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21 janvier 2007 7 21 /01 /janvier /2007 15:25
N I E T Z S C H E


Ce que nous prenons pour l'amour de la vérité pourrait bien dissimuler quelque chose d'autre, notamment un  appétit de certitudes réconfortantes:


"En tant qu'il est un moyen de conservation pour l'individu, l'intellect développe ses forces principales dans la dissimulation; celle-ci est en effet le moyen par lequel les individus plus faibles, moins robustes, subsistent en tant que ceux à qui il est refusé de mener une lutte pour l'existence avec des cornes ou avec la mâchoire aiguë d'une bête de proie. Chez l'homme cet art de la dissimulation atteint son sommet: l'illusion, la flatterie, le mensonge et la tromperie, les commérages, les airs d'importance, le lustre d'emprunt, le port du masque, le voile de la convention, la comédie pour les autres et pour soi-même, bref le cirque perpétuel de la flatterie pour une flambée de vanité, y sont tellement la règle et la loi que presque rien n'est plus inconcevable que l'avènement d'un honnête et pur instinct de vérité parmi les hommes. Ils sont profondément plongés dans les illusions et les songes, leur oeil ne fait que glisser à la surface des choses, il y voit des « formes », leur sensation ne conduit nulle part à la vérité, elle se contente seulement de recevoir des excitations et de jouer comme sur un clavier sur le dos des choses. [...]
Qu'est-ce donc que la vérité? Une multitude mouvante de métaphores, de métonymies, d'anthropomorphismes, bref, une somme de relations humaines qui ont été poétiquement et rhétoriquement haussées, transposées, ornées, et qui, après un long usage, semblent à un peuple fermes, canoniales et contraignantes : les vérités sont des illusions dont on a oublié qu'elles le sont, des métaphores qui ont été usées et qui ont perdu leur force sensible, des pièces de monnaie qui ont perdu leur empreinte et qui entrent dès lors en considération, non plus comme pièces de monnaie, mais comme métal.
Friedrich Nietzsche, Le Livre du philosophe (1873), trad. A. K. Marietti, Éd. Aubier-Flammarion, 1969, pp. 173-183.
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commentaires

B
<br /> Bonjour madame,<br /> <br /> <br /> Je suis actuellement en Terminale ES, et je suis 4 heures de philosophie par semaine. Mon professeur de philosophie nous a demandé de lui rendre un DM de 5 pages minimum sur ce texte de<br /> Nietzsche. Or, il s'agit de mon premier DM, de mon premier travail de philospohie. Il nous a distsribué ce texte hier (Vendredi) à faire pour Lundi, sans même avoir traité auparavant<br /> l'explication de texte (je recherche désèspérement des méthodes "potables" sur internet, sans succès).<br /> <br /> <br /> Je suis complètement perdu: je ne comprends pas du tout le texte, je n'arrive à faire de liens avec aucunes autres choses... J'ai cependant relevé des mots, sans savoir quoi en faire...<br /> <br /> <br /> Pourriez vous, svp, me dire par quoi commencer, que faire pour, dans un premier temps, comprendre ce texte, puis dans un second temps, en faire une explication ? Quelles méthodes pourriez vous me<br /> donner ?<br /> <br /> <br /> Merci d'avance. Benoît<br />
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L
<br /> <br />  <br /> <br /> <br />  Je ne sais pas si cela suffira car le texte de Nietzsche est horriblement difficile..<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> La méthode  de l’explication de texte de philosophie <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Première lecture :<br /> <br /> <br />  Tout d’abord, vous vous assurez que vous comprenez convenablement le texte, c’est-à-dire que vous êtes capable d’en dégager la thèse  sans aucun<br /> doute possible (sinon vous ne prenez pas ce sujet). Avec deux crayons de couleur ou « stabilo », soulignez, non pas tout et  n’importe quoi,  mais seulement :1) le ou les<br /> mots clés, trois ou quatre occurrences maximum 2 ) les mot-logiques qui indiquent les étapes du raisonnement (par exemple : car, donc, mais, ainsi..).<br /> <br /> <br /> Au brouillon :<br /> <br /> <br /> - Dégagez le thème  de l’extrait et  la question (soulevée à laquelle il répond) et, pour finir, la thèse (réponse à la question soulevée).<br /> <br /> <br /> - Dégagez la structure logique : par exemple : Thèse –Arguments- Objections – Conclusion . Ou encore : Opinion commune- Réfutation <br /> (série d’arguments) – Illustration- Thèse et Conclusion.<br /> <br /> <br /> - Formulez votre problématique : la question  (décomposée en 2 ou 3 points) soulevée puis tranchée ou traitée  par l’auteur.<br /> <br /> <br /> -Indiquez deux pistes de réflexion pour votre partie « critique » : Par exemple : 1) caractère paradoxal de la thèse 2) Impact dans<br /> l’histoire des idées (Nota bene : « critiquer » ne signifie pas « invalider »)<br /> <br /> <br />  Rédaction :<br /> <br /> <br /> -Introduction . Ne résumez pas le texte, n’annoncez pas votre propos. Procédez en deux temps : 1) Ancrage du texte dans un thème 2) Enoncé de votre<br /> problématique.<br /> <br /> <br /> -Explication proprement dite : en deux ou trois parties, suivant le plan du texte. Phrase après phrase. Les affirmations les plus abstraites doivent être<br /> illustrées. Les difficultés doivent être explicitées et non pas passées sous silence. Les idées les plus fortes (difficiles, originales) doivent être mises en relief. Ainsi, en tant que lecteur,<br /> vous témoignez de votre ETONNEMENT (philosopher, c’est savoir s’étonner).<br /> <br /> <br /> Partie critique : en deux temps :  par exemple : 1) Objections 2) Réponse aux objections (c’est une possibilité parmi d’autres).<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  L’ESSENTIEL A RETENIR<br /> <br /> <br /> -Manifester un réel esprit CRITIQUE ; ne pas adhérer purement et simplement au propos de l’auteur. (paraphrase). Au contraire, il faut interroger le<br /> texte,  questionner les idées et le mode d’argumentation de  l’auteur.<br /> <br /> <br /> - Ne pas reprocher à l’auteur de ne pas avoir pensé à ceci ou à cela. Vous ne connaissez pas l’ensemble de son œuvre<br /> <br /> <br /> - Ne pas plaquer des connaissances extérieures et superflues.<br /> <br /> <br /> - Ne pas  supposer que la thèse est forcément dans la première phrase<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> - Faire preuve de pédagogie. Ne pas embrouiller le lecteur, au contraire tenter de clarifier le texte, comme si vous l’expliquiez à quelqu’un qui ne le<br /> comprend pas.<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />
B
<br /> <br /> Pourriez vous m'aider pour réaliser mon introduction à propos de ce texte ? Je ne c'est pas quoi mettre dedans pourtant j'ai réussit a faire mon dévellopement.<br /> <br /> <br /> Merci d'avance.<br /> <br /> <br /> <br />
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L
<br /> <br />  Vous pourriez dire qu'il est banal de souligner le goût de hommes pour la dissimulation et le menssonge.. mais qu'il est très original de rapprocher vérité et illusion..<br />  Mais si la vérité n'est qu'un échaffaudage de mensonges.. on  peut se demander quel est le point de vue de Nietzsche? Si son discours ne prétend pas à la vérité, à quoi prétend-il?<br /> <br /> <br /> <br />
A
<br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Bonjour Madame,<br /> <br /> <br /> Est-ce que l'on peut dire que pour Nietzsche : "la vérité n'existe pas" ?<br /> <br /> <br /> " Qu'est-ce donc que la vérité? Une multitude mouvante de métaphores, de métonymies, d'anthropomorphismes, bref, une somme de relations humaines qui ont été poétiquement et rhétoriquement<br /> haussées, transposées, ornées, et qui, après un long usage, semblent à un peuple fermes, canoniales et contraignantes : les vérités sont des illusions dont on a oublié qu'elles<br /> le sont, des métaphores qui ont été usées et qui ont perdu leur force sensible, des pièces de monnaie qui ont perdu leur empreinte et qui entrent dès lors en considération, non plus comme pièces<br /> de monnaie, mais comme métal. "<br /> Friedrich Nietzsche, Le Livre du philosophe (1873), trad. A. K. Marietti, Éd. Aubier-Flammarion, 1969, pp. 173-183.<br /> <br /> <br /> Cordialement,<br /> <br /> <br /> Alice<br /> <br /> <br /> <br />
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L
<br /> <br /> Si vous voulez résumer ce pasge en disant "la vérité n'existe pas " vous faites fausse route.<br /> <br /> <br />  Nietzsche défend une autre conception de la vérité; il révèle le caractère conventionnel et complexe de toute "vérité'" ( c'est le perspectivisme)<br /> <br /> <br /> <br />
M
Je suis en terminale S j'ai le choix entre ce texte et un autre de Nietzsche mais celui la m'interpelle relativement plus et j'me sens d'humeur a chercher ^^J'ai lu les commentaires pertinants ca m'a aidé a avancer un petit peu, merci !
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G
Je suis en classe de Term. S et je vous remercie beaucoup pour vos éclaircicssements. Je crois que je vais m'acheter la philosophie de A à Z!
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L
<br /> OUi Gilles..<br />  Ce texte est beaucoup trop difficile à mon avis pour les terminales.<br /> <br /> <br />
L
Certaines choses me paraissent tout de même obscures dans ce texte:- Qui est-ce qui est visé par l'auteur? Est-ce que ce sont "les individus plus faibles" (qui semblent avoir particulièrement recours à la dissimulation) ou bien "l'homme" en général (comme semble l'indiquer la l.5)?- Je me demande ce que signifie l'idée selon laquelle les hommes les plus robustes sont ceux qui ont des "cornes" et des "machoires aiguës": il s'agit sans doute d'une métaphore, mais ce n'est pas extrêmement clair.- J'avoue ne pas très bien comprendre comment on passe du thème de la "dissimulation" au thème de "l'illusion". L'auteur commence par déclarer que l'homme est au fond essentiellement hypocrite, que tout est vanité chez lui, et donc qu'il n'a pas de désir profond et vrai pour la vérité. Mais je ne vois pas pourquoi il est écrit après que ces mêmes hommes vivent dans "l'illusion et les songes" - est-ce que cela veut dire qu'à force de faire semblant, les hommes sont en quelque sorte pris à leur propre piège, de sorte qu'ils oublient qu'ils font semblant et en viennent à vivre dans l'illusion?- je ne comprends pas du tout la fin du premier paragraphe où il est question de formes (j'imagine qu'il s'agit d'une allusion à Platon?) et surtout  de "sensation qui ne conduit nulle part à la vérité": l'auteur semble considérer que les hommes qui passent leur temps à dissimuler créent un monde d'apparences, et donc restent à la surface trompeuse des choses, ce qui fait que "leur sensation ne conduit nulle part à la vérité". Mais alors, il y a bien quelque chose comme une vérité "objective"?-  l'auteur écrit à la fin que "les vérités sont des illusions". Est-ce que cette affirmation concerne la vérité en général, ou seulement la vérité telle qu'elle est "fabriquée", à partir d'une série de dissimulations réciproques, par les hommes les plus faibles?- L'auteur semble considérer que ce qu'on prend aujourd'hui pour des vérités sont en fait d'anciennes "métaphores" (je ne comprends pas très bien en quoi une vérité est une métaphore); mais cela, j'imagine, ne concerne que la vérité "morale", pas la vérité scientifique.- Je ne comprends pas du tout la dernière image, selon laquelle les (pseudo) vérités passent du statut de "pièce de monnaie" à celui de simple "métal".- Enfin, ne trouvez-vous pas que le texte est un peu trop brutal dans ces affirmations? Il me semble que rien n'est vraiment justifié, mais que tout est affirmé assez péremptoirement (ce qui ne veut pas dire que le texte n'est pas intéressant). Je suppose que les justifications doivent se trouver ailleurs.L. 
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L
<br /> TOut d'abord Laurent à quel niveau êtes-vous?<br />  Toutes les questions que vous vous posez, à juste titre, vous devez les intégrer dans votre commentaire.<br />  En fait on ne peut comprendre ce texte sans avaoir une idée de toute la philosophie de Nietzsche -je vous conseille l'introductionde Crépuscule des idoles Par Eric Blondel en Classqiues<br /> Hatier.<br />  C'est la vérité tout entière que N. dénigre, à commencer pa rla vérité scientifique.<br />  L'idée clef est que le langage est une suite de métaphores( images, approximations illusion, trompe l'oeil) et que la vérité est une faux-semblant(pièce en chocolat prise pour pièce en or)<br /> <br /> <br />
G
Bonjour.Je n'arrive pas à comprendre pourquoi la vérité et la volonté de vérité est  une forme subtile d'imposture ou même que "les vérités sont des illusions"(Normalement les vérités sont les choses directement, sans ornementations?). De même, après que Nietzsche dit dans le passage coupé ([...]) que les hommes reposent sur ce qui est meurtrier " dans l'indifférence de leur ignorance", il se pose la question suivante: d'où pourrait venir, "par le monde", dans cette constellation l'instinct de vérité (c'est-à-dire qu'est-ce qui pousserait l'homme à cet instinct). J'y réponds en disant que celui-ci viendrait lorsqu'on garantira à l'homme l'abscence de représailles qui mettraient sa vie en danger, doù>l'illusion sur soi-même est un besoin vital et une tendance naturelle del'homme. (est-ce juste??).Enfin "l'amour désintéressé de la vérité", ce sont les hommes qui se vantent d'être vrai, franc,honnête... mais du fait qu'ils se vantent, ils ne sont pas vrai?? Merci encore!
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L
<br /> Les vérités ne sont pas les choses!!!!!<br />  La vérité est un fait de langage. Le langage pour Nietzsche est un enchaîment de métaphores . Ce texte est une critique du langage , la clef en est dans la seconde partie.<br /> Dans la première partie, N. rappelle que les hommes n'aiment pas la vérité, mais préfèrent l'illusion.<br />  Dans la seconde partie il dit: la vérité elle-même n'est rien d'autre qu'une illusion portée par le langage qui se substitue à la réalité.<br />  Nietzsche dit que croire en la vérité d'un mot (comme les mots âme ou Dieu par exemple) c'est être comme l'enfant qui prend une pièce de chocolat enveloppée dans du papier doré pour de<br /> l'or.<br /> <br />  Dites-moi: vous êtes en terminale? Ou sinon à quel niveau?<br /> <br /> <br />
G
Bonjour, j'ai exactement ce sujet de philosophie à traiter en DM et le problème c'est que j'ai pas mal d'ideées mais j'ai dû mal à faire mon plan... Je me suis posé pas mal de questions sur le texte et j'en suis arribé à la conclusion que:-serait îl favorable à l'homme de ne pas avoir cet instinct de vérité pour éviter guerre/conflits armés? Cet instinct, pour l'avoir, il faut avoir du une bonne dose de courage (apologie du romantisme allemand???). Nietsche dit en gros que nous sommes des animaux un peu plus meurtriers que la moyenne. Est-ce que le fait que toute notre société soirt codifiés entraîne un grand nombres de moyens de dissimulation (à la différence des animaux)? S'il-vous-plaît aidez moi! Avez-vous d'autres idées? Un plan???! Merci
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L
<br /> Attention à ne pas sortir du sujet. Il faut expliquer le texte mot à mot.  Vous vous éloignez trop du propos de N. N. Ne fait pas l'apologie du désir de vérité. <br />  Il faut expliquer en quoi la vérité recouvre des métaphores, donc des faux-semblants.<br />  Il faut que vous arriviez à montrer en quoi, pour Nietzsche , la volonté de vérité est le symptome d'autre chose, et , à ce  titre, une forme subtile d'imposture...<br />  Ce que Nietzsche dénonce , c'est l'idée d' amour désintéressé de la vérité;<br /> <br /> <br />