16 décembre 2006
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Dans le langage courant, le mot " affrontement est chargé de connotations négatives, et l'on pense donc tout naturellement qu'un univers sans affrontement serait un monde idéal, monde que l'on se le représentera tantôt comme un âge d'or, ou un paradis, ou un simple jardin, ou bien une société autogérée, ou encore un " nouvel ordre mondial " mettant un terme une fois pour toutes aux guerres entre les nations. Pourtant, si un monde humain sans aucun affrontement est par nature impossible à réaliser, à quoi bon continuer d'en rêver ? On objectera à ceci que l'on ne doit pas récuser un idéal aujourd'hui hors d'atteinte s'il n'est pas formellement impossible,
c'est-à-dire absurde. Un monde de paix, par exemple, n'est pas inconcevable, nous devons donc tenter de le mettre en œuvre, et c'est précisément à quoi nous invitait Kant dans son l'opuscule intitulé :Vers la paix perpétuelle. L'abolition de l'esclavage et de la torture, l'émancipation des femmes et la protection de l'enfance sont autant d'objectifs évidemment justes et même réalistes, même si la pratique aujourd'hui nous éloigne actuellement énormément de telles ambitions. Mais le cas d'un " monde sans affrontement " est sensiblement différent, car nous ne sommes pas sûr qu'un tel objectif ait tout simplement un sens : en d'autres termes, il ne s'agit pas de déterminer ici si un monde humain sans affrontement est possible mais s'il est pensable, en partant toutefois du principe que ce qui est bon en théorie le sera aussi en pratique. Nous admettons ici en effet qu'une théorie juste doit pouvoir se frayer un chemin vers la réalité.(suite dans mon livre Cours particulier de philosophie, chapitre 14)