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28 août 2016 7 28 /08 /août /2016 13:38

Nous ne nous habillons pas uniquement pour nous préserver des intempéries ou des rayons du soleil, mais aussi pour nous exprimer.

 

Le vêtement est un élément de langage. Sa signification, comme celle de tout élément de langage, varie considérablement selon les cultures, les modes et les contextes. Le fait de se promener tout nu est aussi une manière de dire quelque chose (philosophie naturaliste etc.). Mais dans certains contextes, cette forme de langage peut être considérée comme embarrassante ou même agressive par les témoins involontaires, et qui n’y sont pas préparés.

 

Cet élément de langage n’a pas pour vocation - sauf dans certains contextes très exceptionnels - de susciter un débat. Il est à sens unique. Il n’appelle pas de réplique.

Dans certains cas, il témoigne d’une volonté de transgression, voire d’une décision institutionnalisée de transgression collective, comme c’est le cas dans un carnaval.

 

Dans d’autres cas, cette transgression est strictement individuelle, et elle peut comporter une part d’agressivité (mais pas toujours, comme on va le voir).

 

Lorsque j’étais professeur au lycée Georges Braque à Argenteuil, le premier jour de l'année quelques garçons, fort biens de leur personne, se sont présentés torse nu. .. Je leur ai demandé de se rhabiller. Ce fut une épreuve de force : leur argument était le suivant : « Je ne suis pas beau comme cela ? » et aussi : « Les autres profs m’acceptent dans cette tenue, où est le problème?». No comment.

Lorsque j’étais prof au lycée Buffon à Paris, il n’y a pas très longtemps, le proviseur imposait à tous les élèves, à l’entrée du lycée, d’enlever casquettes, capuches et autres couvre-chefs. En revanche, deux de mes élèves (filles) portaient un string et un pantalon taille basse, ce qui signifie qu'on voyait la moitié leurs fesses et ceci toute l’année. Excellentes élèves, toujours au premier rang dans ma classe, elles ne furent jamais inquiétées. Il n’y avait d’ailleurs aucune agressivité délibérée dans le choix de cette tenue. Pourtant il m’embarrassait.

 

Tout ce que font les hommes comporte une dimension symbolique, c’est-à-dire s’inscrit dans un ordre symbolique, voir à ce sujet l’analyse de Daniel  Soulez-Larivière

 

http://www.huffingtonpost.fr/daniel-soulez-lariviere/burkini-reel-imaginaire-s_b_11721260.html?utm_hp_ref=france

 

Dans certains contextes, un élément de langage peut comporter une dimension d’agressivité ou de violence. Il peut embarrasser ceux qui le reçoivent, même si ce n’est pas volontaire de la part de ceux qui le communiquent. En lui-même, ce type de langage n’appelle pas au dialogue, puisqu’il projette une signification ou un message qui ne demande pas être interrogé.

Certains éléments de langage, comme par exemple la semi-nudité revendiquée de mes élèves, comportaient un message dont une des composantes était indéniablement la suivante:

 

« Ma tenue va te choquer (ou pas) mais de toute façon je m’en fous ».

 

( Cependant, de mon point de vue, l'interdit n'est en aucun cas une solution.  La liberté d'expression fait partie des libertés fondamentales dans un Etat de droit. Mieux vaut tenter d'expliquer...)

http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/08/30/il-faut-combattre-le-proselytismeextremiste-et-le-sexisme_4989810_3232.html

 

http://www.rts.ch/info/monde/7968437--porter-un-burkini-sur-les-plages-de-nice-est-une-provocation-degoutante-.html

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Published by laurence hansen-love - dans Philosophie
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