Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 20:55

 

 

a-merah.jpg

 

J'ai eu mille fois cette discussion avec mes élèves, qui soutiennent souvent que l'on n'est pas libres, puique l'on est le produit de notre environnement familial, religieux etc..

 En philosophie, on appelle cela le "déterminisme". Puisque mon comportement, mes convictions s'expliquent par mon enfance et mon  milieu, donc je ne suis pas libre (disent-ils).
 A cela je réponds que nous ne sommes pas complètement pré-déterminés par notre milieu , seulement partiellement: le déterminisme n'exclut donc pas la liberté.
 D'autre part, il existe des cas, certes exceptionnels, où un individu tourne le dos à son enfance, à son milieu, à tout ce qui l'a formé,  aussi puissantes qu'aient pu être ces influences.
 Il suffit d'un cas pour en faire la démonstration.
 L'histoire de Abdelghani Merah est exemplaire!

 Quel courage, quelle force de caractère  pour faire ce qu'il fait (y compris renier père et mère! )

 C'est assez extraordinaire pour être relevé!

 

http://www.lexpress.fr/actualite/societe/abdelghani-merah-je-veux-denoncer-la-haine-dans-laquelle-on-a-ete-eleves_1185379.html

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by laurence hansen-love - dans actualité politique
commenter cet article

commentaires

Duobrio 14/11/2012 11:05


Et aussi bon coup de pub en même temps pour la sortie d'un livre, non ?


Bien sûr, personne ne conteste que les propos de sa soeur sont intolérables, insoutenables, mais vous ne trouvez pas que "la méthode" employée est discutable, voire douteuse .....


La fin justifie t-elle les moyens ? 


 

laurence hansen-love 14/11/2012 21:10



Je suis ravie qu'on lui fasse de la pub!
 Quant à la méthode.. vis-à-vis de gens qui font l'apologie du meurtre d'enfants, je n'ai pas tellement d'états d'âme!



Tom 14/11/2012 01:51


Je suis d'accord mais ce que j'interroge c'est justement la capacité à produire soi-même ce déclic salvateur (ou non d'ailleurs ça peut marcher dans les deux sens). Dire qu'il y a liberté ne
résout pas une question : a t-on la liberté de s'affranchir tout seul du déterminisme ou certains éléments extérieurs nous permettent ils d'y échapper en y ajoutant sa propre volonté? Pour moi ça
change tout : dans un cas la liberté peut être utilisée par tout le monde (et les collègues de ce banquier sont tous coupables) dans l'autre certains vivent une expérience qui leur permet de
remettre en cause leur vision du monde et tous n'auront pas l'usage de leur liberté (et dans ce cas seuls certains autres banquiers auraient-pu suivre ses pas). Evidemment je ne dis pas qu'il n'y
a que des exceptions, on peut penser que certains de ces banquiers ont eu l'occasion de remettre en cause le déterminisme sur d'autre sujet (vision de la politique, féminisme, etc...)

laurence hansen-love 14/11/2012 21:02



oui, il n'y a pas égalité des chances...



thomas 13/11/2012 19:31


Laurence écrit :


"C'est vrai je suis très  freudienne "


Et on le sait, Freud se comparait à Copernic et Darwin, en prétendant être à l'origine d'une 3eme révolution :


 


« Un troisième démenti sera infligé à la mégalomanie humaine par la recherche psychologique de nos jours qui se propose de montrer au moi qu’il n’est seulement pas maître dans sa propre
maison, qu’il en est réduit à se contenter de renseignements rares et fragmentaires sur ce qui se passe, en dehors de sa conscience, dans sa vie psychique. » (Introduction à la psychanalyse)

bernard 13/11/2012 15:07


J'ai souvent lu lors de débat sur le
libre arbitre des commentaires de personnes qui soutiennent également souvent que l'on n'est pas libres, puique l'on est le produit de notre environnement familial, religieux, puisqu'on est
formaté tel un disque dur.


Mais c'est oublier la conscience et la
capacité à pouvoir mettre en relation une situation d'échec et tout un corpus idéologique à l'origine de cet échec, et remettre en cause ses idées pour peu qu'on veuille bien s'interroger sur les
causes de cet echec.


Il y a de nombreux exemples à part bien
sûr celui que vous citer, tel un ancien banquier de goldman sachs qui a fini par dénoncer ses méthodes. Bien sûr, tous ses anciens collègues n'ont pas suivi son chemin, mais la possibilité de se
remetttre en cause, de revoir ses dogmes existe.

laurence hansen-love 13/11/2012 17:32


évidemment!


Tom 13/11/2012 02:10


En effet!

Pas simple cependant cette histoire du déterminisme qui me taraude pas mal. Doit on louer ceux qui y échappent? Condamner ceux qui échouent (ou n'essayent même pas)? Les deux? Par exemple : si
Abdelghani est certainement un caractère et si son courage doit aujourd'hui être célébré est-ce uniquement une responsabilité individuelle ou est-ce que des rencontres (cette jeune fille juive
par exemple) et le rejet de sa famille elle-même ne lui a pas forcé la main? Y a t'il un acte volontaire, un rejet du déterminisme, dans le fait de tomber amoureux? Ou est-ce que certaines forces
sont plus "déterminantes" que la famille (une expérience traumatisante, un mentor -dans un sens positif ou non-, etc...). Je suis en train de lire l'autobiographie de Malcom X et j'avoue que ces
questions ne cessent de se poser à moi. J'ai quand même l'impression que ce qui forme un homme ce sont les rencontres et des événements qu'on ne provoque pas, et qu'au final on est balloté, sans
grande possibilité de prendre des décsions, sauf peut-être à quelques exceptions, dans quelques situations critiques qui ne sont pas données à tout le monde. Pour reprendre l'exemple de la
famille Merah : est-ce que Abdelghani aurait pu couper les ponts et se libérer de l'influence néfaste de sa famille sans ces coups de poignards? Sans ça il est possible qu'il n'ait pas eu ce
courage (évidemment ce n'est qu'une supposition).

Je ne renie pas la capacité qu'a l'homme de prendre des décisions mais simplement je ne pense pas que cette capacité ait une puissance suffisante pour condamner les individus qui n'échappent pas
à leur milieux. Le XVIIIème est une époque où le racisme, l'homophobie et la peine de mort étaient la norme. Parce que quelques individus éclairés y ont échappés (partiellement), et ont dénoncés
cet état de fait, doit-on condamner l'entièreté ou presque de l'humanité?
Est-ce que les "hommes libres" ne sont pas simplement de bons numéros tirés au sort parmi des milliers d'autres? Est-ce que le courage, l'abnégation, le travail ou tout autre qualité qui permet
d'échapper à sa condition ou à ses idées d'origine se suffit à lui même? Ou est-ce que la "chance" est indispensable?

Abdelghani Merah : Un Homme Libre?

laurence hansen-love 13/11/2012 17:12


Il faut postuler que nous sommes libres. Si vous pensez le contraire vous ne serez pas libres. Toute la philosophie est là pour nous en convaincre. Et d'abord Epictète