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3 mai 2013 5 03 /05 /mai /2013 09:32

 

 Hannah Arendt

 

 Pour Hannah Arendt, la disparition  ou l’affaiblissement de la philia liée à  la modernité est le signe de l’effacement du « monde commun ».  

 

« Nous avons coutume aujourd’hui de ne voir dans l’amitié qu’un phénomène de l’intimité, où les amis s’ouvrent leur âme sans tenir compte  du monde et de ses exigences. Rousseau […] est le meilleur représentant de cette conception conforme à l’aliénation de l’individu moderne qui ne peut se révéler vraiment qu’à l’écart de toute vie publique, dans l’intimité et le face à face. Ainsi nous est-il difficile de comprendre l’importance politique de l’amitié. Lorsque, par exemple, nous lisons chez Aristote que la philia, l’amitié entre citoyens, est l’une des conditions fondamentales du bien-être commun, nous avons tendance à croire qu’il parle seulement de l’absence de factions et de guerre civile au sein de la cité. Mais pour les grecs, l’essence de l’amitié consistait dans le discours. Ils soutenaient que seul un « parler-ensemble » constant unissait les citoyens en une polis. Avec le dialogue se manifeste l’importance de l’amitié, et de son humanité propre. Le dialogue (à la différence des conversations intimes où les âmes individuelles parlent d’elles-mêmes) , si imprégné qu’il puisse être du plaisir pris à la présence de l’ami, se soucie du monde commun, qui reste « inhumain » en un sens très littéral, tant que les hommes n’en débattent pas constamment. Car le monde n’est pas humain pour avoir été fait par des hommes, et il ne devient pas humain parce que la voix humaine y résonne, mais seulement lorsqu’il est devenu objet de dialogue. Quelque  intensément que les choses du monde nous affectent, quelque profondément qu’elles puissent nous émouvoir et nous stimuler, elles ne deviennent humaines pour nous qu’au moment  où nous pouvons en débattre avec nos semblables. Tout ce qui ne peut devenir objet de dialogue peut bien être sublime, horrible ou mystérieux, voire trouver voix humaine à travers laquelle résonner dans le monde, mais ce n’est pas vraiment humain. Nous humanisons ce qui se passe dans le monde et en nous en en parlant, et, dans ce parler, nous apprenons à être humains »
Vies politiques (1955) ED. TEL, Gallimard, p 34, 1974. Traduction Jacques Bontemps.

 

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commentaires

T
<br /> Dialogue....et plus.  Penser à la verticale.<br /> <br /> <br /> L'Europe et sa clique malfaisante semblent ne pas avoir compris ou ne pas vouloir admettre que les efforts et sacrifices d'un peuple en vue de défendre une cause ne sont justifiés que si cette<br /> cause n'est pas étrangère au peuple. Autrement dit, seule la démocratie justifie cet élan collectif.  Si cette cause, si les intérêts sont seulement ceux d'une caste de privilégiés, rien<br /> n'oblige le peuple, selon le principe démocratique, à faire quelque chose pour eux.  <br /> <br /> <br /> Sinon il reste la panoplie de moyens moins reluisants pour contraindre un peuple à se sacrifier.  C'est vers cela qu'on va.<br />
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A
<br /> C'est la raison pour laquelle Hannah Arendt, au travers de son analyse du totalitarisme et de la condition de l'homme moderne en particulier, de "l'histoire" et du "travail" en somme et si tant<br /> est que l'on puisse résumer son oeuvre et sa théorie politique, prône un retour aux traditions (aristotéliciennes peut -être et sans se priver pour autant de son analyse sur l'esclavagisme<br /> antique). Le fil de la "vita activa" étant tout à fait essentiel dans la pensée arendtienne. A commencer par celui de considérer, en lien étroit alors avec Aristote et son zoõn politikon (animal<br /> social mais aussi, de facto, animal politique), la nécessité donc dans la politique d'un engagement pluraliste. Hannah Arendt est sans conteste une théoricienne politique de tout premier plan,<br /> qui sait mettre à profit sa grande connaissance de l'histoire et de la politique tout en recherchant la sagesse et la vérité.<br />
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L
<br /> <br /> merci!<br /> <br /> <br /> <br />
C
<br /> l'action ne suffit pas à l'homme éprouvant des émotions et autres sensations se transformant par le processus de la pensée en idées ,impressions ,interprétations etc ...pour le libérer de la<br /> charge existentielle résultant de tout cela . Il a effectivement besoin de parler , de formuler par des mots tout ce qu'il sent et ressent en lui, ses idées et ses pensées, et c'est bien cela qui<br /> fait l'humanité d'un individu .Le dialogue est alors un échange ,un partage , une coopération , au même titre qu'une action commune , que la participation individuelle au devenir d'une<br /> collectivité . Et cela n'est possible que par l'existence préalable d'individualité , dans le sens de personnalité ,et c'est cette existence ,qui seule peut empêcher des systèmes totalitaires<br /> d'apparaître du fait d'individus n'éprouvant pas le besoin de se soumettre ,ni de soumettre les autres à leur besoin de domination .<br /> <br /> <br /> Car, comme le précise Arendt,il sagit bien de systèmes apparaissant d'eux-mêmes à partir du besoin des individus de se soumettre , d'obéir , et donc de disposer de maîtres à penser .Les individus<br /> à l'origine des idéologies ne sont que des participants inconscients de ce à quoi ils participent en tant que jouets de leur propre besoin de se soumettre à une vision du monde, au sein de<br /> laquelle ils peuvent jouer un rôle, donnant avant toute autre chose ,un sens à leur propre existence .<br /> <br /> <br /> Car comme le précise Arendt<br />
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