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23 janvier 2007 2 23 /01 /janvier /2007 21:09

Jeremy Bentham présente ici le principe de base  ("principe d'utilité)"de  sa philosophie . Il est le fondateur de cette théorie "utilitariste" qui préconise de rechercher  dans la mesure du possible tout ce qui tend à accroître le bonheur global de l'individu, du groupe, de la société:

"La nature a placé l'humanité sous l'autorité de deux maîtres absolus: le plaisir et la douleur. Il n'appartient qu'à eux de désigner ce que nous avons à faire comme de déterminer ce que nous ferons. Le critère du vrai et du faux comme l'enchaînement des causes et des effets sont assujettis à leur domination. Ils nous commandent dans tout ce que nous faisons, disons et pensons, et tout effort pour échapper à leur emprise ne sert qu'à en démontrer et à en confirmer la réalité. On peut prétendre en paroles se soustraire à leur empire alors qu'en fait on y reste soumis au moment même où on le prétend. Le principe d'utilité reconnaît cette sujétion et en fait le fondement du système dont l'objectif est d'élever l'édifice du Bonheur à l'aide de la raison et de la loi...
Par utilité on entend la possession de tout objet grâce auquel on tend à obtenir un profit, un avantage, un plaisir, un bien ou le bonheur (ce qui dans le cas présent revient au même) ou (ce qui revient également au même) à prévenir un échec, une peine, un mal, ou le malheur de qui que ce soit, qu'il s'agisse de la société en général ou de l'individu...
On peut dire d'une action qu'elle est conforme au principe d'utilité ou plus simplement qu'elle est utile (relativement à la société en général) lorsque sa tendance à accroître le bonheur de la société est supérieure à ce qui le diminue".
Jeremy Bentham, Principes de morale et de législation (1780), chap. i, 1, 8, trad. A. Lagarde.
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commentaires

B
Bonjour, cette traduction de Bentham comporte malheureusement un immense contresens. Il faut bien sûr traduire "right" et "wrong" pas "bien" et "mal", et surtout pas par "vrai" et "faux"... Il s'agit d'un texte de philosophie normative, et non pas d'une réflexion épistémologique sur le vrai et le faux. Mieux vaut se référer à la traduction du Centre Bentham (Vrin, 2011). Cordialement.
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L
Ok, c'est noté,merci beaucoup
O
Une action est jugée bonne, selon le principe d'utilité, quand elle augmente la somme globale de bonheur, ou quand elle diminue la somme globale de souffrance.  Elle est jugée mauvaise dans les cas contraire.  Si j'ai bien compris, et pour résumer l'utilitarisme. <br /> On peut donc, parfois, sacrifier son propre bonheur au nom du bonheur général.<br /> C'est bien beau cela, mais, sérieusement, pourquoi est-ce que cette doctrine résisterait à l'égoïsme de l'individu?<br /> Je vous remercie de votre réponse,<br /> Cordialement,
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L
Comment comprendre votre question, Olivier?"résister à l'égoïsme individuel de l'individu" ? Que voulez-vous dire?Je ne suis pas sûre de bien savoir répondre, n'étant pas utilitariste moi-même. Je crois que pour un utilitariste, il y a une convergence des intérêts de l'individu et de ceux de la communauté. C'est-à-dire que, en fin de compte, l'individu a intérêt à l'exixtence d'une société prospère et harmonieuse. Et, moralement, en cas de conflit, il "doit" (on passe là dans l'ordre du "devoir-être") préférer les intérêts du tout à ceux de la partie (l'individu).La doctrine utilitariste est une doctrine morale ; ce qui signifie qu'elle pose les principes de la vie bonne.  Sans ignorer pour autant qu'il y a des gens qui préfèreront toujours la vie mauvaise (l'égoisme, l'indifférence au sort des autres). Pour un utilitariste, on peut sacrifier en effet son propre bonheur.. pour plus de bonheur: celui de la communauté...