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11 mars 2021 4 11 /03 /mars /2021 14:27
A propos de la violence

Il y a un an j’ai publié mon  livre  sur la violence en réaction à celui de Steven Pinker (« La part d’anges en nous. Histoire de la violence et de son déclin », 2017) qui tendait à prouver que le monde est - tendantiellement- de moins en moins violent, notamment depuis 1945, et surtout bien sûr dans les pays dont les institutions démocratiques sont les plus développées.

 

En résumé, je soutenais contre Pinker  que la violence n’a pas diminué  (même si les guerres et les homicides diminuent) mais qu’elle change constamment de visage, tel un « virus mutant ».

 

Pourquoi  cette violence  aujourd’hui chez certains adolescents, en France comme  aux Etats-Unis (par exemple) ?

Elle est évidemment multi-factorielle et des faits divers « choquants » n’autorisent aucune extrapolation.

Cependant, en écoutant et en lisant sociologues Thomas Saubadet,  (« Le capital guerrier »)  et psychiatres (Maurice Berger par exemple), je peux réitérer  mes hypothèses :

On a une jeunesse qui est  pour  le moins déboussolée  - faute de cadres autoritaires précis,   pour certains d’entre eux,  sans doute, - mais aussi et surtout faute de perspectives politiques enthousiasmantes ou même simplement crédibles. Où sont les projets révolutionnaires ou même émancipateurs qui mobilisaient et canalisaient les énergies dans les années 60? Comment ne pas être horrifiés par le constat d’une inégalité  mondiale de plus en plus obscène?

Consommation, compétition symbolique, codes « viriliste »  et  réseaux sociaux viennent  peut-être combler ce vide de projets et d’avenir.
Les « vieux » font preuve d’un impuissance et d’un infantilisme navrant (incapacité de surmonter les divisions en ce qui concerne les « progressistes » par exemple)
Moyennant quoi les jeunes (certains jeunes) se réfugient dans un monde virtuel, parallèle, dont une des principales caractéristiques est de déréaliser la violence,  un refuge qui, pour parler comme Arendt,  les dispense de « penser ». Comment comprendre qu’un jeune qui bat un jeune fille à mort et la jette dans la Seine n’ait pas pris en compte les conséquences éventuelles de son acte ( « En fait du coup elle est morte »).

… Vous voyez je n’incrimine pas les jeunes. Je m’en prends à Steven Pinker qui n’a rien compris du monde dans lequel nous évoluons. Et je m’en prends à nous, les adultes, qui sommes incapables de proposer à nos enfants d’autres perspectives que le choix entre le gentil libéral (Macron) et l’horrible fasciste populiste. On comprend qu’ils préfèrent fuir l’univers de leurs  parents et s’enfermer dans un monde ludique, mais  mentalement délétère.

J’arrête là parce que personne ne lit les posts longs..

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commentaires

Jonas 12/03/2021 06:52

Non , Laurence , je lis tous vos posts quelle que soit la longueur !

laurence hansen-love 12/03/2021 12:38

merci Jonas !