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4 octobre 2006 3 04 /10 /octobre /2006 20:13


 Pour ceux qui préparent l'I.E.P : lire la leçon de Zabriskie, réalisée dans le cadre de la préparation du CAPES de philosophie,  sur le site de l'Académie de Grenoble
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commentaires

H
On ne peut pas dire que Aristote , en disant que la politique a pour fin le bonheur , est  "totalitaire avant la lettre". Pourquoi : d\\\'une part parce qu\\\'il ne s\\\'agit  pas de l\\\'Etat , mais de la cité, et que la conception du bonheur d\\\'Aristote, qui passe précisément par l\\\'acitvité politique, n\\\'est pas du tout la conception moderne (individualiste, matérialiste , pour dire vite..) . Ensuite, comme souvent Aristote, la position est tellement complexe et nuancée, assortie de multiples  réserves par la suite (ce qui ne signifie pas qu\\\'il change d\\\'avis) , que l\\\'on ne peut vraiment pas parler de "totalitarisme" ni de rien de tel. Le texte clé en l\\\'occurence sur cette question du bonheur exclu de la politique, c\\\'est celui de B. Constant, "De la liberté des anciens et des modernes" : qui conclut:" Que l\\\' autorité se borne à être juste , nous nous chargerons d\\\'être heureux" où B. Constant dit que les anciens associaient le bonheur et la politique, mais ce n\\\'est plus possible pour les modernes. Ensuite Kant  a démontré  (contre les anciens) que le bonheur est un "idéal de l\\\'imagination" cad un concept totalement inconsistant, alors que la politique exige des règles explicites, claires, acceptables par tous. Le bonheur , c\\\'est une affaire privée, et cela dépend beaucoup de moi (de ma nature, et de la chance), comme l\\\'explique Cyrulnik cette semaine dans le Nouvel Obs, Enfin la position la plus claire est peut-être celle de Louis Dumont  (Essai sur l\\\'individualsime) qui dit que le totalitarisme est un "pseudo holisme" , cad dire une volonté illusoire de reproduire l\\\'idéal des anciens (communauté soudée, peuple unifié par ses convictions, confusion de la société et de l\\\'Etat, du public et du privé etc..) alors que c\\\'est impossible! A ma connaissance , il n\\\'y a pas de "droit au bonheur" dans la  DDHC de 1789  (mais "des principes qui tournent au bonheur de tous"  formule floue, ambigüe") mais dans celle de 1993, qui ne fut jamais appliquée.Quand au totalitarisme, ce n\\\'est pas une "idée abstraite" mais la notion clé, à mon avis , pour comprendre le monde  d\\\'aujourd\\\'hui: comment définir le régime de Corée du Nord,  par exemple, sinon de cette manière...Le totalitarisme n\\\' a pas grand chose à voir avec la dictature.. H. Arendt s\\\'est longuement expliquée là dessus.Le  totalitarisme est une catégorie nouvelle, qui n\\\'a pas de précédent dans l\\\'histoire humaine...  (Il faut lire de toute urgence le "Système totalitaire" , Gabriel!). L\\\'autre auteur de référence est Karl Popper ("La société ouverte et ses ennemis") pour qui le premier théoricien des "sociétés fermées"  est Platon, qui voulait que les philosophes  dirigent  la république en vue du bonheur de tous, en ayant les yeux fixés sur l\\\'idée de justice et sur la vérité! Et enfin il faur relire G. Orwell: La ferme des animaux et 1984 ou Huxley, Le meilleur de mondes, ou Kafka , Le procès.  Enfin les bons auteurs ne manquent pas sur ce sujet ! PS: pour l\\\'anecdote, je trouve ahurissant que l\\\' Etat nous offre un traitement anti-tabac! C\\\'est fou ce que nous sommes infantilisés par l\\\'Etat! C\\\'est affligeant vraiment.
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G
Cours très clair, intéressant et synthétique, et effectivement on ne peut plus utile pour préparer les IEP.
Par contre, je ne saisis pas bien la nuance (qu\\\'il y a forcément) entre ce qu\\\'il appelle "souhaiter un état totalitaire" (en attendant de l\\\'Etat "qu\\\'il nous guide vers le bonheur"), et la conception d\\\'Aristote selon laquelle le bonheur est "la fin de la politique".
L\\\'auteur considère-t-il, puisqu\\\'Aristote a changé d\\\'avis sur la question par la suite, que ce qu\\\'il développe dans le livre I d\\\'Ethique à Nicomaque est l\\\'apologie avant l\\\'heure d\\\'un régime totalitaire? A ce moment là, que dire des principes pourtant infiniment démocratiques de la Déclaration des Droits de l\\\'Homme ou de Zola qui, dans son "J\\\'accuse", proclame que l\\\'humanité "a le droit au bonheur". Cela a des implications universelles, donc politiques. On ne peut pas dire, selon moi, que considérer le bonheur de tous comme une fin ultime de la politique (et de l\\\'Etat) mène nécessairement vers le totalitarisme (concept assez fourre-tout et abstrait, je trouve, je préfère soit un terme plus vaste et classique comme "dictature", soit un exemple concret), même si le danger existe.
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