Un livre qui explique cela très bien c'est Les passions et les intérêts de Alberto Hirschmann (PUF)
La thèse de ce livre, très sommairement, c'est que l'économie est régie par l'intérêt et l'investissement, donc le moyen et le long terme. Tandis que la guerre obéit le plus souvent à la logique des passions (passions vindicatives, exaltation nationaliste, haine, fureur, rancoeur, ressentiment,etc...). Ou encore : la guerre est régie par l'espoir d'une conquête immédiate, l'économie par la patience, la négociation et la diplomatie. On ne détruit pas l'ennemi si on veut commercer avec lui (intérêt).
L'interêt unit les hommes, contrairement à ce que l'on pourrait penser superficiellement.
(Sinon j'avais gardé ces notes d'un article du Monde) :
"L’économie n’est pas la guerre"
Sans doute : « l’art de la guerre emprunte à celui du commerce » (Clausewitz).
Aujourd’hui, par ailleurs, on parle beaucoup de « guerre économique » (« ligne Maginot des salaires » « reconquête des marchés » ..)
Sur le sujet, trois livres :
Stratagèmes. Trois millénaires de ruses pour vivre et survivre . Harro Von Sen Senger
De la stratégie militaire à la stratégie d’entreprise, général Gil Fiévet
Antimanuel d’économie de Bernard Maris. (chapitre : la guerre économique)
Pour Bernard Maris, « la guerre, celle du Golfe incluse, est formellement identique mais essentiellement contraire au commerce ».En effet, le commerce implique la paix (Adam Smith et B . Constant). Les grandes nations , surtout aujourd'hui, s'enrichissent par le commerce et se ruinent dans les guerres.
Le point commun toutefois, entre guerre et stratégie d’entreprise, est l’usage de la ruse . Car « un cœur hostile aux autres est inexcusable, mais un cœur méfiant indispensable » (Hong Zicheng) . La seule force n’est en aucun cas la clef de la réussite dans la guerre. Car une stratégie doit avant tout susciter une adhésion (au général, au chef d’Etat, au chef d’entreprise). C’est ce que les américains devraient apprendre de Sun Tzu : "L’art de la guerre".
En résumé : il y a une similitude en apparence, mais sur le fond guerre et économie sont diamétralement opposées.