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20 décembre 2008 6 20 /12 /décembre /2008 16:47
Voici, en réponse à Maud, l'exemple d'une dissertation excellente (niveau DEUG) qui constitue le commentaire d'une citation (sans auteur en l'occurence)

 

« Contre la bêtise, les Dieux même luttent en vain »

(par Clémentine Gallot)


Dans sa correspondance, Flaubert évoquait son désir de rédiger une « encyclopédie de la bêtise humaine ». Vaste entreprise, que l’on retrouve dans Bouvard et Pécuchet . Si démesurée que le pauvre Bouvard n’y résista pas : il mourut en 1880, laissant l’ouvrage inachevé.

Qu’entend-on par « bêtise » ? Les multiples acceptions du mot nous amènent aujourd’hui à nous interroger sur ses origines, son existence, épisodique ou permanente, et ses manifestations. Or quiconque prétendrait s’intéresser à al bêtise, sous peine d’être taxé de prétention, ne peut prétendre s’en abstraire. !

« Contre la bêtise, les Dieux même luttent en vain ». Cette formule, émanant des tréfonds de l’antiquité grecque, mérite d’être éclairée ? Ce sera l’objet d’une première partie. Puis nous tenterons de préciser les différentes significations du terme et les domaines auxquels il se rapporte. Enfin, nous verrons si l’esprit est réellement impuissant face à la bêtise.



Le paradoxe de l’expression est remarquable : il y aurait impuissance des Dieux face à la bêtise. Quel est le propre de la bêtise, et à quelle catégorie terrestre cette caractéristique s’applique-t-elle ? Elle ne concerne pas les êtres inanimés. Sauf métaphore,, il est rare que l’on soit vraiment « bête comme ses pieds » . Pour être taxé de bêtise, il faut forcément être homme, donc intelligent. Or l’animal n’est ni intelligent ni bête, même si l’on parle de celui qui est « bête comme un âne ». Ce serait prêter aux animaux une conscience qu’ils n’ont pas. La bêtise est donc un trait proprement humain ou concernant les expressions abstraites de l’humain, telles que les idées ou les sentiments. Donnons, avant de poursuivre, quelques définitions : l’intelligence ou l’entendement est la faculté de comprendre et d’innover. La raison, modalité de la pensée intelligente, est la faculté de combiner des jugements.

On considère habituellement la bêtise comme une défaillance, un défaut de l’intelligence. Or « bêtise » n’est pas l’antonyme exact d’intelligence : nous ne sommes pas l’un ou l’autre, les deux peuvent coexister. Ainsi bêtise ne signifie pas forcément absence d’intelligence. L’être taxé de bêtise n’est pas totalement hermétique à la raison. Il s’agit d’un individu qui dispose d’une intelligence mais qui manifeste son incapacité à en faire usage.

Pourquoi les « Dieux mêmes » ? En quoi sont-ils différents de nous ? Pour nous, humains, il n’est pas évident que la bêtise est un obstacle à notre élévation. Nous considérons notre différence par rapport à la divinité comme un manque de perfection (en creux) plus que comme un véritable défaut ( un trait négatif). Pourtant on se rend compte qu’il s’agit véritablement d’un obstacle auquel notre être se heurte : nous ne sommes pas simplement incomplets. La bêtise se poserait entre nous et les Dieux comme une barrière infranchissable, une véritable nuisance ou une infirmité.

Il faut également distinguer LA bêtise et LES bêtises. Celles-ci concernent des faits précis. L’exemple le plus évident est l’enfantillage, le propre de l’enfant. Mais nous nous intéresserons ici à LA bêtise.

Quel est donc ce phénomène ? On a vu qu’il existe un rapport entre la bêtise et la raison. Est rationnel ce qui est compris et se comprend. La manifestation de la bêtise n’est pas une incapacité au sens strict, son déclenchement est imprévisible, puisqu’il y a tout de même intelligence. Seul l’animal est prévisible. Tandis qu’on ne sait pas exactement ce que la « bête » va faire, ni à quel point telle personne est « bête ».. les conséquences de la bêtise sont également imprévisibles. Il y aurait donc contingence de la bêtise (c’est-à-dire qui peut être ou ne pas être). Nous sommes tous des bêtes en puissance. La bêtise peut frapper n’importe qui, en n’importe quelle circonstances. Impossible de prévoir ce phénomène à l’avance. Et cette contingence empêche les Dieux d’agir. Ils ne peuvent rien, car il y a , dans la situation de « bêtise », imperméabilité à la raison. On ne peut pas guérir le sujet atteint par la bêtise, caril faudrait pour cela qu’il raisonnât. Or on ne peut raisonner à la place de quelqu’un ni agir pour lui. On peut essayer de le convaincre, c’est tout.

Cette formule (« Les Dieux luttent en vain ») est à considérer au premier degré comme en un sens métaphorique. En effet : les Dieux peuvent-ils quoique ce soit ? Peuvent-ils interférer dans les affaires humaines ? Mais là n’est pas la question. En revanche, il y a bien l’idée d’une fatalité (fatum) et d’un état qui nous dépasse et contre lequel on ne peut –semble-t-il –rien faire. Le terme « vain » souligne cette impression d’impuissance devant une machine infernale.

Pour les Grecs, les Dieux incarnaient l’intelligence, la perfection. Or ces êtres supérieurement intelligents se heurtent à la bêtise, qui résiste à leur pouvoir. Pour Platon ou Aristote, l’être divin incarne l’accomplissement philosophique. La bêtise s’oppose donc au pouvoir de la réflexion. Que faire, puisqu’il y a contingence ? Prenons un exmple. On essaye d’expliquer à quelqu’un par des moyens rationnels pourquoi il s’apprête à faire une « bêtise ». Ainsi X parle à Y qui acquiesce (il y a lutte verbale). Pourtant Y fait le contraire de ce à quoi il  acquiescait. Il n’agit donc pas rationnellement. On voit bien que le sujet est bête, mais il y a impuissance de la raison (X) à saisir pourquoi il (Y) ne comprend pas. La raison peut croire être efficiente sur quelque chose qui lui résiste, finalement. Que fait la raison dans ce cas ? Elle constate son échec. Il en va de même quand les Dieux luttent, il y a combat de la raison contre la bêtise, combat absurde puisque vain, mais néanmoins réel et nécessaire, ce qui est paradoxal.

Alors que nous croyons élucider la question de la bêtise à travers l’étude de cette citation, de nouveaux problèmes se présentent. On a vu dans une première partie que la bêtise na signifiait pas la perte d’intelligence : le vieillard, dans le cas du gâtisme et de la sénilité, même infantilisé, n’est pas « bête » à proprement parler. La bêtise n’est pas une moindre intelligence. Serait-elle plutôt un dysfonctionnement de la raison, laquelle est présupposée en tout homme.


(seconde partie)

La bêtise est-elle une tare ? Ou bien un ennemi invisible ? Puisque la philosophie tient en éveil, la bêtise est-elle une forme de jachère intellectuelle ? L’homme bête a-t-il la cervelle « qui grince » à chaque effort selon l’expression de Nietzsche ? La bêtise est-elle une forme de sclérose en plaque mentale ? Quoiqu’il en soit, il semble que nul ne puisse prétendre y échapper - constat désespérant ! La bêtise est un puits insondable dont on peut tout au plus tenter de signaler quelques unes des manifestations.

On sait qu’elle a trait à l’humain. Et ce , de différentes manières, dont les données numériques varient. Il y aurait la plus vaste bêtise, celle de l’humanité tout entière : c’est l’anthropomorphisme –le fit de croire que la terre est plate , par exemple. Vient ensuite la bêtise des foules Alain, dans Propos sur les pouvoirs, écrit à propos du Léviathan : « ce grand corps ne voit rien, ne sait rien, et se croit lui-même comme les fous […] Un amas d’hommes peut faire une redoutable bête ». Vanité des foules par rapport à l’individu, bêtise entraînée par l’ascendant du « nous » sur le « je ». Enfin la plus évidente peut-être est la bêtise individuelle, qui peut entraîner dans certains cas celle de toute la communauté.

La « temporalité » de la bêtise est également à prendre en compte.
Sa durée variant, elle peut être permanente ou ponctuelle. L’état permanent serait un état de défaut par rapport à une « normalité ». Il s’agirait alors d’une faiblesse générale de l’entendement, une incapacité, ce que Musil , dans De la bêtise, nomme « bêtise honnête ». On es tune fictive passive de ce fléau. Il faut la distinguer de la bêtise en acte, c’est-à-dire ponctuelle, épisodique, et occasionnelle qui révèlerait un désarroi spécial des facultés mentales dans une situation donnée. On peut alors être soit passif (l’homme hébété, stupide après un traumatisme) soit acteur, ce qui es tplus pernicieux (réaction activement stupide). Musil l’appelle : « bêtise prétentieuse, supérieure » ; il s’agirait « moins d’un manque d’intelligence que d’une abdication de celle-ci devant des tâches qu’elle prétend accomplir alors qu’elles ne lui conviennent pas ». Elle s’apparente à la mauvaise volonté.

Chez Kant, dans l’opuscule « Qu’est-ce que les Lumières ? », elle prend la forme d’un refus de penser : par paresse, par peur. Car penser par soi-même est hasardeux et fatigant, on préfère que les autres pensent pour soi. Pour Hannah Arendt (La vie de l’esprit) « C’est la pensée qui es tune activité dangereuse. Mais ne pas penser est plus dangereux encore ». En d’autres termes : nous ne subissons pas les assauts de la bêtise. Il y aurait une désir de bêtise, à rapprocher du désir de servitude volontaire. Selon Musil : « Si la bêtise ne ressemblait pas à s’y méprendre au progrès, au talent, à l’espoir, ou au perfectionnement, personne ne voudrait être bête ». Il y a bien là, implicitement, l’idée qu’il existe une volonté de bêtise !

Il faut encore distinguer l’intérieur et l’extérieur, la bêtise intrinsèque et la bêtise apparente. On a vu que la bêtise est intimement liée à notre essence. On s’est intéressé à ses manifestations chez l’Autre. Mais que dire de la bêtise qui nous est propre ? Par exemple lorsque l’on se trouve heureux dans l’opinion. Comme bercé par l’opinion. Dans ce cas, nous n’en prenons pas conscience. La rémission est-elle encore possible ? Et au bout de combien de temps ? La conscience suffira-t-elle à nous en guérir ? Il semble que le remords ( « j’ai été bête ») ne soit pas toujours suffisant pour nous affranchir une bonne fois de notre propre bêtise.

Si l’on se penche sur l’étymologie du terme, on remarque l’homonymie d e « bête » (adjectif) et d « bête » (nom commun). Ce qui renvoie à l’idée de bestialité, de brutalité (la « bête brute »). Ainsi Rousseau écrit dans son Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, à propos de la démence sénile «  et c’est ainsi que l’homme reperdant par la vieillesse ou autres accidents tout ce que la perfectibilité lui avait fait acquérir, retombe ainsi plus bas que la bête même ». La bête a quelque chose à voir avec la perte de l’instinct . Mark Twain, dans l’un de ses contes humoristiques, L’animal au bas de l’échelle, décrit l’homme comme un « animal d’une incurable stupidité… ;une mécanique détraquée en permanence, une machine au fonctionnement incertain ». Il paraît cependant un peu réducteur d’opposer la rudesse de l’individu mal dégrossi à l’intelligence de l’homme éduqué. Intelligence et bêtise ne s’opposent

Pas, il peut y avoir frottement et contiguïté : pour Descartes, par exemple, l’intellectuel prétentieux, stérile, peut être « bête », c’est-à-dire tenir des raisonnements fumeux. Sa prétendue intelligence le détourne du fameux « bon sens » : je pourrais rencontrer beaucoup plus de vérité dans les raisonnements que chacun fait touchant les affaires qui lui importent que dans ceux que fit un homme de lettres dans son cabinet, touchant des spéculations qui n’ont aucun effet ». De même Flaubert stigmatisera la « bêtise des savoirs », précisant à ce propos que la « bêtise c’est de vouloir conclure ». Chez Nietzsche, la bêtise prend la forme de l’ « esprit de lourdeur » à travers les figures du Chameau et de l’âne. La bête, c’est celui qui aime bien porter des fardeaux sur son dos (le Bien, le Mal , les valeurs du troupeau) et qui fait « hi-han » à qui mieux mieux.Il ne faut toutefois pas confondre « bêtise » et apparence de bêtise (L’enfant sauvage de Truffaut). Dans le cas de l’enfant non éduqué, le problème tient à l’absence des codes linguistiques et culturels. Pour celui qui prétend étudier la bêtise, mieux vaut éviter l’écueil du relativisme en se demandant : « est-on toujours le bête de quelqu’un d’autre ? », par exemple. Nous partons ici du principe qu’elle est universelle et objectivable. La bêtise est la chose du monde la mieux partagée. Mais la considérer, comme nous l’avons fait jusqu’ici, comme un assaillant démesurément puissant, n’est-ce pas, au fond, passer à côté du problème .


(troisième partie)

Le présupposé de l’adage serait l’absence d’armes vis-à-vis de la bêtise. Or, il s’agit peut-être d’une question de point de vue. On s’est placé jusqu’ici du point de vue de l’intelligence ( du regard des Dieux). Mais quelle est cette raison qui se place si haut. Ou encore : en quoi les Dieux sont-ils véritablement des Dieux ? L’échec de la raison pourrait tenir à autre chose qu’à la bêtise. N’y aurait-il pas aussi un défaut d’intelligence des Dieux ? Si l’intelligence n’a pas su calculer, anticiper la bêtise, est-ce une vraie intelligence¸’intelligence qui prétend faire de la bêtise sa limite serait donc « bête ». La raison peut-elle se retirer ainsi en déclarant : « j’ai lutté en vain ? ». et par là même se dédouaner ? L’intelligence qui se sert de ce prétexte et justifie son échec par la bêtise des autres ne fait-elle pas l’aveu d’une forme de « bêtise » ? L’intelligence qui en comprend pas la bêtise est-elle vraiment intelligente ? L’intelligence est-elle désarmée ? S’avouera-t-elle vaincue ? S’il paraît impossible d’éliminer la bêtise, on peut toutefois réfléchir aux moyens de l’éviter.

Robert Musil évoque, certes de manière utopique, un moyen de ne pas céder à la bêtise. Il s’agirait de se focaliser sur ce qu’il nomme, en allemand, le « beteudend », traduit en français pr le significatif, l’important, l’éminent. Ce « significatif » associe la vérité que nous pouvons percevoir en lui aux qualités du sentiment qui ont notre confiance , pour ne tirer un tout nouveau, une obstination rafraîchie, qui nous amènerait à modifier nos habitudes de vie, notre manière de penser. Accessible à tous les esprits, il incarnerait le contraire de la bêtise et de la brutalité. Cette notion supprimerait les antagonismes susceptibles parfois de causer la bêtise, Il s’agit moins de prescrire une attitude à adopter que d’indiquer une porte de sortie, une issue de secours.

Si la raison n’est pas en fait l’arme qu’il nous faut, s’il n’existe pas de méthode, que faire ? Musil propose une arme quelque peu ironique. Il s’agit de la modestie – comprendre aussi la prudence. Il faudrait considérer que nul n’est exempt de bêtise, et, qu’il faut s’efforcer, sachant cela, de l’éviter. La modestie- une humilité dans le jugement et dans l’action – nous tiendrait à distance de la bêtise. L’éviter, c’est refuser de l’accueillir, c’est déjà ça.


(Conclusion)

Nous avons considéré la bêtise comme un fléau. Il serait absurde finalement d’en faire l’éloge. (comme Erasme pour la folie). Ou de nous demander si sans bêtise il y aurait encore de l’intelligence. Il faut s’être trouvé une fois au moins dans la vie confronté à un être humain d’une bêtise profonde pour savoir quelle détresse et quelle peur physique et morale on peut alors ressentir. Cette expérience- d’autant plus redoutable que parfois on se trouve dans la position du bête –nous incite à faire preuve d’une grande prudence dans nos actes et dans la formulation de nos jugements. On a vu qu’il existait non pas une seule, mais plusieurs définitions de la bêtise, que celle-ci est polymorphe. Contrairement à ce que l’on croyait, l’Esprit , qui serait un des contraires de la bêtise au même titre que l’intelligence et la raison, est impuissant, démuni, voire faut-il vis-à-vis de la bêtise. Le « significatif » et la modestie proposé par Musil ne sont en aucun cas des garanties de succès. Même pour les Dieux ! Ce sont tout au plus des auxiliaires de combat.


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commentaires

Z
<br /> "Contre la bêtise, les Dieux même luttent en vain."<br /> <br /> C'est une citation d'Halldor Laxness, auteur islandais, prix Nobel de Littérature, tirée de son roman "Station atomique". Un roman génial que je recommande chaudement, où l'on trouve d'autres<br /> perles, comme "l'enfant à qui n'a point souri sa mère n'est digne ni de la table des Dieux ni du lit des Déesses", ou "il n'y a qu'un seul péché, c'est de ne pas aimer la<br /> musique, il n'y a qu'un seul crime, c'est de ne pas savoir en jouer".<br /> <br /> <br />
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L
<br /> merci zapPow!<br /> <br /> <br />
J
Occurrence !
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Z
Oui, je sais bien tout cela mais justement, et contre le sens commun, je reste persuadé que les mathématiques pures sont une activité purement émotionnelle formatée sur une transposition poussée du réel à l'abstraction.C'est choquant au premier abord...mais tant pis...
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Z
Très bien conduit en effet.Je proposerais aussi  de considérer qu'intelligence et bêtise sont consubstantielles en fin de compte.Souvent, la bêtise provient d'une manque d'information, de savoir.Mais surtout, il faudrait examiner une proposition des sciences de la cognition : lorsque je prends une décision, en général, c'est d'abord mon sentiment qui décide pour moi, ma raison procèdant ensuite au récollement des arguments qui viennent conforter ce sentiment. (Prendre ses désirs pour la réalité). Et mon sentiment m'a peut-être dicté une bêtise. En général...Plus complètement, et ceci est une opinion personnelle : le psychisme humain est exclusivement émotionnel, et rien d'autre, la rationalité n'étant que le formatage de cet émotionnel sur le réel (réel naturel, réel culturel...). Par conséquent la bêtise, comme l'intelligence, résulteraient de la qualité de ce formatage émotionnel.
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L
<br /> Je ne crois pas que la bêtise provienne d'un manque d'information de savoir! Ce serait si simple!<br />  Tout l'interêt de Bouvard et Pécuchet, et le génie de Flaubert, c'est d'établir le contraire: la science peut être une forme de bêtise..<br />  Je ne crois pas non plus que nos sentiments, nos émotions  décident en amont de notre raison. Croyez-vous que Galilée obéissait à ses sentiments? Ou Spinoza? ou Einstein, Ou Freud..<br />  C'est peut-être un peu vrai pour le commun des mortels , sûrement pas pour les créateurs ou les savants qui peuvent , par l'intelligence, contrarier leurs propres intuitions ou leurs<br /> inclinations, comme l'explique Bachelard à longueur de pages..<br /> <br /> <br />