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8 novembre 2006 3 08 /11 /novembre /2006 18:19

Qu'est-ce donc que le moi?


Quel est donc ce "moi" que certains philosophes considérent comme notre réalité "substantielle"? Il est bien difficile à appréhender!

"Il est des philosophes qui imaginent que nous sommes à chaque instant intimement conscients de ce que nous appelons notre moi, que nous en sentons l'existence et la continuité d'existence, et que nous sommes certains, avec une évidence qui dépasse celle d'une démonstration, de son identité et de sa simplicité parfaites. La sensation la plus forte, la passion la plus violente, disent-ils, loin de nous détourner de cette vue, ne la fixent que plus intensément et nous font considérer, par la douleur ou le plaisir qui les accompagne, l'influence qu'elles exercent sur le moi. Tenter d'en trouver une preuve supplémentaire serait en atténuer l'évidence, puisqu'on ne peut tirer aucune preuve d'un fait dont nous sommes si intimement conscients, et que nous ne pouvons être sûrs de rien si nous en doutons. [...]
Pour moi, quand je pénètre le plus intimement dans ce que j'appelle moi-même, je tombe toujours sur une perception particulière ou sur une autre, de chaleur ou de froid, de lumière ou d'ombre, d'amour ou de haine, de douleur ou de plaisir. Je ne parviens jamais, à aucun moment, à me saisir moi-même sans une perception et je ne peux jamais rien observer d'autre que la perception. Quand mes perceptions sont absentes pour quelque temps, quand je dors profondément, par exemple, je suis, pendant tout ce temps, sans conscience de moi-même et on peut dire à juste titre que je n'existe pas. Et si toutes mes perceptions étaient supprimées par la mort, si je ne pouvais plus penser, ni éprouver, ni voir, aimer ou haïr après la destruction de mon corps, je serais entièrement anéanti et je ne conçois pas du tout ce qu'il faudrait de plus pour faire de moi une parfaite non-entité".
David Hume, Traité de la nature humaine, livre I, L'Entendement (1739),

IV, partie, section VI, trad. Ph. Saltel et Ph. Baranger,

Flammarion, coll. «GF», 1995, p. 342-344.

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commentaires

L
Déborah, tu aurais pu faire attention, je n'ai pas coupé le texte de la même manière que Madame Hansen-Love. Et toi, tu fais un copié collé strict, sans te rendre compte que ça colle pas.. D'ailleurs on en reparle demain à la première heure.
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D
merci pour tout vos commentaires... cela m'a bien permis d'avancer dans mon explication :)bonne fin de journée
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L
<br /> a bientôt, debOo!<br /> <br /> <br />
F
Bonjour Laurence Hansen-Love, je suis en terminal Es et je dois faire l'explication de ce texte j'ai à peu près compris le sens de ce texte mais j'aurai tout de même besoin d'aide pourriez-vous m'aidez svp ?? Je vous laisse mon adresse e-mail : miss-dersim77@hotmail.frMerci d'avance.
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L
<br /> J'en ai fourni une explication déjà dans mes commentaires. Vous ne la voyez pas?<br /> <br /> <br />
H
Je ne crois pas que l'on puisse dire que Hume conteste l'  "abstraction" (?) . Il conteste l'idée cartésienne de substance pensante.Et je ne crois pas non plus que l'on puisse dire que Kant scinde le moi en deux..
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J
bonsoir à tous; je ne comprends pas vos analyses concernant ce texte pourtant simple de hume; il semble bien que son questionnement par au moi frise le pyrrhonisme puisqu'il arrive à la conclusion que le moi n'est pas un mais multiple :"collection" et de plus qu'il se résume à la dernière sensation dont ne peut-on voir là une résurgence de berkeley esse est percipi vel percipere? Hume montre ici la difficulté de se situer en tant que sujet conscient mais conscient de quoi?<br /> Ce que récuse ici hume c'est l'abstraction, comment se représenter soi sans s'abstraire de sa sensibilité voire de sa mémoire; c'est ce à quoi va s'attacher Kant dans la critique de la raison pure :le moi se scinde en deux réalités: le moi sensible"esthétique" et le moi intelligible ou du moins cheminant vers l'intelligible.<br /> merci de votre accueil
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S
Chère Laurence Hansen-Love : non, ce n'est guère flatteur pour elle; mais je crois que ce n'est pas non plus le dernier mot sur la philosophie. Je fais l'hypothèse que les philosophes ont toujours tu ce qui mettait en route leur propre pensée (émerveillement d'exister). Il faudrait donc entreprendre une psychanalyse de la philosophie. Puis-je vous suggérer cette brève note que j'ai écrit?<br /> http://www.philo.over-blog.com/article-4563936.html<br />  
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B
bonjour Laurence je suis lycéene en terminal ES et je doit faire l'explication de se texte et je ne trouve ni la thèse ni les différentes parties du texte. J'ai besoin d'aide est ce que vous pouvez m'aider ???
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L
Je ne peux pas vous aider.. trop pour des questions de déontologie évidente!Simplement ceci: Demandez -vous quels sont ces philosophes auxquels s'en prend Hume, (première partie) et qui considérent que le moi est une substance (=ce qui demeure identique sous le changement). Il s'agit évidemment de Descartes et de ses disciplesPour la deuxième partie, Hume dit à peu près: nous avons conscience de nos états d'âme (sensations, émotions etc..) mais JAMAIS de l'âme (=substance) en tant que telle.Il y a un enjeu religieux derrière tout cela. Pour Descartes je suis une substance pensante, une "chose" potentiellement immortelle. Pour Hume, je ne suis rien de tel. Seulement un flux de sensations, comme un défilé d'images virtuelles, un film sans pellicule, sans support. Voyez  la fin du texte. Ce n'est pas très encourageant pour ce  qui concerne la vie après la mort...
S
La voie en question est celle de la stupéfaction d'être, qui peut s'expérimenter comme une ivresse délicieuse d'exister. C'est donc la voie qui écarte toute approche subjectiviste, et bien entendu psychologique, dans la compréhension de ce qui veut dire "moi". Elle se borne au constat que j'existe, et donc à l'émerveillement (je maintiens ce mot) que je suis là. Or, c'est que qui ressort de ces deux textes si célèbres : je suis là, je reçois l'affect puissant (et ennivrant) de mon existence, mais je ne me vois pas dans la représentation et dans le décompte des choses du monde (le coprs, l'âme, chez Pascal, les idées chez Hume). Il s'agit, j'en suis intimement convaincu, de la pensée de Socrate (il me faudrait du temps, bien sûr, pour exposer cette idée, et je ne peux abuser de votre hospitalité). Je crois que cette voie de l'émerveillement d'exister, qui est une voie créatrice de valeurs d'humanité et de socialité, a toujours été écarté par la philosophie. Plus : la philosophie s'est constituée contre elle. <br /> Merci d'avoir pris en compte mon commentaire.  
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L
Mais alors, si je vous comprends bien, la philosophie étouffe ou contrarie cet "émerveillement d'exister"  qui est "créatrice de valeurs d'humanité et de socialité".. ce n'est guère flatteur pour la philosophie!
S
Bonjour Laurence Hansen-Love : ces deux textes de Hume et de Pascal, qui paraissent dire à peu près la même chose, parlent de la voie non prise par la philosophie; et ce depuis Platon. C'est la voie sur la rêverie puissante de l'énigme d'exister. Mais ils en parlent à une époque où l'on pouvait encore voir qu'on était passé à côté de cette voie, et qu'elle filait loin, ailleurs. Aujourd'hui, retrouver cette voie sera beaucoup plus difficile, il faudra prendre, me semble-t-il, de très longs chemins de traverse. C'était la voie de Socrate. Y arrivera-t-on enfin?  
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L
Bonjour, Sancho.Je ne suis pas très bien.. Pourquoi est-ce la voie de Socrate?Il me semble que des gens comme Shopenhauer, Bergson ou Freud , évidemment,  se sont engouffré dans cette brèche, non? le moi , n'est pas une substance, ni un quelconque topos... notre identité est fluide, évanescente, ou bien insaisissable.