17 décembre 2006
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Platon oppose ici l'opinion droite et la science. Même juste, l'opinion droite reste aléatoire, car elle est toujours infondée:

« SOCRATE - Qu'on ne puisse bien diriger ses affaires qu'à l'aide
de la raison, voilà ce qu'il n'était peut-être pas correct d'admettre ?
MENON - Qu'entends-tu par là ?
SOCRATE - Voici. Je suppose qu'un homme, connaissant la route de Larissa de tout autre lieu, s'y rende et y conduise d'autres voyageurs, ne dirons-nous pas qu'il les a bien et correctement dirigés ?
MÉNON - Sans doute.
SOCRATE - Et si un autre, sans y être jamais allé et sans connaître la route, la trouve par une conjecture exacte, ne dirons-nous pas encore qu'il a guidé correctement ?
MÉNON - Sans contredit.
SOCRATE - Et tant que ses conjectures seront exactes sur ce que l'autre connaît, il sera un aussi bon guide, avec son opinion vraie dénuée de science, que l'autre avec sa science.
MÉNON - Tout aussi bon.
SOCRATE - Ainsi donc, l'opinion vraie n'est pas un moins bon guide que la science quant à la justesse de l'action, et c'est là ce que nous avions négligé dans notre examen des qualités de la vertu ; nous disions que seule la raison est capable de diriger l'action correctement ; or
l'cpinion vraie possède le même privilège. Ménon - C'est en effet vraisemblable.
SOCRATE - L'opinion vraie n'est donc pas moins utile que la science.
MÉNON - Avec cette différence, Socrate, que l'homme qui possède la science réussit toujours et que celui qui n'a qu'une opinion vraie tantôt réussit et tantôt échoue. »
PLATON, Ménon

« SOCRATE - Qu'on ne puisse bien diriger ses affaires qu'à l'aide
de la raison, voilà ce qu'il n'était peut-être pas correct d'admettre ?
MENON - Qu'entends-tu par là ?
SOCRATE - Voici. Je suppose qu'un homme, connaissant la route de Larissa de tout autre lieu, s'y rende et y conduise d'autres voyageurs, ne dirons-nous pas qu'il les a bien et correctement dirigés ?
MÉNON - Sans doute.
SOCRATE - Et si un autre, sans y être jamais allé et sans connaître la route, la trouve par une conjecture exacte, ne dirons-nous pas encore qu'il a guidé correctement ?
MÉNON - Sans contredit.
SOCRATE - Et tant que ses conjectures seront exactes sur ce que l'autre connaît, il sera un aussi bon guide, avec son opinion vraie dénuée de science, que l'autre avec sa science.
MÉNON - Tout aussi bon.
SOCRATE - Ainsi donc, l'opinion vraie n'est pas un moins bon guide que la science quant à la justesse de l'action, et c'est là ce que nous avions négligé dans notre examen des qualités de la vertu ; nous disions que seule la raison est capable de diriger l'action correctement ; or
l'cpinion vraie possède le même privilège. Ménon - C'est en effet vraisemblable.SOCRATE - L'opinion vraie n'est donc pas moins utile que la science.
MÉNON - Avec cette différence, Socrate, que l'homme qui possède la science réussit toujours et que celui qui n'a qu'une opinion vraie tantôt réussit et tantôt échoue. »
PLATON, Ménon