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10 décembre 2006 7 10 /12 /décembre /2006 10:35

 LEIBNIZ :quelques éléments de vocabulaire

 Action : opération   propre aux   substances. Mais dans le cas des substances finies, toutes choses étant réglées les unes par rapport aux autres, à une action de l'une répond une passion de l'autre.
 Ame : ou encore monade. Réalité immatérielle et dynamique qui fonde  l'unité de tout être vivant. Toute âme est liée à un corps organique dont elle assure l'unité. Comme la psyché aristotélicienne,  elle est inhérente à tous les degrés du vivant. La matière est composée d'âmes : il y a des âmes dans la moindre portion de matière.
 Aperception : conscience de l'état intérieur d'une monade. Synonyme de " conscience réflexive ".
Appétition : tendance de toute monade à agir : "  L'action du principe interne qui fait le changement ou le passage d'une perception à une autre peut être appelée appétition ". (Monadologie, 15)
Conatus : élément infinitésimal de la tendance à l'action dont l'accumulation produit l'accélération et le mouvement. Les conatus sont les ingrédients du réel qui concernent  les corps comme les âmes, tout être s'efforçant de développer les virtualités comprises dans son essence.
Contingence : ce qui n'est pas nécessaire, et dont l'opposé est possible, car n'impliquant pas contradiction. Seul Dieu possède des certitudes au sujet des êtres contingents.
Connaissance : accès au réel par le biais de l'expérience et de l'intelligence. L'âme n'est pas une " table rase " comme le croient les empiristes. Il y a dans l'âme des idées, ou catégories (l'être, la substance, l'un, la cause), et des raisonnements qui sont comme des virtualités que l'expérience va solliciter et réveiller.
 Dieu : Etre existant en acte en dehors de  la série des choses existantes ; dernière raison de toute chose.
Dynamique : nouvelle science de la puissance et de l'action qui accorde une place décisive à la force agissante et à l'élasticité.
Entéléchie, acte : chez Aristote, c'est l'acte au sens d'accomplissement, de réalisation de soi. Chez Leibniz, principe de vie de toute substance simple, enveloppant la perception et l'appétit.
 Harmonie : unité dans la multiplicité, accord de tous les phénomènes entre eux, unité et accord dérivant de Dieu qui est la substance primitive et la cause de cet accord. Tous les événements de l'univers conspirent ensemble pour produire le plus bel effet d'ensemble comme les musiciens et les instruments dans un orchestre bien dirigé.
Esprit : substance capable d'action sur soi-même, c'est-à-dire capable de se rapporter à soi-même et de converser avec d'autres.
Expression : correspondance entre les êtres, ou entre la chose et ce que j'en perçois. Les idées " expriment " l'être sans l'épuiser, car les définitions sont des points de vue sur l'essence (" l'être se dit diversement ")
Infini :   Dieu ou l'univers sont les véritables infinis.  Mais tout être individuel enveloppe l'infini en tant qu'il exprime l'univers d'un certain point de vue. Seul Dieu est l'infini absolu, actuel des faux infinis, ou infinis potentiels ce tout ce qui comporte des parties.
Liberté :   est libre l'action spontanée accompagnée de réflexion. Il y a des degrés de liberté : on peut l'accroître par la connaissance, en améliorant notre compréhension de nous-même, en perfectionnant notre raisonnement. Dieu sait ce que nous ferons (il sait qu'Adam va pécher) mais ce n'est pas Dieu qui  pèche, mais Adam.
 Mal : Le mal n'a pas de réalité. Il ne correspond qu'à un moindre être, ou à une limitation de perfection. On distingue le mal physique, ce que les êtres intelligents considèrent en général sous le nom de souffrance. Le mal moral : vice ou souffrance morale Le mal métaphysique : limitation des créatures. Le mal physique ou moral (du point de vue de la créature) servira un jour à augmenter notre félicité. Le mal n'est jamais absolu ni radical.
 Monade : du grec monas, unité.  Constituant du réel comportant un principe actif du réel nommé aussi âme ou entéléchie et un principe passif nommé masse ou matière première.  Tout monade est un miroir vivant qui représente l'univers de son point de vue. Tout être est soit une monade, soit un composé de monades. Dans le cas d'une monade composée, il y a une monade dominante qui en produit l'unité.
Petites perceptions : perceptions minuscules, infimes, qui sont en nous sans que nous en ayons conscience (celles des gouttes  de la mer par exemple).
Raison suffisante (principe de) : principe d'après lequel jamais rien dans l'univers n'est sans raison.
Substance : réalité qui  se distingue d'un agrégat par son  principe d'unité qui est l'âme. La substance comporte toujours un corps organique qui l'environne et l'exprime. La substance est, dans le cas de l'homme,  la personnalité qui subsiste sous le changement : " L'avenir dans une substance, a une parfaite liaison avec le passé ;  c'est ce qui fait l'identité de l'individu " 
(Nouveaux essais sur l'entendement humain). Toute substance est perpétuellement agissante ce qui signifie qu'elle engendre ses propres opérations, mais en coordination avec toutes les autres substances  qui constituent  l'univers. Chaque substance constitue un point de vue sur l'univers, point de vue qu'elle incarne et actualise.
 Vérité : il en existe de deux sortes :  les vérités de raison doivent toutes pouvoir se résoudre en des propositions analytiques (le prédicat est contenu dans le sujet) qui se ramènent pour finir au principe d'identité  (A est A).  Toutes les vérités dépendent de Dieu et correspondent à des rapports réels de convenance ou de disconvenance entre objets idéaux.
Les vérités de fait sont les vérités d'expérience. Etant donné qu'elles enveloppent  l'infini, elles ne peuvent jamais être totalement cernées et épuisées par les êtres finis que nous sommes. Dieu seul peut voir l'infini actuel et comprendre la raison de al contingence.

: effort que nous faisons pour agir en vue de ce que nous jugeons bon. Il n'y a pas de liberté d'indifférence, car les choses ne sont jamais équivalentes (principe des indiscernables)

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