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27 décembre 2006 3 27 /12 /décembre /2006 21:28

 D'après ce philosophe (marxiste, comme chacun sait ), il faut absolument  relancer  cette Europe que la France a rejetée il y a 18 mois. Comment ? il ne le dit pas. Mais il explique bien pourquoi : (je résume car l'article est un peu long, surtout sur le Net)
 Le déficit démocratique actuel s'explique par l'absence d'une constitution politique interne à l'Europe.
D'autre part,  on ne peut tenir tête à l'administration américaine qu'avec une autorité morale que seule l'Union peut favoriser.  Enfin -mais c'est tellement évident- la question des "standards   sociaux" propres à l'Europe ne peut être traitée uniquement dans un cadre national. Il faut impérativement, au contraire,  une politique européenne concertée. Le Monde

 (au fait, ça me fait penser: que devient ce "plan B" que nous promettaient les nonistes?)

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commentaires

H
Je pense qu'il y a dans cette déclaration l'énoncé de principes  avec lesquels on ne peut être que d'accord. Mais pour ce qui concerne les mesures d'ordre économique, il me semble que l'on ne peut pas donner raison à ce programme! La BCE par exemple doit rester indépendante puisque cette indépendante est sa raison d' être. Il faut éviter toute politique inflationniste, une monaie stable étant dans l'intérêt de tous à commencer par les plus défavorisés. Ensuite toutes les mesures qui ne pourraient être décidées que par la France sont utopiques. Il me semble qu'il est plus raisonnable de tenter de prolonger l'Europe telle qu'elle est avec nos partenaires, et sur une base consensuelle, que de  proposer de tout changer puisque l'on ne peut rien changer tout seul! Ou alors on fait secession? C'est ce que suggère Lepen : on sort de la zone Euro etc..Dès que l'on met un peu le nez dehors, on voit à quel point tout le monde , partout, nous envie notre Europe! A commencer tous ceux qui frappent à notre porte  et qui espèrent tellement y entrer.  Pourquoi à votre avis si le système européen est brutal, injuste, asocial (cad libéral selon vous), pourquoi est-il tellement envié et convoité?
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G
Quelques pistes (détaillées quand même) dans le programme antilibéral, malgré tout encore vivant. Certes, ce n'est pas de la grande poésie, mais cela pose les basses d'un vrai "plan B":<br /> 6 - UNE AUTRE EUROPE DANS UN AUTRE MONDE, UN AUTRE ROLE DE LA FRANCE <br /> <br /> 113. Nous prendrons trois initiatives fortes pour réorienter la construction européenne <br />  En premier lieu, nous dresserons- en coopération avec les organisations syndicales, les ONG, les associations, les élu-e-s...- un état des lieux de tous les textes européens - directives, règlements, dispositions des traités, jurisprudence de la Cour européenne de justice, pacte de stabilité... - qui fondent l’Europe libérale et constituent autant de verrous au déploiement d’une politique de progrès social, d’une démocratie citoyenne et d’une stratégie internationale de co-développement. <br />  En deuxième lieu, nous adresserons un appel solennel aux autres peuples européens à constituer un front commun pour libérer la construction européenne de ces obstacles au changement et engager un processus de réorientation des politiques, des orientations et des structures de l’Union européenne (UE). <br />  En troisième lieu, dès 2007, nous retirerons la signature de la France du projet de TCE et nous proposerons la refondation de l’UE sur d’autres bases. Nous saisirons l’occasion de la présidence française de l’UE, au second semestre 2008, pour porter plus largement l’exigence d’un tel changement. <br /> Nous proposons en particulier : <br />  que l’UE fixe comme première priorité à sa politique la promotion d’un modèle social européen ambitieux..Il faut, pour se donner les moyens d’une telle politique, que l’UE fasse reculer le pouvoir des marchés financiers. Cela suppose impérativement de remettre en cause le statut d’indépendance de la Banque centrale européenne (BCE) vis-à-vis de tout contrôle politique, de transformer ses missions et de la placer sous contrôle parlementaire, afin de réorienter la politique monétaire européenne. La politique de taux de change de l’euro ne doit pas pénaliser les exportations européennes. La politique de taux d’intérêt de la BCE - qui détermine le coût du crédit dans la zone euro - doit être mise au service des nouvelles priorités sociales de l’UE : les taux doivent être bas pour des investissements réellement créateurs d’emplois et de formation, et élevés pour des "investissements" à caractère spéculatif, contre l’emploi ou favorisant des délocalisations de "dumping social". <br />  que l’UE rompe avec la course à la "baisse des coûts" salariaux et à la diminution des dépenses publiques et sociales, au nom de la compétitivité ("Agenda de Lisbonne", Pacte de stabilité...) et qu’à l’inverse, elle pousse à la promotion des dépenses pour les hommes et les femmes, à l’amélioration constante des conditions de travail, à la réduction de la durée du travail, à l’avancement de l’âge de départ à la retraite et au progrès des droits sociaux. Des normes minimales - régulièrement réévaluées vers le haut - doivent être instituées avec le principe intangible de non-régression sociale ; les organisations syndicales et les élus des travailleurs doivent être associés au contrôle de leur respect effectif dans l’ensemble de l’Union. Tout instrument contrecarrant ces choix doit être abrogé. La logique de concurrence entre les systèmes sociaux doit laisser place à une logique de convergence vers le haut des acquis sociaux. L’impôt sur les sociétés doit être harmonisé — pour éviter le "dumping fiscal" — et ce à un niveau suffisamment élevé pour contribuer au financement des nouvelles priorités sociales. L’augmentation et la réorientation du budget européen doivent contribuer à réduire les inégalités sur le continent et en particulier à favoriser le développement des nouveaux pays membres. <br />  que l’UE reconnaisse les services publics comme un secteur spécifique répondant à des droits fondamentaux des citoyen-ne-s et à des besoins essentiels de la vie quotidienne — tels que l’éducation, la santé, le logement et l’habitat, la petite enfance, l’information, la culture, les transports, les télécommunications, les services postaux, l’énergie, l’approvisionnement en eau, l’élimination des eaux usées et des déchets... — ainsi qu’à des besoins devenus incontournables tel que l’accès au crédit ; qu’elle considère dès lors que ce secteur obéit à des règles d’efficacité sociale et ne peut être soumis aux règles de concurrence qui fondent l’actuel "marché unique" européen ; <br />  que l’UE mobilise plus généralement à ces fins, tous les instruments, en particulier financiers et politiques, nécessaires. Il convient de doter l’UE d’une politique industrielle, d’une politique de recherche, d’une politique de l’énergie répondant aux enjeux sociaux, environnementaux, de développement harmonieux des pays membres et de gestion solidaire et responsables des défis planétaires. Il est également nécessaire d’étendre le secteur public à des domaines industriels stratégiques pour la maitrise des réorientations des priorités économiques et sociales. En matière de politique agricole, nous proposons de soutenir le principe des aides à l’agriculture paysanne - pour la pérennisation du travail paysan, le développement rural, les pratiques protégeant l’environnement - mais non les subventions directes ou indirectes à l’agrobusiness et à ses exportations qui déstabilisent les productions des pays du Sud. Des politiques publiques européennes doivent être promues dans le domaine ferroviaire - tel que le ferroutage - ainsi que dans ceux de la sécurité maritime et aérienne ou des télécommunications. Les bourses pour étudiants du type Erasmus doivent être substantiellement développées et étendues sous des formes adaptées aux lycéens. <br /> 114. Dès 2007, nous retirerons la signature de la France du projet de TCE. Nous bloquerons toute nouvelle tentative d’adoption et nous proposerons une refondation de la construction européenne, la fin des traités actuels et leur remplacement par un nouveau texte fondamental. Sa légitimité ne peut venir que d’un processus démocratique et populaire qui devrait être ensuite soumis à référendum dans chaque pays. [Le débat se poursuit sur le caractère “constituant” d’un tel processus “débouchant sur l’élection d’une assemblée chargée de l’élaboration de ce texte”] <br /> Nous agirons pour que l’Europe soit refondée sur des valeurs communes, avec les pays partageant l’objectif d’une Europe sociale et démocratique. Nous saisirons en particulier l’occasion de la présidence française de l’UE pour amplifier les initiatives en ce sens. Tout cela ne pourra se faire que par une bataille politique menée dans l’ensemble de l’Union et dans les pays susceptibles de la rejoindre. <br /> 115. Immédiatement, nous prendrons les mesures nécessaires pour ne pas laisser étouffer notre politique. <br /> Nous mènerons une campagne européenne en prenant appui sur tous les réseaux politiques, syndicaux et associatifs qui dores et déjà réclament une autre Europe. Nous prendrons les initiatives nécessaires en ce sens. <br /> Nous demanderons une évaluation publique des conséquences sociales des politiques de libéralisation passées, nous refuserons toute nouvelle ouverture à la concurrence des services publics, nous demanderons le moratoire sur l’AGCS. <br /> Nous n’accepterons pas que la politique macro-économique (monétaire, budgétaire, pacte de stabilité) vienne empêcher la politique de l’emploi et la promotion des dépenses sociales dans notre pays. Nous menacerons d’ouvrir une crise dans le fonctionnement des institutions si la lutte contre le chômage n’est pas véritablement engagée par une politique nouvelle du cours de l’euro par rapport au dollar et la remise en cause du pacte de stabilité que nous n’appliquerons pas en tout état de cause s’il gêne notre action. <br /> Nous agirons pour remettre en cause toute directive de libéralisation et de régression sociale du type Bolkestein. <br /> .Nous refuserons la perspective d’une zone de libre-échange Euro-Atlantique proposée par de récents rapports au Parlement Européen. <br /> Nous refuserons de donner mandat à la Commission Européenne pour des négociations bilatérales et multilatérales si ce mandat ne répond pas aux valeurs que nous défendons, et s’il n’a pas fait l’objet, tant au niveau national qu’au niveau européen, d’un débat parlementaire. <br />
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G
Et pendant qu'on y est, j'ai une autre question : pourquoi l'Europe ?<br /> Ou, plus précisément : pourquoi cette Europe ?
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L
je crois que le plan B venait effectivement des nonistes ....cependant possibilité confirmée par jacques Delors...l'un des hommes les plus engagés ds la construction européenne ...je ne pouvais voter à l'époque, cependant, ce qui me chagrinait ds cette constitution, c'était la volonté plus qu'affirmée de créer une économie libérale(ultra???)....or, ce qui est constitutionellent instaurée ne peut être défait et me semble -t'il la politique économique et sociale doit pouvoir être sanctionnée démocratiquement (non???), sinon on créait une société de technocrates, ni plus, ni moins...et c'était bien là le problème....je ne suis certainement pas eurosceptique,...je crois en une europe forte, plus politique, qui joue son rôle au niveau international,...mais qu'une poignée d'homme impose sa loi, ca, non!
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H
Ah bon , je ne savais pas. J'ignorais que le plan B  était un plan... libéral. Disons autrement: qui travaille au projet d'une  autre Europe (qui ne serait pas libérale). D'une autre constitution (anti-capitaliste?  anti BCE etc..)  et susceptible de rallier toutes  les  nations européennes? La constitution qui serait conforme à l'idéal d'une Europe non libérale souhaitée par les nonistes?  Est-elle avancée? Ou peut-on en lire les prémisses? Le brouillon? Un avant-projet?Qui y travaille? Est-ce que cela avance? Quels autres partis y travaillent en concertation avec les partis anti-libéraux français?  C'était cela ma question...
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G
De la déformation médiatique<br /> _Le "plan B" n'a jamais été une promesse noniste, mais un projet de la Commission européenne pendant la campagne, visant à relancer la Constitution même si la France (et les Pays-Bas) la rejetait. Il est en train d'être mis en oeuvre.<br /> _De même, aucun noniste n'a jamais employé l'épouvantail du "plombier polonais". C'est une expression trouvée par Bolkestein lui-même, pour caricaturer les opposants à sa directive.<br /> _Maintenant, demandez à cent Français deux formules qu'ils auront retenu de la campagne du printemps 2005...<br /> C.Q.F.D.
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P
Je crois que cela brouille complètement la lecture des écrits récents de Jürgen Habermas que de le présenter comme un "marxiste". Si certains écrits anciens étaient effectivement nourris d'un arsenal conceptuel issu de Marx, les textes récents le situent clairement dans une social-démocratie finalement très proche du libéralisme rawlsien. D'ailleurs, même durant sa période "marxiste", Habermas avait une lecture des écrits de Marx et Engels très orientée par les travaux de la première génération de l'Ecole de Francfort. Il n'y a jamais eu de marxisme "de la stricte obédience", en réalité, chez Habermas.
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