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8 décembre 2006 5 08 /12 /décembre /2006 15:38

Il en prend pour son grade ce matin dans Libé : Et l'Europe dans tout ça Michel Onfray. Le texte du philosophe témoigne du désordre idéologique d'une certaine gauche libérale ;
 (Voir aussi ci-dessous le billet ; Michel Onfray , philosophe militant)
Question: un philosophe peut-il être engagé? Le doit-il?
 Engagement et philosophie, est-ce compatible?
 (évidemment les exemples de philosophes engagés ne manquent pas.
Après  il faut se demander ce que "engagement" signifie.
Rousseau s'est engagé pour la justice, contre l'esclavage.  Son oeuvre est profondément subversive.Mais jamais il ne s'est prononcé  pour la révolution, ni pour aucune sorte de violence.. Pas plus que Socrate
Quant à Marx il a écrit: "il faut remplacer l'arme de la critique par la critique des armes" . Ce qui revient,  me semble-t-il à prononcer l'arrêt de mort de la philosophie.
 Quant à Michel Onfray, il me semble que de toute façon il prêche dans le désert, et qu'il ferait mieux de retourner cultiver ses olives  et nourrir ses berbis, comme Epicure.

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commentaires

F
Bonjour,juste ceci. Pour apporter le l'eau au moulin. http://michelonfray.blogs.nouvelobs.com/
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F
Je viens de lire la précision d'AF dans le Monde. La posture du philosophe engagé-dégagé me chagrine un peu.Si j'y vais ce n'est as pour prendre parti, c'est pour pointer les problème dit-il.Mais en même temps, il dit que la gauche est consternante et qu'il regrette Mendes.Alors, on pense, il faut qu'il y aille, à gauche, pour redresser la barre, pour expliquer qu'il faut être mendèsien.Mais non, en déplorant que la gauche actuelle donne dans le symbolisme plutôt que le réalisme, il dit préférer Sarko et Hulot.Et ces deux là ne donnent pas dans le symbolisme peut-être ?Et même Voyent, il aime bien à la limite. Hulot, Voynet, Sarko. Bon mélange. Si le travail d'un philosophe est de clarifier, il s'emploie à brouiller, derrière la brouille, attention à l'embrouille.Il dit encore que la morale civique est moribonde et que c'est un scandale, justement quand Sarko utilise les RG pour enquêter sur sa rivale c'est assez immoral. Quand le même utilise l'argent du ministère pour ses déplacement de campagne, c'est assez immoral. Quand le même, en tant que ministre de l'intérieur, joue le rôle de ministre des affaires étrangères aux Etats Unis, c'est assez immoral....Et pour finir dans le je m'engage sans m'engager (ça m'agace), le courageux AF sort de sa manche, la carte chance, le joker : Bayrou. L'homme du centre..... Fincki, un peu plus d'audace peut-être. C'est peut-être de cela aussi que manque le débat aujourd'hui. Et c'est peut-être ce que les philosophes ont à y apporter. De l'audace, encore de l'audace, et toujours de l'audace.
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L
Nom d'une pipe , c'est dans le Monde de ce soir? Je n'ai pas lu..Moi ce n'est aps Mandès que je regrette, c'es tRocard et Delors. Mendès, je ne me souviens pas bien.Moi aussi j'aime bien Bayrou. Agrégé de Lettres, respectueux de notre métier, et pro européen. Enfin je ne l'adore pas non plus!
O
Que l'on se rappelle  Socrate,Platon, Machiavel... Ceux-là, de même que tant d'autres, agissaient, par leurs interprétations, sur la scène politique.  Pourquoi absolument vouloir dissocier la philosophie de la politique? Bien sûr que le philosophe s'engage... Sa vocation est éminemment politique... Une société éclairée... Le philosophe est, comme tout homme en société, d'abord un citoyen, un animal politique.., il doit s'engager. Ou alors il répète... Tout authentique effort de pensée n'est-il pas un engagement? Après, il faut voir ce que le terme 'authentique' peut dévoiler, et si il est seulement possible sur la scène publique et politique...
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L
S'engager en tant que penseur est une chose. Prendre parti pour tel ou tel candidat en espérant faire pencher en sa faveur, en est une autre. Je suis contente que Finkielkraut ne fasse rien de tel.
F
Laurence, si la position du retrait est respectable pour toute une série de raison (je pense surtout à l'attitude de Rousseau par exemple), l'attitude de l'engagement n'est pas forcément idiote ou sotte. Je veux dire par là qu'elle mérite d'être examinée.Si Platon était clairement intéressé par le pouvoir, Aristote en était lui aussi le pur produit (on n'est pas élevé à  Pella sans quelques séquelles), Ciceron a les mains dans le pouvoir, comme Sénèque et bien entendu comme Marc-Aurèle. Diderot, Leibniz, Hume, j'en passe bien entendu, ont tous eu commerce avec des Princes, et pour le coup on n'oubliera pas Machiavel.Et encore Levi-Strauss à la SFIO, Vernant au PC, Althusser, Sartre, Foucault, etc. Ferry (Luc), Renaud (Alain), etc.Ce qui pose problème ce n'est pas tant la chose publique mais le pouvoir et les honneurs. Comment s'engager dans la chose publique sans courir le risque de la séduction des honneurs et du pouvoir ? Comment rester "pur" quand on dirige ou quand on conseille ou inspire ceux qui dirigent ?On ne peut pas non plus considérer que Finkelkraut soit très clair sur le sujet, n'est-ce pas ?Mon avis n'est pas tranché, mais dans un monde comme le notre, n'y a-t-il pas une nécessité de parole publique philosophique (en dehors des lycées et des universités) pour faire contre poids aux démagogues de tous poils qui forgent l'opinion ?Les démagogues, eux, ne se posent pas la question de la pureté, ils ne se méfient pas de la séduction du pouvoir, ils en vivent et en jouïssent.Si Arthur, Bataille et Fontaine et autre Doc Gynéco ou Stevie occupent la parole publique,  ne faut-il pas des philosophes en face ?
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L
Bataille?Non je crois que les philosophes doivent rester en retrait -en tant que philosophes. Mais je n'ai jamais dit que c'est idiot de s'engager. pas idiot, mais difficile, disons.. quand je repense à Sartre; à ses décalrations stupides et scandaleuses "tout anti communieste est un chien; je préfère parler ave cma concierge qu'avec Aron" etc.. etc..), j'ai honte pour la philosophie
G
Etre ou ne pas être engagé, vaste question!<br /> Je suis assez d'accord avec Sartre sur la nécessité absolue de l'engagement: que nous soyons philosophes ou non, tous nos actes n'engagent-ils pas "l'humanité entière" sur la même voie?<br /> Or, de nombreuses doctrines politiques ont un fondement et des origines philosophiques: c'est le cas du libéralisme économique qui s'inspire largement du libéralisme d'Adam Smith, ou du communisme qui se réclame du marxisme. Bien sûr la philosophie a souvent été trahie par les "politiques", comme quand les nazis s'octroyaient l'héritage de Nietzsche, mais il faut avouer que la politique échappe difficilement (même si des efforts considérables sont faits actuellement...) à une vision plus générale, plus conceptuelle, du monde!<br /> Les philosophes sont donc, en tant que citoyens comme les autres, nécessairement engagés, et ils se doivent de réfléchir, si et seulement si ils pensent que c'est possible et souhaitable, à comment améliorer ce monde qu'ils connaissent, à leur façon, mieux que quiconque.<br /> Selon, l'action politique peut tot à fait s'accoder à un individu philosophe comme à une philosophie. Non?
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L
Tout à fait d'accord avec tout cela. Je ne comprends pas la dernière phrase simplement.
L
les philosophes sont avt tous des citoyens, non ? et en tant que tel et comme tout citoyen, n'ont-ils pas le devoir de  transformer le monde (ou tout du moins de participer des réformes ...)!ds l'antiquité, on pensais bien qu'il fallait mettre à la tête du gvt des philosophes ! ...lorsque Marx dit cela, il ne me semble pas qu'il  ne demande pas aux philosophes de transformer le monde ...mais à la "masse prolétaire"???non ? <br /> Je reproche à bcp de philosophes leur distanciation, leur volonté de marginalisation vis-à-vis de la société?? (nous sommes intelligents, cultivés et nous pensons le monde...pas les autres...).je caricature certes, malgrè des écrits passionnants et très instructifs, c'est ce que je ressens ! michel onfray n'est pas comme ca!<br /> quant à la question, les philosophes doivent-ils prendre position? IL l'ont tous fait, non ?<br /> les-jeunes-gauchistes.overblog.com
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L
 A volià une discussion passionnante!L'engagement des philosophes. Moi je suis pour qu'ils restent en retrait. Le philosophe n'est pas un "enfant de Don Quichotte". Ne mélangeons pas les genres. Que les artistes le fassent, les "intellectuels" , soit. Avec ce que cela implique comme passage à la TV et chez Ardisson et tout cela. Alors, il prend position, s'il fait de la  philosophie politique, très subtilement et discrètement , comme Pierre Hassner par exemple ou Jankélévitch en son temps. Mais il ne doit pas se mettre sur le devant de la scène. Et puis le philosophe n'a pas à conseiller les politiques.  Ou s'il le fait , c'est à la demande du politique. Mais cela ne peut pas être une fonction permanente; Ou alors il cesse d'être philosophe. Quant à Marx, il pensait que les masses devaient changer le monde, mais en étant guidés et éclairés par les philosophes (marxistes en l'occurence) ou les élites politiques ("avant-garde éclairée du prolétariat") comme prétendrons l'être Lénine, Trotsky, Staline et Pol Pot.
M
Je trouve que Michel Onfray raconte beaucoup de bêtises? Alors ma question est la suivant: a-t-on le droit de dire des énormes bêtises quand on se dit philosophe..<br /> Je veux moi aussi qu'on vienne faire un tour sur mon blog :)
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L
C'est dieuexiste.com? Quant aux bêtises de Onfray; à quoi pensez-vous en particulier? Son traité d' athéologie?POur répondre à votre question; oui, quand on est philosophe , on peut vraiment dire n'importe quoi...Par exemple Onfray dans son anti -manuel conseille aux lycéens de se mastruber au miliei de la cour de récré, comme Diogène. remarquez, ce n'est pas méchant!
F
Une interrogation : La philosophie peut-elle penser la politique d'aujourd'hui de manière critique, c'est-à-dire pour faire autre chose que d'acquiescer au réel soit en se lamentant soit en lui fournissant des justification ?J'ai des doutes.Les philosophes ne sont-ils pas condamner au bricolage ?C'est comme si les philosophes passaient leur temps à regretter : les uns la cité grecque, les autres le jardin d'Epicure ou la villa des papyrus, les autres encore l'Empire des Césars ou encore la République de l'an II, la commune de Paris, celle de Jaurès ou les soviets ou encore le socialisme à visage humains. On n'ose plus la Russie de Staline, certains véhiculent une nostalgie pour l'Empereur, d'autres pour les princes... Cerains encore déboussolé passent de Mao à Sarko. Nous voilà bien.Onfray donne une interview éclairante dans la dernière livraison de l'obs, il reste modeste, il faut des micro résistances aux micro fascismes. La politique se fait au quotidien, dans un quotidien qui n'est pas encore soumis à l'empire des marchands. La politique n'est plus que de la résistance, pas de l'espèrance, de la resistance.Relisez Vernant, c'est déjà un homme d'un autre âge, mais Achille et Ulysse sont peut-être les figures qui devraient inspirer ceux qui se permettent de solliciter nos suffrages.Philosopher par gros temps, avec Lucrèce, quand tout s'écroule. Bricoler avec ce qui reste, comme le décrit si bien Levi-Strauss quand il évoque la Pensée Sauvage. Il faut accepter les tentatives, les essais, même maladroits, mal ficelés, les niches de l'alternative ne sont pas nombreuses. Quant  au procès en poujadisme fait à Onfray, je préfère ne pas relever..
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L
Vous vous souvenez: "les philosophes n'ont fait qu'interpréter le monde, il faut maintenant le transformer".Moi je pense que le rôle des philosophes n'est pas de transformer le monde...Résister: oui, bien sûr. mais comme tous les citoyens... Résister au conformisme, et aussi à la démagogie,notamment? Donc les philosophes ont un rôle décisif à jouer... et tant pis, comme vous dites , s'ils "n'osent plus Staline".
A
Le fait de soutenir Bové est-il dans sa logique de pensée philosophique ? Quelques raccourcis hasardeux peuvent-il se faire entre hédonisme, altermondialisme, internationalisme, libertarisme ?<br /> Voyons-nous un rapport entre la désobéissance civile de Bové et la désobéissance morale prônée par Onfray ? Le lien peut se faire.
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L
oui, il y a des liens...évidemment. Nouvelle radicalité post-marxiste???? libertaire  anti- libéral?
A
Hélas, le "poujadisme hédoniste" de Bernat-Winter nous semble être un concept creux, par le prisme tant de l'analyse historique, que de l'analyse sociologique. La référence à Barthes est ici décontextualisée et usurpée. On ne peut lutter contre Onfray avec de telles arguties !<br /> Vous retrouverez notre analyse en note de bas de page à l'article suivant : http://www.oeil-cynique.org/spip.php?article124 ainsi que sur ce post http://www.oeil-cynique.org/spip.php?article124#forum223 de son auteur, en précision.<br /> Cordialement,
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L
merci!Entre temps il soutient Bové. Vous êtes d'accord avec cela?