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6 janvier 2007 6 06 /01 /janvier /2007 16:53

Voici l'ouverture du dernier livre de Monique Canto-Sperber et Nicolas Tenzer:
Avant-propos
Le libéralisme en question
"Est-il encore possible de sauver le mot  libéralisme» ? Peut-on même encore sauver l'idée ? On pourrait aujourd'hui en douter tant le sens du terme semble s'être brouillé. Originellement porteur de l'idée neuve d'une liberté propre aux modernes, pour parler comme Benjamin Constant, il est devenu synonyme, en tout cas dans l'espace francophone, de dérégulation, de capitalisme sauvage, de marchandisation généralisée, de mondialisation effrénée, de culte cynique des inégalités... bref, un repoussoir absolu dans l'ordre poli tique, social, voire moral. Comment la promesse s'est-elle transformée en cauche, mar ? Comment l'aspiration au paradis de la liberté s'est-elle muée en crainte de l'enfer libéral ?           D'où vient cette haine du libéralisme ?"

Ca coûte 12 Euros, c'est vite lu, c'est remarquablement clair : je vous recommande vivement (mais évidemment il faut avoir lu aussi, d'abord- L'histoire intellectuelle du libéralisme,  par P. Manent.
Et , pour éviter tout malentendu: il s'agit d'une défense intelligente du libéralisme (qui n'est pas le moins du monde mis "en question")

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commentaires

O
"Le totalitarisme c'est une certaine idéologie , une certaine vision de l'humanité avant d'être un régime politique". Bravo! Tout à fait d'accord. <br /> Canto-Sperber (m^me si ça a 'merdé'-excusez 'mon laisser-aller'- à l'ens) est plutôt dans le vrai, il me semble... ,de m^me qu'Orwell ! <br /> Bien à vous,
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L
A quel point de vue considérez -vous que M. Sperber a raison?
P
La philosophie libérale est effectivement mal connue. Le problème, c'est qu'elle est en particulier très mal connue des principales têtes d'affiche de la politique française qui se réclament du libéralisme : Raffarin et Madelin incarnent-ils réellement bien la philosophie libérale ? La caricature, pour le coup, n'est pas seulement le fait des anti-libéraux ! Quant au fait que l'on ne puisse pas séparer complètement le libéralisme économique et le libéralisme politique, cela me paraît un peu discutable, même s'il y a une part de vérité là dedans. Mais là encore, qui réduit le libéralisme à un ultra-libéralisme économique, si ce n'est les "libéraux" eux-mêmes ? Et puis, si le libéralisme rawlsien n'a rien de "sauvage", quid chez Nozick et Hayek, par exemple ? <br /> Quant au fait d'invalider l'option anti-libérale par le sempiternel recours aux échecs de l'URSS et des démocraties populaires, cela appelle quand même plusieurs remarques (de la part de qq'un qui n'est pas marxiste pour un sou, au passage ...) : <br /> 1- est-il sûr que les régimes communistes en question furent fidèles à Marx ? <br /> 2 - historiquement, ces régimes ne sont-ils morts que du fait de leur incohérence interne, ou bien sont-ils tombés sous les coups (plus ou moins masqués) du libéralisme "du reste du monde" ? <br /> 3 - les exemples historiques ont valeur assertorique, mais pas apodictique. Ils ne remplacent pas un dépassement argumentatif et conceptuel de la philosophie marxiste.
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L
Le débat n'est pas du tout théorique , en effet vous avez raison; le libéralisme à nos yeux c'est Sarkozy, Madelin, Raffarin et ainsi de suite...  Donc on déteste.Quant à Nozick et Hayek .. parler de "sauvagerie"  me paraît peu pertinent.  Nozick , je ne l'ai jamais lu. Mais Hayek si, et sa critique du constructivisme qui débouche automatiquement sur le totalitarisme me paraît argumentée ...  Il se trouve que des gens comme M. Canto défendent un libéralisme encadré qui est dans la tradition de .....   Locke, Montesquieu, Constant, Tocqueville etc... et qui est tout sauf sauvage!  Pour le reste, je ne suis plus trop marxiste mais je le fus. Comme beaucoup. Et puis j'ai lu les dissidents . Et Arendt (beaucoup plus tard) . Et j'ai pensé alors que je m'étais trompée (quand j'étais baba deavnt Althusser) Et je vois un rapport direct entre la volonté d'instaurer un Etat prolétarien qui abolit la lutte des classes et l' Histoire,  et  qui met en place un homme nouveau..  et  ce qui s'est passé partout où la doctrine a été mise en oeuvre.  Le totalitarisme c'est une certaine idéologie , une certaine vision de l'humanité avant d'être un régime politique. Vous ne croyez pas? Là  dessus, les écrivains (Koestler, Gide ("retour d'URSS") , Orwell et Huxley) ont été plutôt clairvoyants."La ferme des animaux" de Orwell, ce n'est pas situé spécialement quelque part...
L
des distinctions sont à faire....Marx n'a jamais dit que la mise en commun des moyens de production devait déboucher sur la tyrannie ...bien qu'il ait parler d'une "dictature du prolétariat"...encore faut'il savoir ce qu'il met derrière tout ça(je ne défends pas le communisme en disant cela) <br /> Vous avez raison, on est plus en présence d'économies "mixtes" ...bien qu'il ait un regain pour le libéralism depuis 20 ans.Les lois du marché posent problème (surtout lorsq ue l'Etat ne les régule pas ou peu).On peut déterminer un ensemblede "biens communs" auxquels chaque individu a le droit au nom de la dignité humaine.Or, ce qui se profile, c'est une destruction de ces "biens collectifs"".<br /> le libéralisme pose un souci conceptuel ds le sens, où tout individu doit être libre d'entreprendre (ds le domaine économique) et où tout agent économique est rationnel, or, ce n'est pas le cas (on ne recherche pas seulement un travail pour le revenu que l'on va en tirer)....d'autre part, les individus, pour qu'un système libéral fctionne correctement devraient être égaux,.., ce n'est pas le cas et ce ne le sera jamais ...tout le prob est dc un équilibre entre liberté et égalité et aujourd'hui je reprends l'expression d'une philosophe "en france, tout est fait pour que le gramme l'emporte sur le kilo"(simone WEIL)<br /> la définition donnée par Weber sur le capitalisme est juste, au départ pacifié, le capitalisme est devenu le meilleur "agent" de la violence économique...à cause des fameuses lois du marché !d'autre part, j'ajoute que Weber ne s'oppose pas à Marx, (certains le fnt)...les classes sociales sont toujours une réalité,et la classe moyenne est un véritable flou artistique!(cela peut expliquer le climat social dégradé)<br /> aujourd'hui, je ne sais pas ce qu'il y a de mieux, mais certainement pasle système dans lequel nous vivons!Il ne s'agit pas d'être communiste, socialiste, ou libéral...mais la toile de fond me semble problématique (corrompu???) par le "gramme"!
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L
je ne comprends pas très bien la phrase sur le gramme.. Mais sinon, il est certain que de nombreux biens doivent être sosutraits au marché. C'est ce que dit Michael Walzer dans son livre "Sphères de la justice".  je crois que la philosophie libérale est très mal connue en général  (et confondue avec la  philosophie de Caliiclès, ou encore  avec la loi de la jungle appliquée à la société))
L
trés bien....l'histoire nous a pourtant démontré que l'on pouvait appliquer une politique économique qui ne repose pas sur le libéralisme ....sans pour autant que le régime soit non démocratique et non libéral (d'ailleurs la construction politique du 19ème s'est dvé parallèlement à une intervention accrue des pouvoirs publics ds l'économie, l'ap-guerre aussi,..).Je lirai ce livre, mais ca ne me conVint ps à priori.
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L
pas "convaincu a priori" ???comment pourait-on être convaincu -ou pas- a priori?Les seules politiques non libérales, c-à-dire niant les lois du marché, autrement dit dirigistes et planificatrices furent mises en oeuvre par les régimes communistes (URSS, Chine, Vietnam etc... Corée du Nord aujourd'hui et Cuba). Pour ce qui concerne les politiques de type socialiste, en Europe,  elles furent toujours en même temps libérales (qui admet les lois du marché et la libre entreprise) et sociales ou socialistes. C'est ce qu'illustrent tout particulièrement les régimes scandinaves, avec alternances politiques mais toujours une économie libérale.Après,  tout est une question de défintiion. par libéral on entend une caricature en général : ultra libéralisme , libéralisme sauvage etc... C'est tout l'objet du livre..
L
on peut faire une distinction entre le libéralisme politique  et évidemment c'est une bonne chose ....du libéralisme économique qui pose une multitude de problèmes ...
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L
ET bien précisément les auteurs expliquent que cette distinction est irrecevable: p 91 . impossible de séparer le libéralisme économique, le libéralisme socio-culturel et le libéralisme politique. Vous voyez, ils ont pensé à tout!