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31 janvier 2007 3 31 /01 /janvier /2007 18:14
C'est dans Philosophie magazine de ce mois-ci. Voici un premier  extrait:



DEUX VISIONS DE L'HOMME
"Si on peut schématiser les deux visions fondamentales de l'homme et de la société, on dira que la gauche, inspirée par Jean-Jacques Rousseau, est optimiste et volontariste. Elle voit dans l'inégalité et le mal des produits de la vie sociale et dans la politique le moyen de rétablir par l'artifice la bonté et l'égalité naturelle. Elle est menacée par l'activisme, la volonté révolutionnaire de faire advenir un homme nouveau au mépris de la condition humaine existante. Quant à la droite, puisant davantage chez Thomas Hobbes et John Locke, elle fonde sa prudence politique sur une conception plus réaliste et pessimiste de l'homme comme un être avide et dominateur, dont la liberté doit être à la fois stimulée et limitée par celle d'autrui. Ce pessimisme anthropologique qui la préserve des excès de la gauche l'expose au risque de laisser se développer les inégalités.
La gauche appréhende la société comme un tout englobant au sein duquel émergent des individus et des classes, tandis que la droite part des atomes individuels qui constituent en un temps second l'ordre social. L'une voit la politique comme un espace de réalisation de la condition humaine quand l'autre est soucieuse de préserver les limites et les garanties de la liberté individuelle. Cette anthropologie fonde-t-elle vraiment une conception différente de la société politique ? «  Il y a dans toute cité, écrit Machiavel dans Le Prince, deux humeurs, celle du peuple et celle des grands. Le peuple ne veut pas être commandé, opprimé par les grands; les grands veulent opprimer le peuple. » Si la gauche ne professe plus la conception marxienne d'une lutte des classes promise à son annulation dans le communisme, elle maintient l'idée d'une lutte contre la domination à l'oeuvre dans la société. En regard, la droite tend à justifier la domination du petit nombre au nom des capacités ou de la richesse, des honneurs ou de la puissance,, ou à aplatir l'injustice sociale sous l'image trompeuse de la concurrence « égalitaire » des individus".
 Martin Legros

PS : Qu'en pensez-vous?
  C'est évidemment très réducteur...  Votre avis?
Quant à la citation de Machiavel, elle me surprend. Quelqu'un peut-il m'en donner la référence? Il a dit "les grands veulent opprimer le peuple" . Vraiment je ne le crois pas!
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commentaires

G
La droite ne se réclame pas de Hobbes, et encore moins du libéral John Locke! La droite, c'est Saint Augustin et Pascal, et pour les plus laïcs, c'est Thucydide et Machiavelli. <br /> Hobbes estime que le "passage" à l'état civil s'explique par la raison : on veut plus de sécurité, on veut se préserver de la malice d'autrui, donc il y a contrat social et on se soumet volontairement au souverain. C'est de l'optimisme anthropologique ! En réalité, c'est la crainte des lois, et non d'autrui, qui est à l'origine de l'ordre social. La crainte d'autrui est bien peu de chose face à l'ambition, la cupidité, le ressentiment et la haine ; elle ne peut donc pas motiver notre faible raison ! <br /> L'homme est mauvais et médiocre, naturellement porté à faire le mal, donc il est normal d'être gouvernés par des méchants ; ce serait un moindre mal : plutôt la mafia que le désordre politique! Les libéraux, comme les socialistes, ne peuvent pas accepter cela car ils seraient blessés dans leurs convictions progressistes. Le réalisme politique de la droite lui permet d'échapper aux travers utopiques, rationalistes ou empiristes de la philosophie classique et moderne.<br /> Jonathan Swift, un conservateur, disait ceci : l'utopie est ce mythe grotesque selon lequel une société parfaite composée d'hommes imparfait est possible ! "
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L
merci , je vais y réfléchir <br />
P
La citation de Machiavel est extraite du second paragraphe du chapitre IX du Prince.<br /> Cordialement, <br /> Plume
Répondre
L
Merci beaucoup pour la référence , mais je proteste contre l'utilisation spécieuse qui en est faite. Machiavel ne se range pas du côté des grands qui veulent opprimer le peuple ni ne professe une doctrine apparentée à celle (marxiste) de la lutte des classes. Tout au contraire,dans ce passage, il dit que le Prince a raison de s'appuyer plutôt sur le peuple que sur le Prince, car "la fin que poursuit le peuple est plus honnête que celle des grands, car ceux-ci veulent opprimer et celui-là ne pas être opprimé". Voilà un bel exemple d'utilisation trompeuse d'une (pseudo) citation philosophique!