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13 novembre 2006 1 13 /11 /novembre /2006 16:48
ELEMENTS DE VOCABULAIRE

ATARAXIE
 Les mots grecs qui exprimant  la sérénité du sage sont "apathéia", (apathie ou insensibilité, impassibilité) et  "adiaphoria", (indifférence à l'égard de ce qui n'est ni bon ni mauvais); et surtout "ataraxia", ataraxie ou absence de trouble. Ce terme désigne la fermeté  d'âme et l'humeur égale  de celui qui réussit à n'être plus emporté par le flux extérieur des événements ni victime de l'agitation intérieure provoquée par les  passions. 
Il faut surtout éviter  un débordement   de nos  tendances naturelles (sous l'effet de « choses qui ne dépendent pas de nous »), qui se traduit  alors par  des passions dont nous  ne sommes plus maîtres . A l'opposé, l'impassibillité n'est pas une situation  de passivité. Elle suppose au contraire fermeté et grandeur d'âme,  Si l'ataraxie est définie en premier lieu de manière négative- comme absence des troubles qui affectent communément l'existence-  il est aussi,  positivement, la jouissance quasi divine d'une âme qui a su se mettre en harmonie avec l'ordre du monde.
 BONHEUR
Étymologiquement, le bonheur désigne un  (bon) heur ou augure, autrement dit un heureux hasard. Mais le hasard n'a pas de place chez les stoïciens. Si le bonheur est  pour eux  le but  de l'action morale, c 'est en ce sens  qu'il est d'abord le produit d'une activité volontaire, car le bonheur doit être  durable, et  stable .
 Le sage est heureux si en dépit de circonstances défavorables,  il réussit à garder sa volonté stable et constante. C'est pourquoi  le bonheur est une vertu : il accompagne et récompense l'effort moral orienté  vers la possession du   souverain bien (bonheur+ vertu)
CE QUI DEPEND DE NOUS
" Ce qui dépend de nous, c'est la croyance, la tendance, le désir, le refus, bref tout ce sur quoi nous pouvons avoir une action".
CE QUI NE DEPEND PAS DE NOUS
 " C'est la santé, la richesse, l'opinion des autres, les honneurs, bref tout ce qui ne vient pas de notre action". (Manuel)
DIEU : principe rationnel unifiant et structurant le monde. Dieu, est la raison immanente de l'univers et non pas une entité séparée (transcendante) et créatrice, comme c'est le cas  dans le monothéisme.
LIBERTE : maîtrise de nos représentations, de nos pensées et de nos opinions. Une telle liberté constitue un pouvoir absolu de l'homme sur lui-même, en toute situation. Car nous ne dépendons que  de ce qui dépend de nous. Rien ne peut donc nous aliéner:  "Souviens-toi donc de ceci: si tu crois soumis à ta volonté ce qui est, par nature, esclave d'autrui, si tu crois que dépende de toi ce qui dépend d'un autre, tu te sentiras entravé, tu gémiras, tu auras l'âme inquiète, tu t'en prendras aux dieux et aux hommes. Mais si tu penses que seul dépend de toi ce qui dépend de toi, que dépend d'autrui ce qui réellement dépend d'autrui, tu ne te sentiras jamais contraint à agir, jamais entravé dans ton action, tu ne t'en prendras à personne, tu n'accuseras personne, tu ne feras aucun acte qui ne soit volontaire; nul ne pourra te léser, nul ne sera ton ennemi, car aucun malheur ne pourra t'atteindre". (Épictète , Manuel, trad. R. Létoquart, Éd. Hatier).
RAISON (logos) : principe d'ordre de toute chose, que l'on retrouve aussi bien dans la nature qu'en nous-mêmes. Le logos est à la fois la parole et la raison. Plus précisément, il est le pouvoir du langage de rendre raison.
MORT: en tant que telle elle n'est pas un mal, car elle est dans l'ordre des choses. C'est notre opinion sur la mort qui est un mal.
MAL : c'est ce qui contrarie nos désirs. Mais il n'y a pas objectivement de mal  (défaut, défaillance, imperfection) dans la nature. Le mal n'existe pas, c'est une illusion.
PRENOTIONS : notions naturelles et universelles que tous les hommes possèdent dès la naissance, et sans lesquelles nous ne saurions découvrir la vérité ni savoir nous orienter d'un point de vue moral.
PROAIRESIS : choix  originel, rationnel et réfléchi, par lequel nous décidons des buts et des grandes orientations de notre existence.
REPRESENTATIONS: image de quelque chose d'extérieur à l'âme, qui est comme le reflet ou le signe de cette chose. Nous ne choisissons pas nos représentations, mais nous pouvons leur donner ou non notre assentiment. Une image attirante, séduisante, nous pouvons toujours refuser d'y souscrire, d'y adhérer.
SOUVERAIN BIEN : but suprême de toute volonté, qui allie bonheur et vertu
VERTU : accomplissement de notre nature, excellence qui nous est propre. Elle est le bien suprême, qui consiste à connaître la nécessité et la rationalité de notre nature, et à s'y conformer avec joie et constance.

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commentaires

M
Bonjours, voilà j'ai une explication à faire sur un texte d'Epictète par rapport à la liberté mais le problème c'est que j'arrive pas à comprendre le texte. J'ai voulu regardé si il y avait le texte sur internet mais je le trouve même pas et mon prof n'a pas voulu me donner plus d'explication. la source c'est Epictète, Entretiens (vers 100 ap J-C) livre I p52, traduction d'A. DACIER, 1723, les Stoiciens, édition P.U.F., les Grands Textes p14. Donc voilà, je vous écrit pour savoir su vous pouviez me donner quelques pistes s'il vous plaît sur ce texte pour que j'arrive à me débrouiller. Merci
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L

Le pb est que je n'ai pas cette édition... Vous n'avez pas un scanner? Sinon, il ne vous reste plus qu'à le recopier, si vous n'êtes pas trop pressée.
 Mais attention! Je ne ferai pas votre dissert.. Je veux bien vous dire quelle est la thèse...


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  • : Hansen- love over-blog
  • : Professeur de philosophie. Auteure de "Cours particulier de philosophie" (Belin), "Oublier le bien, nommer le mal" (Belin), "L'art de Aristote à Sonic youth" ( Collection "Les contemporaines" ) Simplement Humains(Editions de l'Aube, 2019)
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