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2 novembre 2010 2 02 /11 /novembre /2010 18:15

Pour Nietzsche, l'Etat ment avec de fausses dents :

 

 

 

DE  LA NOUVELLE IDOLE


"Dans certains lieux du monde il existe encore des peuples et des troupeaux, mais pas chez nous, mes frères; chez nous il n'y a que des États. L'État? Qu'est-ce à dire? Allons! Ouvrez vos oreilles et je vais vous parler de la mort des peuples.
L'État, c'est le plus froid des monstres froids. Il est froid même quand il ment; et voici le mensonge qui s'échappe de sa bouche : "Moi, l'État, je suis le peuple".
Mensonge ! C'étaient des créateurs, ceux qui ont formé les peuples et déployé au-dessus de leurs têtes une foi et un amour; ils ont ainsi servi la vie.
Mais des destructeurs ont tendu des pièges à la multitude, c'est ce qu'ils appellent l'État; ils ont suspendu au-dessus de leurs têtes un glaive et cent appétits.
Si tant est qu'il y ait encore un peuple, il ne comprend rien à l'État et le hait comme le mauvais oeil, comme un péché contre la morale et le droit.
Je vous donne ce signe : tout peuple parle une langue particulière en matière de bien et de mal, et son voisin ne la comprend pas. Il invente pour soi un langage en matière de moeurs et de droit.
Mais l'État sait mentir dans toutes les langues du bien et du mal; et dans tout ce qu'il dit, il ment; et tout ce qu'il a, il l'a volé.
Tout est faux en lui; il mord avec de fausses dents, ce hargneux. Ses entrailles même sont fausses.
La confusion de toutes les langues du bien et du mal, voilà le signe que je vous donne; telle est la marque de l'État. En vérité, c'est un symptôme de la volonté de mourir. En vérité, c'est une invite aux prédicateurs de mort.
Il naît beaucoup trop d'hommes. L'État a été inventé pour ceux qui sont superflus.
Voyez-le, comme il les attire, ces superflus ! Comme il les avale et les mâche et les remâche!"
Ainsi parlait Zarathoustra

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