La guerre
(n. f.) Étym. .: mot germanique, werra, guerre »
Sens large: toute espace de combat, de lutte ou même de résistance (ex.:
" déclarer la guerre à l'injustice ")
Sens strict : lutte armée entre groupes sociaux ou entre États.
Chez Rousseau : « La guerre n'est point une relation d'homme à homme, mais une relation d'État à État, dans laquelle les particuliers ne sont ennemis qu'accidentellement. »
Chez Clausewitz : « La guerre est un acte de violence destiné à contraindre l'adversaire à exécuter notre volonté » ; par ailleurs, la guerre « n'est que la continuation clé de la politique par d'autres moyens"
La guerre est-elle inéluctable ?
"La guerre est inhérente à l'humanité et doit durer autant qu'elle : elle fait partie de sa morale. » Provocatrice, cette formule de Proudhon retient l'attention. Selon lui, l'humanité s'est en effet affirmée et civilisée dans et par la guerre - "Si par impossible, écrit Proudhon dans La Guerre et la paix, la nature avait fait de l'homme un animal exclusivement industrieux et sociable, et point guerrier, il serait tombé, dès le premier jour, au niveau des bues dont l'association forme toute la destinée". Nombreux sont les penseurs qui - à une autre époque que la nôtre - en ont montré le caractère à certains égards (!) "positif". Nietzsche est de ceux-là, mais il donne souvent u mot guerre un sens métaphorique.D'autres, dont Freud, s'interrogent sur sa nécessité : " La guerre. écrit- il, ne se laisse pas éliminer ; aussi longtemps que les peuples auront des conditions d'existence aussi différentes et que leur répulsion mutuelle sera si violente, il y aura nécessairement des guerres. » Les violences guerrières constitueraient une sorte d'exutoire pour ces énergies mortifères, que le philosophe Jan Patockà appelle " les forces de la nuit ». D'autre part, la guerre n'est- elle pas un éventuel prolongement de l'action politique, comme l'ont montré Machiavel, Clausewitz, puis, plus récemment, Raymond Aron.
Marx, pour sa part, concevait dans une certaine mesure, la politique sur le modèle de la guerre ( "la lutte des classes").
En finir avec la guerre?
Il nous apparaît pourtant impensable de devoir composer encore, et toujours, avec les guerres. De fait, les violences dont le xx siècle a été - et est encore - le théâtre, sont parmi les plus cruelles, les plus inhumaines et les plus destructrices de toute notre histoire. Toutefois, le pire n'a pas encore été accompli, à savoir la guerre nucléaire totale (« Si l'un ou l'autre gagne, écrit Hannah Arendt, c'est la fin des deux »). La destruction systématique de populations entières, les explosions de furie haineuse ont atteint de tels sommets que la question de la "mise hors la loi » de la guerre est devenue, aujourd'hui, un enjeu essentiel et prioritaire (voir à ce propos la notion de " crime contre l'humanité"et l'instauration de tribunaux internationaux pour juger les criminels de guerre). Kant avait ouvert la voie de la réflexion sur la paix internationale durable clans son Projet de paix perpétuelle (1795). Les guerres appartiennent désormais au passé. Mais si l'objectif - le règne du droit - peut rallier les théoriciens comme les hommes politiques de toutes les nations, la question des moyens à employer pour instaurer un semblant d'- ordre mondial » continue de diviser tragiquement les principaux acteurs du débat politique international. En effet, à supposer qu'il y ait des " guerres justes", la détermination des cas relevant de cette catégorie est pour le moins problématique (cf.. M. Walter, Guerres justes et injustes, Belin, 1999). Elle ouvre la voie à toutes sortes de dérives extrêmement graves (lire à ce sujet les analyses de Pierre Hasner, voir bibliograhie ci-jointes).
Article de Philosophie de A à Z, rédigé par LHL