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17 août 2021 2 17 /08 /août /2021 11:02

J’ai donc pu lire votre livre, je pensais que cela m’aurait pris plus de temps, mais le livre est bref. Vous semblez probe dans votre propos, ce qui m’a incité à vous donner un retour, en vue d’un éventuel échange.

Avant toute chose, je voulais un peu me situer, pour que vous sachiez à qui vous avez affaire. J’ai plutôt une formation de philosophe à l’origine, mais j’ai évolué bien plus vers les sciences sociales en fin de compte, et maintenant, vers les sciences naturelles également.

Votre propos me parait plutôt équilibré en fin de compte, vous envisagez différentes positions concernant la violence, je pense en particulier aux deux thèses opposées concernant la violence et la politique au début de votre livre. Votre propos final sur l’idée que la violence semble être de moins en moins payante politiquement me parait convaincant, en particulier lorsque vous l’appuyez empiriquement par l’ouvrage de science politique des deux chercheuses américaines. Quand j’ai un jour dit que « la violence paye », je pensais en fait à des situations bloquées, en particulier d’un point de vue institutionnel, mais évidemment, l’idéal serait de faire avancer des causes de manière non-violente. Pour cela, nous ne sommes pas tant en désaccord ; à ce sujet, vous dites bien dans votre livre que la violence peut être une solution de dernier recours, ce que j’ai tendance à également penser.

Cela étant, j’aurais à présent plusieurs remarques à faire. En premier lieu, je ne suis pas sûr que les positions de Pinker soient appréciées de manière exacte. Je me base plutôt sur son livre « Le Triomphe des Lumières » (Pinker 2018), plutôt que sur celui que vous mobilisez dans votre livre, et peut-être que notre divergence est due à cela : Pinker lorsqu’il explique que la violence a diminué drastiquement depuis fort longtemps, ne nie nullement qu’il reste bien des manifestations de la violence dans nos sociétés, ou bien des problèmes auxquels nous devons faire face à l’heure actuelle, bien au contraire. De plus, assez paradoxalement, en affirmant qu’il existe de multiples formes de violence qui perdurent, ce qui infirmerait sa thèse, vous confirmez plutôt sa thèse et surement celles d’Elias au passage : si nous sommes plus sensibles à la violence de manière générale, c’est parce que la violence a objectivement baissé (il y aurait pas mal d’exemples à ce sujet).

Deuxièmement, vous critiquez l’idée selon laquelle la violence serait un concept empirique et serait plutôt un concept phénoménologique impliquant une subjectivité blessée, pour remettre en cause l’approche « positiviste » de Pinker. Pourquoi ces deux approches seraient nécessairement incompatibles ? Il me semble possible d’admettre que bien des manifestations de la violence peuvent être appréhendées empiriquement, afin de les objectiver, tout en ne niant nullement le fait qu’il puisse y avoir une dimension phénoménologique à ces violences. Il me semble même que l’approche qui vise à objectiver les violences, empiriquement, soit indispensable pour éviter la trop grande extension du concept de violence, potentiellement infinie, s’il est envisagé phénoménologiquement ; comme vous le dites bien, cette approche n’est pas sans limite non plus de ce point de vue.

Cela étant, je pense que vous avez raison bien entendu de mettre en lumière diverses formes de violence existant à notre époque, en lien notamment avec le néolibéralisme, formes de violence peut-être plus discrètes et moins visibles.

Troisièmement, vous émettez l’hypothèse selon laquelle « ce n’est pas la nature qui nous rend si féroces » mais plutôt, ce serait l’ubris qui sous-tendrait la violence, si je ne me trompe pas. C’est sans doute une prise de position qui comporte bien des limites, et je pense savoir pourquoi. Vous mobilisez régulièrement la psychanalyse dans votre argumentation, mais j’ai noté qu’une autre tradition de pensée, qui je pense éclairerait bien mieux notre objet, est omise dans votre argumentation : la tradition de pensée darwinienne, et évolutionnaire plus généralement (qui soit dit en passant fait l’objet de malentendus récurrents). Cette tradition de pensée est quasiment totalement absente en France, mais est bien plus vivante dans le monde anglo-saxon et permet de rendre compte de la violence de façon scientifique.

Ici, je préfère définir la violence d’une façon différente d’Arendt, définition normative qui a bien des égards passe à coté de bien des phénomènes. La violence, pourrait être définie d’une manière plus neutre je pense, en se basant sur la définition donnée par l’OMS : « l’utilisation intentionnelle de la force physique, de menaces à l’encontre des autres ou de soi-même, contre un groupe ou une communauté, qui entraîne ou risque fortement d’entraîner un traumatisme, des dommages psychologiques, des problèmes de développement ou un décès. » 

Pour en revenir à une approche plus scientifique de la violence, nourrie par les sciences de l’évolution, l’agressivité, et donc la violence sont inscrites biologiquement en l’homme, à l’état potentiel (bien évidemment je ne parle nullement ici de déterminisme génétique ou biologique de la violence) et ce sont des facteurs environnementaux qui peuvent conduire à des épisodes de violence effectifs entre les hommes (Tang 2015) ; sont en jeu, en particulier, la compétition pour des ressources, telles que le territoire, la nourriture, les partenaires sexuels, ceci pouvant être étayé par des travaux d’anthropologie et de science politique (Earle, Johnson 2000 ; Tang 2015). Afin de se procurer de telles ressources, la violence a pu être un moyen utile et ceci peut expliquer sa présence récurrente dans l’histoire évolutive de l’homme (Sastre 2015). Pinker n’est pas le seul à avoir défendu l’idée que la violence a drastiquement diminué au cours de l’histoire, vous pouvez aussi trouver des thèses allant dans ce sens, dans une perspective qui est plutôt celle de la science politique et des relations internationales. Dans, The Social Evolution of International Politics Tang semble assez convaincant à ce sujet : les relations internationales ont profondément évolué depuis les débuts de l’humanité, avec pour la majeure partie de l’histoire un monde violent, marqué bien plus par des guerres entre communautés politiques (monde du réalisme offensif), et ceci dans une perspective de survie, en s’accaparant les ressources nécessaires à cette fin. Une dynamique évolutionnaire endogène explique progressivement le passage à un monde ou faire la guerre devient de moins en moins « payant », à partir du traité de Westphalie de 1648, et pour finir, avec un monde post-1945 quant à lui bien plus marqué par des règles et des institutions qui encadrent les actions des Etats. Tang a recours a énormément de données empiriques, pour appuyer sa thèse, qui parait assez convaincante.

L’intérêt des travaux évolutionnaires, qui comportent une littérature considérable avec une foule de données empiriques est aussi de montrer que le conflit a une primauté ontologique chez les hommes (et dans la nature), en raison de la compétition pour les ressources que j’ai évoquée précédemment (Tang 2020). Bien entendu, les institutions peuvent jouer un rôle essentiel qui canalise la violence, la modère, et donc la violence n’a rien d’inévitable, mais elle est semble-t-il toujours présente à l’état potentiel en l’homme, et ceci en raison des dynamiques évolutives évoquées précédemment. Ainsi, comprendre la violence, d’un point de vue évolutif nous permettrait je pense d’adopter un point de vue d’abord et avant tout descriptif, moins normatif.

Au-delà de cette compréhension par le prisme de l’évolution, comprendre la violence par la sociologie ou la science politique permettrait je pense d’éviter de tomber dans certains travers, que sont l’intellectualisme, et/ou l’ethnocentrisme de classe. Voter pour l’extrême-droite, ou encore les violences « gratuites » dans certaines zones, que vous évoquez, sont des pratiques sur lesquelles il ne faut pas plaquer un sens extérieur (tel que l’ « absence de pensée »), ceci conduisant souvent à se méprendre sur le sens véritable des pratiques en question. Ici la sociologie compréhensive de Max Weber se révèle indispensable pour saisir le sens subjectif donné aux pratiques en question, de la part des individus concernés. Le sens que vous pouvez donner à de telles pratiques est sans doute très différent du sens donné par ces personnes à leurs pratiques. Par exemple, l’accent mis sur des pratiques et actions « viriles » dans les banlieues par certains individus, a pu être analysé comme révélateur de certaines dispositions mettant l’accent sur la force physique, ceci étant ce qui reste à certains individus pour « s’affirmer », et témoignant a contrario de l’absence de « capital culturel » (Mauger 2006). Dans ce cas-là, le recours à la violence peut donc faire sens pour les individus en question.

 

Pour finir, concernant la période actuelle, vous semblez prendre parti pour le respect des institutions, et la nécessité de ne pas recourir à la violence. Je peux concevoir un tel point de vue, lorsque les institutions sont saines, et au service de l’intérêt collectif au sens noble du terme, mais est-ce vraiment le cas à l’heure actuelle en France (et dans bon nombre de pays occidentaux) ? On peut en douter, lorsque les institutions sont sourdes à des revendications diverses et variées, en particulier lors de mouvements sociaux, la violence peut rapidement surgir, sans parler du fait qu’une lecture des institutions inspirée de Marx de Bourdieu ou autres pensées critiques, n’est pas sans fondement à l’heure actuelle, loin de là, à savoir des institutions qui d’abord et avant tout entretiennent une domination de classe (il y aurait une foule de travaux en sciences sociales, ou en économie à citer pour étayer ce point de vue)

Au sujet de la surdité institutionnelle, pour ce qui est du maintien de l’ordre brutal lors du mouvement des Gilets Jaunes et des mouvements sociaux plus généralement, des travaux de sociologie de la police ont défendu cette idée : suite au « traumatisme » de 1995 pour les gouvernants qui ont du reculer face à la rue, les gouvernants suivants finissent par adopter des positions inflexibles vis-à-vis des mouvements sociaux, qui sont une autre expression de la démocratie, qui ne se réduit nullement au jeu électoral. Ici la surdité institutionnelle est telle que la violence peut aisément s’expliquer, comme pis-aller (Jobard, Fillieule 2020).

L’époque est celle d’un néolibéralisme autoritaire, ou des réformes pro-business, pro-marché, avant tout au service des classes possédantes (Duménil, Lévy 2004) sont mises en place (alors que les politiques néolibérales sont largement réfutées par bien des travaux en économie) et ceci de façon autoritaire si des oppositions se manifestent (à ce sujet, le mouvement des Gilets Jaunes est très révélateur) (Biebricher 2019 ; Chamayou 2018 ; Dardot Laval 2009).

Dans de telles conditions, que peut-on attendre des institutions et des stratégies non-violentes ?

De manière générale, j’aurais tendance à me démarquer de votre traitement de la violence dans la mesure où je pense qu’une approche moins normative (même si vous mobilisez certains travaux de sciences sociales), et plus en phase avec les sciences humaines et sociales, donc plus descriptive, serait plus à même de cerner la violence, et ce de façon scientifique. Par la suite, des prises de positions plus normatives pourraient être envisagées, avec peut-être plus de pertinence.

Alexandre T. 

 

Bibliographie :

 

T. Biebricher. The Political Theory of Neoliberalism. 2019

 

G. Chamayou. La société ingouvernable. 2018

 

P. Dardot, C.Laval. La nouvelle raison du monde. 2009

 

G.Duménil, D.Lévy. Capital Resurgent. 2004

 

F.Jobard, O. Fillieule. Politiques du désordre. 2020

 

A. Johnson, T.Earle. The Evolution of Human Societies. 2000

 

G. Mauger. L'émeute de novembre 2005 : Une révolte protopolitique. 2006

 

S. Pinker. Le Triomphe des Lumières. 2018.

 

S.Tang. The Social Evolution of International Politics. 2015

 

S. Tang. On Social Evolution. 2020

 

P. Sastre. La domination masculine n’existe pas. 2015

 

M. Weber. Economie et Société. [1922]. 2003

La violence (une critique de mon livre)
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16 juillet 2021 5 16 /07 /juillet /2021 11:12

Jean-Louis Comoli  Après nous le déluge A0C, le 16 juillet 2021

 

 

Après ? Mais d’abord avec, avec nous, en notre présence et sous notre action et selon nos responsabilités, les déluges commencent de couvrir la surface du globe – il faut entendre par-là tout ce qui brûle les terres et tout ce que vomissent les mers, tout ce que le dégel généralisé va libérer de miasmes nouveaux à force d’être anciens. Il n’est pas dans mon propos de redire ici, pour la millième fois, ce que se sont échinés à dénoncer tous les systèmes d’alerte météo et géologique, je voudrais simplement souligner qu’au temps des images ces débordements sont filmés, jusque par les téléphones portables des voisins, et que les images en sont diffusées désormais chaque soir et même toute la journée sur les bulletins et les chaînes d’information. Ça circule. Qui peut encore dire sous nos latitudes qu’il « ne savait pas » ?

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À ce point répété, le spectacle – car il s’agit d’un spectacle, nouveau, inédit, inouï, et fort spectaculaire – serait devenu aussi banal que les images sur le vif des villes inondées, des routes fracassées, des marques insolentes laissées par les tempêtes, s’il ne gagnait chaque mois en ampleur et en étendue. La Sibérie chauffe, le Nord-Ouest du Canada est en flammes, et depuis des années la Californie brûle. La multiplication obligée de ces images de désastres sur les petits écrans du monde entier semble ne déclencher aucun phénomène de saturation : Encore ! Encore des tsunamis, des incendies de forêts, des cours d’eau asséchés, encore, encore ! Une sidération plutôt qu’une saturation. La grande peur mais en même temps la sourde joie de voir la révolte des éléments faire vaciller toutes les puissances plus sûrement que ne purent le faire grèves et manifestations.

La médiation des images du monde par les écrans, cela a été dit et redit depuis Guy Debord, nous laisse face à notre inaction forcée, à nos impuissances. Les acteurs, sauveteurs et victimes, sont sur l’écran ; les spectateurs, dans la salle-à-manger. Il y a des pompiers, des Canadairs, il y a, il y a… il y a d’autres nous-mêmes pour s’en occuper. À ceci près qu’eux non plus ne peuvent pas grand-chose et que leur relative mais patente inefficacité ne peut que renvoyer à la nôtre. Les images du désastre jouent à contre-pied : elles manifestent la preuve visible que la catastrophe est en cours, mais elles en confirment la toute-puissance et notre toute-faiblesse. L’effarant spectacle des incendies multipliés par eux-mêmes coupe le souffle et satisfait aussi notre appétit d’images inimaginables.

Pourtant, entre l’écran domestique et la famille qui le regarde, c’est comme si le contact avait été coupé. Sommes-nous dans le même monde que les écrans ? Bien que chez moi, l’écran est ailleurs. Il est écrit dans un coin du rectangle que ce que nous voyons est « en direct », mais ce « direct », parvenant jusqu’à nous instantanément, est pourtant déjà de l’indirect, puisque cadré. Les boules du billard s’entrechoquent, mais nous ne sommes pas sur le tapis : nous le voyons dans un cadre qui le met à part. À chaque chose, sa place. Ici, le repas ; là-bas, que ce soit dans l’Aude ou le Saskatchewan, l’enfer.

Sans quitter l’horizon de Debord, comment ne pas comprendre cette situation d’observateur-impliqué-sans-être-engagé – la télé n’est pas le terrain – comme une manifestation supplémentaire du grand-œuvre de séparation que le Capital a lancé dès ses premiers gestes et qu’il a accentué depuis (le taylorisme, le travail aux pièces, le management, le credo néolibéral…) et qui, toujours, revient à couper le travailleur (comme le citoyen) de ses propres ressources, de ses capacités de pensée logique, de son expérience, de son histoire, pour en faire un être jeté dans le flou démoli de nos sociétés – alors que nous sommes pour elles des problèmes plus que des solutions ? Ce principe de séparation affecte tous les registres de ce que nous pourrions avoir en commun. La liste en est longue, peut-être interminable, ouverte sûrement à d’autres entrées.

Les ouvriers ont été expatriés, remplacés par des travailleurs venus d’ailleurs, des usines ont fermé, d’autres ont été transférées vers d’autres cieux, ont employé d’autres « personnels ». Nous voyons sur nos écrans se manifester, semaine après semaine, la disparition de l’histoire des luttes sociales. Séparé de son outil, de son lieu de travail, de la mémoire des batailles qu’il a pu mener, l’ouvrier a été peu à peu privé de sa propre histoire, donc, et de son expérience personnelle, devenue intransmissible. Une vie pour rien.

Rendre le monde inhabitable, invivable, ingouvernable et même incompréhensible, voici le brillant résultat auquel le Capital a fini par parvenir.

Le taylorisme, principe de découpage d’une tâche en une série de gestes séparés, fait que le travailleur ne peut plus percevoir ni ressentir la logique des enchaînements, et moins encore le but de l’opération. Comme dans le génial One Week de Buster Keaton (1920), la porte est posée avant les escaliers. La finalité d’un travail (construire une Ford T par exemple), sa pertinence, son utilité sociale, son but effectif, la succession des raccords qui le permettent, tout cela échappe, on le sait bien, à qui est rivé à son poste de travail sur la chaîne ; l’unité de ses actions lui échappe, il est constamment confronté à sa propre dislocation, à l’éclatement de ses repères.

Le sachant ou non, mais le voulant à coup sûr, il s’agit bien pour l’encadrement et la direction des industries d’égarer la main d’œuvre. L’ouvrier qui ne comprend plus rien devient une sorte de machine. Revoir pour le plaisir Les Temps modernes, de Chaplin (1936). Un monde en miettes. Seule la hantise du profit peut se satisfaire d’une pareille défaite de la mise en forme du monde et des relations entre vivants.

Rendre le monde inhabitable, invivable, ingouvernable et même incompréhensible, voici le brillant résultat auquel le Capital a fini par parvenir. Maintenant que c’est aux trois-quarts fait, que les plus déments milliardaires ajustent des fusées pour Mars, que le secours du numérique et de la numérisation de toute chose a démontré son incapacité à contrer des phénomènes aussi élémentaires que la fonte des glaciers et la submersion des icebergs — et ceci à une tout autre échelle que celle des big data — que reste-t-il à l’armada des spéculateurs et profiteurs de la croissance des inégalités ? Ouvertement dit, à maximiser les profits, c’est-à-dire à minimiser les vies. Basta.

Même constat pour tous les autres registres de la vie de chacun : que devient son travail ? Pourquoi habite-t-il ici et pas plus près de son usine ou de son bureau ? pourquoi ses voisins lui sont-ils encore inconnus ? Pourquoi ne comprend-il plus ce que ses enfants apprennent à l’école ? Et que fait-on du fermier accroché à sa ferme ? On le mène plus ou moins brutalement à la ruine, au départ, à la mort. Il se trouve, parenthèse, que le cinéma, encore lui, a témoigné de cette dissolution des liens, de l’abrasement des histoires collectives, de la déréliction des familles jetées sur les routes : Les Raisins de la colère, de John Ford (1940), suffit à en témoigner. Tout y est, et aussi la rage impuissante du fermier expulsé (Henry Fonda).

Séparer chaque vie de ce qui naît et grandit avec elle. Faire le vide autour de chaque vivant. Isoler, délier, défaire, décomposer, diviser, les mêmes opérations élémentaires qui sont celles de l’analyse, de la distinction, de la capacité de nommer et de différencier, sont, dans un étrange parallélisme, celles de la destruction des liens familiaux et sociaux, des habitudes et des compétences acquises. Comme disait l’autre : vous avez votre master d’anthropologie ou de lettres classiques, vous êtes au chômage, allez donc faire le garçon de café, il y a des besoins sur les trottoirs. Qui ne souhaite vivre selon une certaine logique des choix, selon quelques-uns, au moins, de ses goûts et préférences ? Qui rêve du destin d’une boule de loto bousculée dans une sphère translucide ? Mais non : l’orientation sera celle commandée par le marché, voilà tout.

Pendant que j’écris ces trois lignes, des mines sont creusées, des barrages édifiés, des conteneurs chargés sur de gros porteurs, des arbres abattus, des abeilles rendues absurdes, des déchets persistants dans leur radioactivité… Voilà qui fait de nous des êtres privés de liberté, des prisonniers au service des intérêts de quelques-uns des plus gros dominants. On exploite à tour de bras. Les femmes et les hommes, les forêts et les sols, les mers et les rivières. Écrivant à la fin de la dernière guerre mondiale, Hannah Arendt voyait juste : le modèle du camp de « concentration », et notamment du camp de toile comme en gère l’O.N.U. depuis la Naqba, ici et là, ce modèle est devenu général. La tente aura remplacé les quatre murs familiers. On n’en finit pas de sortir de chez soi, d’être expulsé, transféré, relogé, abrité. L’antique lien entre ce qui se nomme encore la demeure et celles et ceux qui l’occupent, souvent depuis plusieurs générations, ce lien est défait, dénoué, l’errance est devenue domiciliaire.

Rien, le constat est affreux, rien n’échappe à la frénésie cumulative des Prédateurs d’aujourd’hui. Et j’ai toujours beaucoup de mal à comprendre et à accepter que tant de mes contemporains ne cassent pas la baraque où – tout juste et non sans mal – ils survivent.

Où en sommes-nous ? La politique, partout dans le monde remplacée par la corruption, le clientélisme, le gangstérisme et la dictature, est devenue un épouvantail, un énigmatique souvenir du passé, une ruine muette. Le mot « démocratie » tourne encore dans nombre de bouches d’ordre, mais jamais, nulle part, nous n’en avons été aussi éloignés. Les dominants en brandissent encore le drapeau, mais il se voit de plus en plus que ce n’est que pour en dissimuler la lamentable dépouille. Voilà, pour moi, qui restaure la nécessité d’un gauchisme. La politique autrefois dite « traditionnelle » n’existe plus nulle part dans les faits. Elle est remplacée, globalement, par l’exercice de la force pure, sans contradiction ni contrôle, absolue et fière de l’être. D’une part.

Et d’autre part, la climatologie a pris les allures d’une opposition globale à une catastrophe globale. Nous voyons les médias dominants recourir plus souvent aux climatologues qu’aux politologues, lesquels, il est vrai, n’ont plus rien à dire de neuf. La nature se soulève jour après jour, ou bien s’affaisse. La « bonne » place de l’homme sur cette terre est maintenant gâchée. Que valent les hésitations d’un dictateur (je ne parle pas du P.C.C. mais de tous les autres) devant les variations d’un virus ? Les plans d’investissement et de relance frénétiquement promis par les agents du Capital néolibéral, que peuvent-ils devant la flambée des villages et villes au Canada, et même au Nord du Canada, région historiquement d’assez grand froid ? Les experts en perdent langue.

Le Tout-puissant numérique n’aura encore créé qu’un monde imaginaire passant pour vrai, mais inconsistant devant les déchaînements de la nature.

Cette fois, le slogan mao des années 50, qui valait ce qu’on voulait : « une étincelle peut mettre le feu à toute la plaine », est à prendre au premier degré. Que dire du climat qu’il ne dise lui-même, on ne peut plus clairement ? Nous sommes dans la plus stérile des réitérations. À force de tourner en boucle, les médias dominants perdent la tête. Voilà qu’on nous vend du Zemmour, il est vrai encore assez timidement, comme si « aller jusque-là » revenait à clouer le cercueil de la politique dite « traditionnelle », ce qui ne saurait se faire autrement que dans la plus grande discrétion. Nos chroniqueurs ont besoin de marionnettes pour animer le cirque. Zemmour à lui seul fait un peu dernière cartouche. Aussi longtemps que son raccord avec l’Action Française des années 30 n’est pas officialisé, il sera un interlude.

Au moins, il nous reste à reconnaître ce qui crève les yeux, qu’un lien puissant, énergique, radical, noue les soubresauts du néolibéralisme et le mouvement vers le Nord des Sahara du Sud. Cette bascule est en effet le nouveau terrain politique, qui s’est déplacé du social vers l’idéologique et de celui-ci vers les sciences atmosphériques et la virologie. Nous commençons à comprendre que la lutte indispensable et constante contre les effets puants du néolibéralisme ne se limite pas – tout en les incluant – à l’emploi, aux salaires, aux conditions de travail, à la fermeture d’usines, à la dignité des employés, à la rescousse aux femmes menacées de mort, bref, à tout ce qui nous occupe en manifestations, pétitions, protestations ; qu’elle s’est déplacée désormais du côté des forêts pillées, des terres spoliées, des mers polluées, des animaux hagards, des « réserves naturelles » qui fondent comme neige au soleil. Autrement dit, jusque chez nous.

La dimension commune à ces catastrophes en cours est de mettre l’accent sur nos impuissances. Il y a longtemps que l’humanité ne s’était sentie tant dépourvue. Le monde numérique est en mesure de simuler des tsunamis par des truquages réalistes, on en voit dans les films, dans les jeux vidéo, dans les publicités même, mais aucun calcul, aucune numérisation, aucun big data, aucune centrale nucléaire n’est à même de résister au réel d’une secousse tellurique ou d’un tsunami. Bien qu’il conforme sans cesse nos réalités, nos manières de vivre et de penser, le Tout-puissant numérique n’aura encore créé qu’un monde imaginaire passant pour vrai, mais inconsistant devant les déchaînements de la nature, qui sont précisément l’effet, entre autres, de la numérisation du monde. Les banques alors seront ensablées, les Bourses chauffées à blanc, les chargés d’affaires iront en boubou rejoindre les derniers agioteurs dans leurs piscines vidées au nom d’une discipline collective.

Déplacement du front des luttes, c’est ce qu’il faut bien admettre désormais. Nous ne sommes plus de part et d’autre d’une barricade, nous sommes la barricade bientôt emportée par la levée des eaux. Quel slogan lancer au ciel quand je vois un bout de glacier de la taille de la Principauté de Monaco s’abîmer dans les eaux glacées qui, autrefois, l’avaient formé ? La carte du monde exige quelques changements, elle aussi ! Il ne s’agit plus de « s’indigner » (c’est déjà fait) mais de se montrer dignes d’affronter ce présent qui se parle toujours au futur et nous menace. Le nommer « catastrophe » ne suffit pas. Le lexique lui aussi doit changer, a changé. Or, Marx l’avait bien annoncé, si les révolutions des siècles passés se vêtaient encore des symboles de la précédente, ce ne sera pas le cas cette fois. Rien dans notre histoire, sans remonter à la préhistoire, rien n’avait préfiguré l’inédit absolu qui se présente, qui nous met au présent.

Les bonnes vieilles questions sont à ranger dans les Muséums. Le « Que faire ? » de Lénine se pose toujours et s’est même aiguisé, mais la réponse a cinquante ans de retard. La politique des dites « grandes puissances » réduites à une grande impuissance prend des mesures qui, peut-être, auraient été efficaces il y a un demi-siècle. Non seulement la prise de conscience est tardive, paresseuse, cynique (continuer à exploiter ce qui disparaît), mais elle ne peut plus embrayer sur le Réel qui commence à s’imposer (pourquoi est-ce que je songe tout à coup aux Aventures d’Arthur Gordon Pym, d’Edgar Poe, et notamment à sa toute fin où se profile… la Mort ?).

La littérature a déjà testé les limites du monde habité. Elle en est revenue horrifiée. Nous y sommes. Redisons-le : « Le monde va changer de base ». Paroles prophétiques. Mais qu’en est-il de la suite ? « Nous ne sommes rien, soyons tout ! » : voilà qui risque d’être renversé en son contraire : nous nous croyions tout, nous ne sommes rien. Nous avons su, nous, gauchistes non-islamistes, que la volonté de puissance qui conduit à « tout » accaparer est du côté de l’insatiable appétit du Capital, prédateur aveugle, machine qui tourne toute seule, qui détruit sans savoir, sans comprendre, sans même considérer les ravages qu’elle fait.

Par nature, par besoin, parfois par ruse, le pouvoir ignore ses limites et terrifie ses opposants en leur faisant croire que, de limites, il n’en a pas. La force des faibles ne tient qu’à revenir à la charge, reposer les questions, interroger les réponses, pour qu’au bout de ces sommations les puissants soient contraints de fixer les limites de leur pouvoir, les frontières de leurs territoires, eux qui ne pensent qu’espaces vierges à conquérir. Rendre évident que l’ubris capitaliste est aveugle, sourde et balbutiante et qu’elle ne rêve que de rabaisser les beautés du monde à son niveau lamentable, oui ! Ce constat vient fort tard, mais peut-être pas trop tard.

D’ailleurs, si la maison brûle, le poste de télé sera le dernier meuble que nous tenterons de sauver. Parce que ce sera ici, et que nous n’aurons plus le temps de repousser le chaos ailleurs. Nous serons dans le réel du direct. Ici et maintenant.

Jean-Louis Comolli

RÉALISATEUR ET ÉCRIVAIN

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29 avril 2021 4 29 /04 /avril /2021 10:08
L’écologie devient menaçante, le pouvoir la caricature

 

 

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13 mars 2021 6 13 /03 /mars /2021 16:53

 

 

 

 

 

Abdelwahab Meddeb est un écrivain, poète et animateur de radio franco-tunisien. Abdelwahab Meddeb grandit dans une famille traditionnelle, conservatrice et profondément pieuse.

https://www.liberation.fr/planete/2006/09/23/l-islamisme-est-la-maladie-de-l-islam-mais-les-germes-sont-dans-le-texte_52174/

 

Abdelwahab Meddeb: «L'islamisme est la maladie de l'islam, mais les germes sont dans le texte»

 

ADONIS . http://www.slate.fr/story/117143/poete-adonis-requisitoire-religion-musulmane

 

Le réquisitoire du grand poète syrien Adonis contre la religion musulmane

 

Zineb El Rhazoui (en arabe : زينب الغزوي, prononcé [zinæb əl ɣæzwi]1 en arabe marocain ou [zineb el ʁazwi] en français), ou simplement Zineb comme nom de plume, est une écrivaine, journaliste et militante des droits de l'homme franco-marocaine, née le 19 janvier 1982 à Casablanca.

 

 

Abnousse Shalmani

En 1985, Abnousse Shalmani et ses parents fuient l'Iran et son régime khoméiniste pour se réfugier en France. Après des études d'histoire, elle s'oriente vers le journalisme. Elle réalise des courts métrages, participe à des émissions de télévision et à des débats sur la condition de la femme en Iran et le port du voile en France2.

 

« Si les femmes avaient davantage de mémoire, il serait beaucoup moins aisé pour des idées traditionalistes et réactionnaires de prendre les habits de la liberté individuelle et faire passer le refus du voile […] pour de l'islamophobie. […] Parce que non, il n'y a rien de honteux, de répréhensible, de sale dans un corps de femme. Il n'y a rien dans ce corps qui justifie de lui imposer un code vestimentaire, […] de le recouvrir de pudeur tout en se réclamant de la liberté. »

 

 

Kamel  Daoud https://www.franceculture.fr/emissions/linvitee-actu/kamel-daoud

 

 

Abdennour Bidar :  Inspecteur général de philosophie

http://abdennourbidar.fr/      Réparer ensemble le tissu déchiré du monde…

“Pour les musulmans, l’athéisme reste un tabou complet”

https://www.telerama.fr/idees/abdennour-bidar-pour-les-musulmans-l-atheisme-reste-un-tabou-complet,121765.php

 

 

Remi Brague

Rémi Brague (né le 8 septembre 1947 à Paris) est un philosophe et historien de la philosophie français.

Spécialiste de la philosophie médiévale arabe et juive, et connaisseur de la philosophie grecque, il enseigne la philosophie grecque, romaine et arabe à l'université Paris I Panthéon-Sorbonne et à l'université Louis-et-Maximilien de Munich. Il est membre de l'Institut de France.

 

Rémi Brague au sujet de la Charia : "C’est négliger que pour l’islam c’est le plus important." - YouTube

 

Pierre-André Taguieff

https://www.editions-observatoire.com/content/Limposture_décoloniale

 

 

https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/02/12/histoire-du-jihadisme-d-atmosphere-par-gilles-kepel_6069672_3232.html

 

« Le Prophète et la pandémie » : histoire du « jihadisme d’atmosphère » par Gilles Kepel

 

 

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11 mars 2021 4 11 /03 /mars /2021 14:27
A propos de la violence

Il y a un an j’ai publié mon  livre  sur la violence en réaction à celui de Steven Pinker (« La part d’anges en nous. Histoire de la violence et de son déclin », 2017) qui tendait à prouver que le monde est - tendantiellement- de moins en moins violent, notamment depuis 1945, et surtout bien sûr dans les pays dont les institutions démocratiques sont les plus développées.

 

En résumé, je soutenais contre Pinker  que la violence n’a pas diminué  (même si les guerres et les homicides diminuent) mais qu’elle change constamment de visage, tel un « virus mutant ».

 

Pourquoi  cette violence  aujourd’hui chez certains adolescents, en France comme  aux Etats-Unis (par exemple) ?

Elle est évidemment multi-factorielle et des faits divers « choquants » n’autorisent aucune extrapolation.

Cependant, en écoutant et en lisant sociologues Thomas Saubadet,  (« Le capital guerrier »)  et psychiatres (Maurice Berger par exemple), je peux réitérer  mes hypothèses :

On a une jeunesse qui est  pour  le moins déboussolée  - faute de cadres autoritaires précis,   pour certains d’entre eux,  sans doute, - mais aussi et surtout faute de perspectives politiques enthousiasmantes ou même simplement crédibles. Où sont les projets révolutionnaires ou même émancipateurs qui mobilisaient et canalisaient les énergies dans les années 60? Comment ne pas être horrifiés par le constat d’une inégalité  mondiale de plus en plus obscène?

Consommation, compétition symbolique, codes « viriliste »  et  réseaux sociaux viennent  peut-être combler ce vide de projets et d’avenir.
Les « vieux » font preuve d’un impuissance et d’un infantilisme navrant (incapacité de surmonter les divisions en ce qui concerne les « progressistes » par exemple)
Moyennant quoi les jeunes (certains jeunes) se réfugient dans un monde virtuel, parallèle, dont une des principales caractéristiques est de déréaliser la violence,  un refuge qui, pour parler comme Arendt,  les dispense de « penser ». Comment comprendre qu’un jeune qui bat un jeune fille à mort et la jette dans la Seine n’ait pas pris en compte les conséquences éventuelles de son acte ( « En fait du coup elle est morte »).

… Vous voyez je n’incrimine pas les jeunes. Je m’en prends à Steven Pinker qui n’a rien compris du monde dans lequel nous évoluons. Et je m’en prends à nous, les adultes, qui sommes incapables de proposer à nos enfants d’autres perspectives que le choix entre le gentil libéral (Macron) et l’horrible fasciste populiste. On comprend qu’ils préfèrent fuir l’univers de leurs  parents et s’enfermer dans un monde ludique, mais  mentalement délétère.

J’arrête là parce que personne ne lit les posts longs..

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4 mars 2021 4 04 /03 /mars /2021 11:35

« Nicolas Sarkozy est-il un justiciable comme les autres « ?

Voici ce que je voulais dire hier France culture (« Le temps des débats ») Pas eu le temps

 

 

« Le droit est le seul moyen légitime de pacifier les relations entre les hommes …il est le  préalable de tout projet politique ».

Quel principe permet de réconcilier en république ole droit et la politique selon Kant  (le Projet de paix perpétuelle, Appendice) Celui-ci par exemple  :

 

Le principe de  la publicité   : « Une maxime qui doit rester secrète pour être efficace ne peut par principe recevoir le consentement des des citoyens »    Inversement: « Toutes les maximes qui requièrent la publicité ( pour éviter qu’elles ne manquent leur but » )  s’accordent  à la fois au droit et à la politique » Kant, Vers la paix perpétuelle (Exemple : un ancien chef d’Etat peut-il se servir de ses réseaux pour obtenir le suppression de preuves  en lien  avec des exactions éventuelles sur lesquelles la justice est en train d’enquêter )

 

 

 

 

 

  "L’adage Fiat justicia pereat  mundus, devenu proverbial, au ton   certes pompeux, mais néanmoins vrai et qui signifie en clair:  : « Que règne la justice, même si tous les coquins du monde devaient en périr », est un vaillant principe de droit qui coupe court à toutes les voies obliques qu’inspirent   la ruse et la violence » Kant , Vers la paix perpétuelle.

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30 décembre 2020 3 30 /12 /décembre /2020 21:08
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19 décembre 2020 6 19 /12 /décembre /2020 14:07

https://www.forbes.fr/femmes-at-forbes/les-pays-ou-lon-vit-le-mieux-sont-diriges-par-des-femmes/

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21 octobre 2020 3 21 /10 /octobre /2020 11:22

“La vraie division humaine est celle-ci: les lumineux et les ténébreux.

Diminuer le nombre des ténébreux, augmenter le nombre des lumineux, voilà le but. C’est pourquoi nous crions: enseignement! Science! Apprendre à lire, c’est allumer du feu; toute syllabe épelée étincelle.”

Victor Hugo, Les Misérables

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20 octobre 2020 2 20 /10 /octobre /2020 11:29
Face à la violence, faut-il désespérer de l’humanité ?

 

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  • : Hansen- love over-blog
  • : Professeur de philosophie. Auteure de "Cours particulier de philosophie" (Belin), "Oublier le bien, nommer le mal" (Belin), "L'art de Aristote à Sonic youth" ( Collection "Les contemporaines" ) Simplement Humains(Editions de l'Aube, 2019)
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