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26 décembre 2006 2 26 /12 /décembre /2006 14:35
 Alors, si le cinéma semble devenir de plus en plus objet de consommation, peut-on toujours le qualifier d'art ?

L'oeuvre d'art n'est pas soluble : on ne saurait consommer que son aspect de marchandise. Le propre de l'art cinématographique, s'il existe, c'est de tenter de réunir avant la lettre ce qu'on appelle les multimédias. Réunir la palette de Michel-Ange, la partition de Bach, la feuille blanche de Shakespearien, et ce pour tenter de révéler comme l'inassouvissement d'une synthèse - ce qui n'a guère à voir avec les réalisations actuelles qui reçoivent oscars et autres césars. Aux yeux de l'artiste, la seule conception de la beauté que l'on puisse prendre en considération, c'est la beauté subversive, pour ! reprendre en la détournant la définition de Bru- ton. Car filmer, c'est revoir de fond en comble toute l'histoire du cinéma, tout en reconnaissant par ailleurs ce que cette tâche a d'asymptotique. On ne donne aujourd'hui plus guère d'image subversive de l'art : or l'art est subversif, à l'égard de lui-même, ici et maintenant, comme à l'égard de tout son héritage. On ne saurait imaginer dans l'histoire de la philosophie un philosophe qui ne soit pas créateur de concepts. De même, on ne saurait imaginer un artiste qui ne soit pas créateur de formes - les
createurs qui marquent la courte histoire du ci-éma sont tous de
grands créateurs - et à chaque fois créateurs de nouvelles formes.


"La philosophie est-elle soluble dans le cinéma?"
Bertrand Levergeois interrogé par Jean Max Mejean , in Philosophie et cinema, Editions  Cinem Action



(image de  Jonas Mekas)

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