formule de la campagne, « l'ordre juste » est indissociable du vocabulaire conceptuel de Ségolène Royal... et de Benoît XVI via saint Augustin et saint Thomas. Pour justifier cet « oxymore socialiste », la candidate qui souhaite « rétablir un ordre juste par le retour à la confiance, par le retour de repères clairs, par le bon fonctionnement des services publics, par des règles d'honnêteté i    [...] valables pour tous », se réfère à François Mitterrand pour qui « le premier scandale était dans     l'injustice fauteuse de désordre ».
Mais certains de ses détracteurs n'ont pas manqué de lui rappeler que l'encyclique du pape Benoît XVI du 25 janvier (Deus caritas est) assurait que « l'ordre juste de la société et de l État est le devoir essentiel du politique », car « un État qui ne serait pas dirigé selon la justice se réduirait à une grande bande de vauriens, comme l'a dit un jour saint Augustin ». Le concept d'ordre juste provient de la Somme contre les gentils de saint Thomas (Livre III, Question 144) où le dominicain vante l'ordre proportionné du monde et la justice divine des peines et des récompenses (« Dieu inflige des peines éternelles pour certains péchés afin que soit sauvegardé dans le monde un ordre juste, témoin de sa sagesse »). En réalité, le concept n'appartient pas uniquement à la tradition catholique. Comme le précise l'éditorial de la revue Esprit de juillet 2006, « l'essentiel n'est pas tant le contenu de `l'ordre juste" que l'unité qu'il réalise entre conservatisme et progressisme, et qui semble devoir être le principal rempart de la gauche au non moins paradoxal autoritarisme libéral de Nicolas Sarkozy. Le modèle d'une telle synthèse se trouve déjà dans le programme dfluguste Comte, "Ordre et Progrès" ». Au-delà des sources multiples de ce concept, la question qui se pose est de savoir quelle priorité il faut accorder à ces deux valeurs. Un vieux débat : Goethe disait préférer une injustice à un désordre, quand Camus disait « préférer éternellement le désordre à l'injustice ». Extrait du  dossier préparé par J. Charnay, E. Giannesini et N. Truong pour Philosophie magazine
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