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11 août 2007 6 11 /08 /août /2007 13:28

La thèse de Marcel Gauchet concernant le "désenchantement du monde" se trouve déjà esquissée par Durkheim:

"S'il y est une vérité que l'histoire a mise hors de doute, c'est que la religion embrasse une portion de plus en plus petite de la vie sociale. A l'origine, elle s'étend à tout ; tout ce qui est social est religieux : ces deux mots sont synonymes. Puis, peu à peu, les fonctions politique, économique, scientifique s'affranchissent de la fonction religieuse, se constituent à part et prennent un caractère temporel de plus en plus accusé. Dieu, si l'on peut s'exprimer ainsi, qui était d'abord présent à toutes les relations humaines, s'en retire progressivement : il abandonne le monde aux hommes et à leurs disputes. Du moins , s'il continue à les dominer, c'est de haut et de loin... sans doute, si cette décadence était , comme on est souvent porté à le croire, un produit original de notre civilisation la plus récente, et un événement unique dans l'histoire des sociétés, on pourrait se demander si elle sera durable ; mais en réalité elle se poursuit d'une manière ininterrompue depuis les temps les plus lointains... L'individualisme, la libre pensée, ne datent ni de nos jours , ni de 1789, ni de la Réforme, ni de la scolastique, ni de la chute du polythéisme gréco-latin, ou des théocraties orientales. C'est un phénomène qui ne commence nulle part, mais  qui se développe sans  s'arrêter tout au long de l'histoire".

 Emile Durkheim
 De la division du travail social
1893

 

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commentaires

T
1- C'est un peu réducteur comme idée de dire que ce sont les firmes américaines et donc par extension l'impérialisme américain (qui exerce une violence symbolique sur les valeurs traditionelles des autres types de société) et la mondialisation qui sont à la base du onze septembre mon cher, en fait ce qui est un peu affolant c'est qu'on dirait que tu cherches à défendre les terroristes, l'anti américanisme ça se défend même si je trouve ça un peu gonflé (regardons nous avant de critiquer les autres) mais y'a des limites! Le coran n'est en aucun cas responsable du 11 sept, ne déforme pas tout, c'est juste la pauvreté, la misère et leurs conséquences (illétrisme,rancoeur...); il n'est qu'un texte sacré parmi d'autres qui a pu être mal interprété.. Je le sais parce que je l'ai lu et que certains passages peuvent préter à confusion! Quand aux actes je ne crois pas que ce soit Coca Cola qui ait fait s'écraser un avion dans une tour, mais plutôt les deux monstres qui le conduisait!<br /> <br /> 2- Quant aux valeurs de la société, disons que je retire le terme de retour en arrière mais que je reste persuadé que la société va se séculariser de plus en plus, ce qui va peut-être avoir de graves conséquences (la confiance que les gens ont actuellement en Dieu, il la mettrait où?)!
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F
1. Pour nourir la réflexion, cet article à propos de ce qu'il convient de comprendre à propos de la fameuse phrase de Malraux : http://www.andremalraux.com/malraux/articles/21emesiecle.pdf2. J'entends bien votre mise au point chere Laurence, mais je maintiens que les valeurs mises au centre de la société contemporaine ne sont pas des valeurs religieuses (cela ne signifie pas pour autant qu'elles soient rationnelles bien entendu). Dieu a été congédié du monde mondialisé. Ce monde est athée même s'il arrive à d'aucuns de se revendiquer de Dieu. Ceux là même qui se disent religieux et qui invoque le nom de Dieu sont aussi ceux qui organisent leur existence (et souvent l'existence des autres) autour des valeurs d'utilité, de performance, d'efficacité, de rendement, d'exactitude, de précision, de productivité. N'en déplaise à Thomas, le Coran est moins responsable du 11 septembre  2001 que Boeing, Motorola et le cours du pétrole.3. A Téhéran comme à Méa Shéarim on sait très bien que la partie est perdue. Seul le perdant a la tentation de détruire l'échiquier.
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L
"Ce monde est athée" me paraît peut-être un peu .. réducteur?Je vous quitte pour quelques jours...
L
A Florian, Tout le pb de l'islam , c'est précision cette confusion entre le politique et le religieux. Vous ne pouvez pas dire : "le terrorisme n'est pas religieux, mais est politique", puisque partout dans ces régions les deux sont indémêlables. Et même si les acteurs sont cyniques, seulement politiques donc, ils se fondent sur la crédulité de leurs troupes, parce que ceux-ci croient en leur légimité morale et religieuse!Inversement, dans les pays capitalistes et libéraux, les dirigeants sont obligés de composer  avec une opinion publique plurielle, et non pas tout acquise aux impostures idéologiques (croisades ,forces du bien etc...)
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T
Le religieux n'est pas un retour en arrière mais lorsqu'il est radical si, et dans ce cas il devient un retour en arrière meurtrier et liberticide (adieu liberté de parole cf "qui vive" émission de Finkielkraut sur la liberté d''expression)!
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T
Enfin va dire aux gens qui se sont fait pulvériser dans les tours de New York que c'est le grand méchant Coca Cola qui les a mis en morceaux! Va raconter à leurs petits restes en apéricube que ceux qui les ont rétréci c'était des petits enfants à papa en pleine révolte qui n'était qu'au final que des enfants de coeur! Une mondanité ça ne tue pas 1600 personnes! Le probleme final je pense que c'est la conaissance de l'autre, c'est sur que si ont arrete pas de leur raconter des idioties genre "les américains sont des assassins"...
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J
Et pourtant des millions de gens meurent encore car ils n'ont pas voulu s'opposer à la volonté du pape et porter une capote..Le 21ème siècle sera religieux ou ne sera pas (malraux..)De plus je trouve assez choquant (même pour moi non pratiquant) d'assimmiler la religion à un retour en arrière, alors que toute religion n'est pas fanatique et est même souvent avantageuse et souhaitable...
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L
je crois que sur ce point c'est Malraux qui s'est trompé et Auguste Comte qui a vu juste; le positivisme ne peut que tout balayer sur son passage, emportant les convictions qui sont contredites par la science. En même temps , le religieux ne disparaît pas mais ressurgit toujours sous de nouvelles formes, de plus en plus subjectives et irrationnelles (cf les sectes).Quant à dire que la "religion est souhaitable"... non, on ne peut généraliser! La religion qui permet aux hommes d'obtenir la soumission des femmes  par la contrainte, la crédulité et la peur n'est pas souhaitable. Or ce fut une  de ses principales fonctions à travers les siècles, et cela continue , à part dans le protestantisme.  (pourquoi Dieu est-il un homme? Pourquoi les femmes ne peuvent-elles être prêtres etc..)
F
Ne peut-on pas au contraire interpréter l'hypothétique retour du religieux comme un aveu d'échec ? Si ce XXI eme siècle était religieux, aurait-on besoin de radicalismes pour l'affirmer ?En ce qui me concerne je classe les Ben Laden et gesticulations intégristes de tout genre dans la catégorie profane. Qu'est-ce qu'il y a de sacré dans les combats de Beyrouth, dans les murs érigés en Israel, dans les meurtres de Bagdad, dans les attentats de Londre ou de New York ? Je n'y vois qu'affirmation de stratégies mondaines, revendications politiques et économiques, éventuellement du désespoir individuel, des égarements psychologiques, mair rien qui ne relève de la guerre sainte ou de la croisade, rien qui ne relève du mysticisme de masse. Pas de Moïse ni de Jesus ni même de Mahomet dans le XXIe mais Wall Street, Nike et Coca Cola. Pas d'espoir mais l'ère du vide (un monde sacré n'est pas vide), pas d'engagement collectif, pas de renoncement à soi mais la transformatioàn du martyr en quart d'heure de gloire à la télévision. Rien que du profane, de l'immanent et du matériel.
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T
Je sais bien que ce cher mr Durkheim ne pouvait pas se douter de la tournure qu'allait prendre notre monde mai ne peut-on pas penser que, malgré une importante sécularisation de nos sociétés occidentales, le radicalisme politique qui s'installe, eut égard à l'affaire d'Alexandre à la Réunion ou à 'apparition d'un intégrisme islamiste (et autre) important, infirme ses propos et tend à montrer que notre siècle sera celui d'un retour du religieux? Le désenchantement du monde va-t-il durer ou, à la faveur de certains adouilles créationnistes, allons nous effectuer un grand retour en arrière?
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L
je ne crois abolument pas à un retour en arrière. Les accès de folie religieuses ne peuvent entraver le  progrès des Lumières et de la rationalité dont parlent Durkheim et Weber Les pays touchés par des catastrophes écologiques  ou le SIDA vont chercher de l'aide du côté de la science et de la technique, pas dans le Bible ou chez des chamans (cela ne veut pas dire que je crois au progrès au sens du 19 ième siècle, voir mes  topos là dessus dans les jours qui viennent)