28 octobre 2008
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..."phoniquement, il existe un lien intime entre beauté et bonté ? Ces deux mots viennent du latin belles et bonus, lesquels dérivent de fait d'une racine indoeuropéenne commune : dwenos. Je n'oublie pas non plus qu'en grec ancien, un même terme, kalosagathos, contient et l'idée de beau (kalos) et l'idée de bon (agathos). Mais avant tout, au sujet de la relation foncière qui unit beauté et bonté, je voudrais citer un passage de La Pensée et le Mouvant d'Henri Bergson qui nous frappe par sa simplicité : « C'est la grâce qui se lit à travers la beauté et c'est la bonté qui transparaît sous la grâce. Car la bonté, c'est la générosité infinie d'un principe (de vie) qui se donne. Ces deux sens du mot grâce n'en font qu'un.
Si nous voulons remonter jusqu'à la source de Bergson, nous pouvons encore nous référer à Plotin (Traité 38) qui, à la suite de Platon, distingue trois étapes de la montée de l'âme vers le Bien : l'âme commence par reconnaître la beauté des choses sensibles ; elle s'élève vers le monde des formes-esprit et elle cherche l'origine de leur beauté ; elle cherche à atteindre le Bien qui est beauté Sans-Forme au-dessus de la beauté formelle. Précisons qu'aux yeux de Plotin, la beauté est liée à l'amour. Celui-ci fait partie de la beauté et en constitue l'état suprême, puisque au-delà de toutes les formes que la beauté anime, ce que cet amour désire est la lumière invisible qui est à, la source de la beauté visible. C'est en ce sens qu'on peut entendre la phrase de Proust : « La beauté ne doit pas être aimée pour elle-même : car elle est le fruit de la collaboration entre l'amour des choses et la pensée religieuse" François Cheng, Méditations sur la beauté
Si nous voulons remonter jusqu'à la source de Bergson, nous pouvons encore nous référer à Plotin (Traité 38) qui, à la suite de Platon, distingue trois étapes de la montée de l'âme vers le Bien : l'âme commence par reconnaître la beauté des choses sensibles ; elle s'élève vers le monde des formes-esprit et elle cherche l'origine de leur beauté ; elle cherche à atteindre le Bien qui est beauté Sans-Forme au-dessus de la beauté formelle. Précisons qu'aux yeux de Plotin, la beauté est liée à l'amour. Celui-ci fait partie de la beauté et en constitue l'état suprême, puisque au-delà de toutes les formes que la beauté anime, ce que cet amour désire est la lumière invisible qui est à, la source de la beauté visible. C'est en ce sens qu'on peut entendre la phrase de Proust : « La beauté ne doit pas être aimée pour elle-même : car elle est le fruit de la collaboration entre l'amour des choses et la pensée religieuse" François Cheng, Méditations sur la beauté