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21 janvier 2007 7 21 /01 /janvier /2007 15:03
El leur mettant des notes:

 Lire Jean-Michel Dumay , De la dictature des moyennes et autres notes chiffrées:
"1 y a des gamins malades de l'école. Pas des petites peurs, des minauderies d'avant contrôle ou interrogation. De vraies "phobies scolaires". A déclencher des maux de ventre, à se faire du mal, à aller consulter son médecin de famille. Et plus, si gravité. On a pu lire cela, ces dernières semaines, dans les journaux qui ont consacré de l'espace au phénomène autrement baptisé "refus anxieux de l'école". Teemix, le "rendez-vous des jeunes filles" du site aufeminin.com, abonde de témoignages sur le sujet. Des structures prennent en charge les élèves concernés, parfois au carrefour de la pédopsychiatrie et du scolaire, comme à Grenoble, où le lycée Stendhal a développé une classe "passerelle", dont Le Parisien s'est fait l'écho en décembre 2006. Dans une communication à l'Académie de médecine fin 2006, le professeur Marie-Christine Mouren, pédopsychiatre spécialiste du sujet, estimait à 2 % les écoliers et collégiens susceptibles d'être touchés.
Bien sûr, les causes sont à chercher dans les tréfonds de chaque âme adolescente ou enfantine angoisse de séparation, phobie sociale, trouble de l'apprentissage. Mais l'une d'elles revient comme un leitmotiv, surestimée peut-être dans le cas de cette pathologie : la pression, la peur de l'échec scolaire, l'anxiété de performance. La "phobie", par son excès, symbolisant alors les cas extrêmes des travers de la société de compétition.
Transmise de père en fils, de mère en fille, la crainte de l'échec, du déclassement, renvoie chaque enfant, livré à lui-même dans une société marquée par l'individuation, au dogme de la réussite. L'aspiration à celle-ci, parfois, est sans limite. Elle devient un but en soi, presque un impératif psychique : un idéal de perfection et d'excellence, un Graal, par définition inatteignable. On en saisit l'écueil, l'autre versant, son pendant angoissé : la crainte de n'être pas à la hauteur, de ne pas y arriver. Et chaque jour que le calendrier scolaire fait de subir, par le bulletin de notes, l'empreinte de sa (non ?) réussite chiffrée.
Dans la très sérieuse Revue internationale d'éducation Sèvres ("Que savent les élèves ?", n°43, décembre 2006), un inspecteur général de l'administration de l'éducation nationale, Roger-François Gauthier, taille un costume particulièrement ajusté à "la réalité scolaire française contemporaine" qu'il taxe, à la Kundera, «"insoutenable légèreté". Il dit combien le système, sous l'intensification de l'angoisse scolaire, "générée aussi bien par la massification du secondaire que par le contexte de chômage des jeunes", a encouragé la focalisation sur les notes, "c'est-à-dire un élément chié, au détriment de l'attention portée à ce que savent effectivement les élèves". Et il précise : "Plus que les notes, qui sont produites dans les classes de façon industrielle, ce sont les moyennes calculées entre ces notes au sein d'une même discipline, puis entre les différentes disciplines, qui ont introduit leur véritable dictature. "
Tout le monde adhère pourtant à cette sacralisation, enseignants et parents, qui, dans la même sainte communion, ne voient pas d'autres outils pour décider des passages de classe, des résultats aux examens. Or les moyennes compensent des réalités variées, lissent les compétences et les connaissances censées avoir été acquises, et qui ne le sont parfois pas. "L'horizon de la moyenne, constate l'inspecteur général, s'est substitué à l'attention portée aux apprentissages eux-mêmes."
Ah !singulier modèle que celui de la note ! Et pourtant. Et pourtant. Un ministre avait bien indiqué, par voie de circulaire, que "la notation chiffrée de o à 2o (pouvait) être abandonnée sans regrets" rappelant qu'un autre texte intimait déjà " qu'en aucun cas le sort d'un élève ne (devait) dépendre de la note globale obtenue en faisant la moyenne des notes obtenues aux compositions". C'était en... 1969, le ministre était Edgar Faure. Son texte est toujours en vigueur. Oublié"

Jean-Michel Dumay
Article paru dans l'édition du 21.01.07.
 PS : Cependant comment supprimer les notes? N'est-ce pas plutôt la compétition, ou l'angoisse des parents , qui sont en cause,  plutôt que l'évaluation, laquelle  se traduit par la note chiffrée. La note chiffrée permet de souligner les progrès même minimes, aussi...
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commentaires

B
S’évaluer par soi-même et quelque chose qui s’apprend, je crois.En ce qui me concerne, ni mes parents ni mes profs n’ont fait des notes quelque chose de précieux. Je n’ai donc pas baigné dans le culte de la note. Même si j’ai toujours été bonne élève. Mais ma reconnaissance n’est jamais vraiment venue de la note en question mais plutôt de ma satisfaction personnelle et des commentaires que j’ai reçus sur mes bulletins et mes copies. C’est vraiment ce dont je me souviens… (Et ils ne sont pas nécessairement liés aux notes…)A quel niveau d’étude suis-je ? Nulle part on va dire. J’ai eu mon baccalauréat en juin 2007 et je fais une « gap year » à l’étranger cette année (plus une année d’université en France à distance).Je suis d’accord avec vous sur certains points malgré tout, je titille un peu… C’est vrai que la note est un référent qui marche pour beaucoup et les élèves autant que les professeurs y tiennent. Je disais que je suis convaincue qu’il pourrait en être autrement.Je suis aussi conscience que la sélection se fait beaucoup par les notes et que mes résultats de première, de terminale et du bac m’aideront pour mon entrée en classe prépa. Donc sans hypocrisie, en ce moment, je suis bien contente d’avoir de bonnes notes sur mes bulletins scolaires. Mais ayant été déléguée de classe à de nombreuses reprises pendant mes années collège et lycée, je me suis rendu compte à quel point les notes peuvent blesser et discriminer…
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L
merci pour ce témoignage, si loin de ma propre expérience..
B
Désolée, je suis toujours en désaccord avec vous. Les notes provoquent une sorte d’émulation je suis d’accord mais je pense qu’elles ne devraient pas. Ce qui doit encourager les élèves à donner le meilleur d’eux-mêmes, ça ne devrait pas être la note qu’il y a au bout, mais la satisfaction personnelle et l’enrichissement qu’ils peuvent tirer de leur travail. Suis-je utopique ? Peut-être un peu, oui. Mais…Je suis en Angleterre cette année et nous n’avons pas de notes. La différence ? La compétition et l’émulation se font sur un autre plan : le meilleur élève est celui qui aura la plus fine analyse, celui qui sera capable d’analyser et de critiquer avec intelligence les reportages que font les medias, celui qui sera capable de réfléchir par lui-même sans se laisser influencer, etc. C’est certainement beaucoup plus enrichissant pour tout le monde.Les élèves les moins bons ne se sentent pas « nuls » ou « inferieurs » comme c’est souvent le cas avec les notes. Quant aux « bons » élèves (j’entends ceux qui auraient les meilleurs notes avec un système de notation), eh bien cela ne change absolument rien pour eux. Au contraire, c’est même beaucoup plus stimulant. Je sais bien que je vais retourner au système notes l’année prochaine. Mais je suis heureuse d’avoir connu autre chose...
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L
Je ne demande qu'à vous croire..<br /> il me semble pourtant qu'il est difficile de s'évaluezr soi-même. Et la reconnaissance -dont témoigne la note- me paraît très précieuse.<br /> L'école dans laquelle j'ai été élevée fonctionnait bien, autant que je puisse en juger!<br /> (Et je n'étais absolument pas une héritière).<br /> Je recherchais la bonne note, qui me donnais confiance en moi...<br /> A quel niveau êtes-vous, car ce qui vaut à l'Université ne vaut pas dans le secondaire.<br /> Par ailleurs: comment sélectionner les gens au CAPES et à L'AGREG (et aux concours en général)autrement que par les notes? Tout autre système serait très subjectif, non?
B
Je pense qu’il y a mille et une façons de supprimer les notes. Elles existent toujours pour la bonne raison qu’on ne veut pas les supprimer.  Pour moi elles sont très réductrices. Et je ne suis pas d’accord avec le fait que la note permet de souligner les progrès. Par expérience personnelle, je sais qu’on peut être en progrès en ayant 4/20 et être en régression (ou en tout cas, pas au maximum de ses capacités) en ayant 18. Pour moi, la note reste en moyen très simple de classer les élèves entre « mauvais », « moyens », « bons » et « excellents », que cela ait un sens en pratique ou non (j’opte pour le non). Et cela est très discriminatoire, qu’on le veuille ou non. Tout au long de mes années collège et lycée, j’ai eu la chance d’avoir des professeurs qui ont su voir au delà des notes (et qui ont su donner aux notes la place qu’elles méritent). Mais je suis consciente que ce n’est pas toujours le cas… Ne pensez-vous vraiment pas que l’école peut vivre sans notes ?
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L
Les notes c'est aussi l'émulation. J'adorais avoir de bonnes notes, et aussi un classement. NOus avions aussi les prix de fin d'année. Ce sont de bons souvenirs.<br /> Souvenir d'une bonne élève? Je n'étais pas plus bonne qu'une autre...
F
Je suis d'accord avec une partie de l'analyse de l'article, le caractère anxiogène de l'évaluation. Mais est-ce  l'évaluation qui est anxiogène en elle-même ou ce que les parents, les élèves.. et les profs en font. L'évaluation c'est comme la mesure du thermomètre. Ce n'est pas parce qu'on lit -5 que c'est la catastrophe (il suffit de mettre une petite laine) et ce n'est pas parce qu'on casse le thermomètre qu'on aura plus chaud.Les parents et les élèves se mettent une pression qui n'a rien à voir avec la note.
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L
oui , j'allais dire la même chose pour le thermomètre. Le pb c'est avant tout l'anxiété des parents. Or cette anxiété elle-même s'explique par la caratère de plus en plus compétitif non pas de l'école mais de la société tout entière. Quand ils passeront des entretiens d'embauche, ils seront notés, et ce sera bien plus dur et sévère  , parce que plus vital comme enjeu. Vous avez des enfants? Moi aussi. On sait donc ce que c'est que cette anxiété. On  a peur qu'ils ne trouvent pas de boulot  s'il ne réussissent pas bien à l'école. Comment faire pour limiter cela? Je ne sais pas..