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2 septembre 2012 7 02 /09 /septembre /2012 17:39

Je suis ravie! Entièrement d'accord avec les propos de Vincent Peillon dans le JDD du 2 septembre 2012.
 Extraits:

 

"Je souhaite pour l'école française un enseignement qui inculquerait aux élèves des notions de morale universelle, fondée sur les idées d'humanité et de raison"

 

"Il existe une "laïcité intérieure" c'est-à-dire un rapport à soi qui est un art de l'interrogation et de la liberté. La laïcité consiste à faire un effort pour raisonner, considérer que tout ne se vaut pas, qu'un raisonnement n'est pas une opinion. Le jugement , ça s'apprend"

 

http://www.lejdd.fr/Societe/Education/Actualite/Vincent-Peillon-veut-enseigner-la-morale-a-l-ecole-550018

 

 (j'adorerais dispenser un tel enseigenment à  n'importe quel niveau! pourvu que l'on me le demande! en espérant  que cet enseignement  donnera lieu à une notation)

 

Espérons  que les grands manitous de l'hexaconcours auront la bonne idée de nous proposer la laïcité ou les droits de l'homme comme thème imposé cette année (ou la justice?)..

 ( j'aimerais aussi discuter avec mes collègues qui considérent  qu'ils  n'ont pas de légitimité  pour "imposer UNE  (laquelle?) morale... il y a là un beau sujet de débat)

 

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Published by laurence hansen-love - dans Education
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commentaires

Cécile Robillard 05/09/2012 11:37


Très heureuse de vous retrouver  avec ce bel article; la liberté n'a pas de prix et tous les efforts de jugement sont le gage de celle-ci. Affectueusement?


Cécile Robillard

laurence hansen-love 05/09/2012 14:16


bonjour Cécile!


thomas 04/09/2012 06:54


C'est pire que cela.


 


Le
sentiment qu'il y a une vérité à servir, le sentiment que l'on est dépositaire d'un trésor, l'exigence que cela entraîne, la prétention qu'inspire l'idée que l'on est le porte-parole officiel
d'une valeur donnent la force et la conviction nécessaires pour opprimer, haïr qui on veut. C'est une recette multiséculaire. Dans morale il y a
mal.

laurence hansen-love 05/09/2012 14:01



Non.


 Pas d'éducation à la raison sans convictions. La morale universaliste et laïque de Kant n'est pas faite pour opprimer, puisque son pilier, sa clef de voûte  est l'autonomie.Celui qui
suivrait une loi qu'il ne se serait pas imposée à lui-même ne serait plus moral selon Kant



Apicelleria Filomato 03/09/2012 22:59


Madame Hansen,


je ne me méfie pas d'une quelconque exploitation et je ne porte aucun jugement sur la pertinence de l'action politique envisagée mais je reste dubitatif quant au discours qui s'apparente à un
exercice de jongleur avec des notions plus ou moins clairement exposées voire carrément inédites et bizarres comme la laïcité individuelle ????


Bien à vous


 

laurence hansen-love 05/09/2012 13:57


rien de bizarre: il tire cela du bouquin de Claude Nicolet, "L'idée républicaine en France" c'est l'idée de république "intérieure" : les fondements d' lidéologie ou la raison républicaine
(deuxième partie, chapitre 11)


Apicelleria Filomato 03/09/2012 20:02


Madame Hansen-love


Je découvre sur votre blog l’intervention du ministre de l’Education Nationale qui me laisse dans une grande perplexité.


Non pas quant au fond et à l’objectif poursuivi qui sont très clairs, simples voire simplissimes : restaurer une école des hussards de la IIIème République avec la reconstruction des Ecoles
Normales sous le vocable novlangue d’écoles supérieures de l’éducation et du professorat, cette école mythique de Jules Ferry : une école bourrue et idéaliste, libre de sa pensée mais dans
l’ordre, l’obéissance et l’orthodoxie républicaine. On comprend bien aussi que le Ministre fait de son enseignement phare de la morale laïque à la fois le fil rouge et l’épine dorsale courant du
primaire au baccalauréat de son école républicaine refondée.


Mais la démonstration méli-mélo mou de cet agrégé de philosophie qui a pourtant mené au CNRS une recherche approfondie sur cette question de la laïcité laisse pantois.


Il existerait donc une « laïcité intérieure » qui serait « un rapport à soi qui est un art de l’interrogation et de la liberté » et qui permettrait « de faire un effort pour raisonner, considérer
que tout ne se vaut pas, qu’un raisonnement ce n’est pas une opinion et que le jugement cela s’apprend » ? Cette notion de laïcité intérieure vaut déjà son pesant de volumes.


En lisant les propos du Ministre, on s’étonne déjà de sa préférence pour la notion de morale plutôt que d’éthique, même si la confusion est souvent faite entre les deux termes, les liant par on
ne sait trop quel pacte d’ailleurs. Pour autant son choix est clair et correspond effectivement à celui de la morale puisqu’il dit sans hésiter :


« la morale laïque c’est comprendre ce qui est juste, distinguer le bien du mal, c’est aussi des devoirs autant que des droits, des vertus, et surtout des valeurs ».


Voilà qui est clair même si la fin de son propos ouvre déjà sur un versant éthique, pratique et réglementaire, qui vise à la formation du citoyen, à son édification, à la vie en société et au
fondement du droit :


« La capacité de raisonner, de critiquer, de douter, tout cela doit s’apprendre à l’école. »


Et voilà que la morale laïque virant à l’éthique sociale, elle s’envole déjà vers l’Utopie de celle dont traitait Thomas More puisque Monsieur Peillon nous dit :


« un certain nombre de valeurs sont plus importantes que d’autres : la connaissance, le dévouement, la solidarité, plutôt que les valeurs de l’argent, de la concurrence, de l’égoïsme… Une société
et une école qui n’enseignent pas ces valeurs s’effondrent. Il faut assumer que l’école exerce un pouvoir spirituel dans la société. »


Et plus loin :


« Si ces questions ne sont pas posées, réfléchies, enseignées à l’école, elles le sont ailleurs par les marchands et par les intégristes de toutes sortes. »


Il est vrai que More lui aussi était confronté à une crise sociale née du capitalisme (lainier et pas financier) et qu’il rêvait déjà d’une société sans argent où la richesse serait équitablement
distribuée. Et dans l’île Eutopia, sans clergé, ses citoyens (eux très religieux et pas encore imprégnés de laïcité intérieure) s’en remettaient pourtant à une morale naturelle rigoureuse et
austère, un peu comme cette étrange morale laïque intérieure, fraîchement pondue du jour …


On sait la fin de More qui était ministre lui aussi et on peut se rassurer en se disant qu’elle ne sera sans aucun doute pas celle de notre Ministre de la laïcité intérieure … mais on peut
toutefois sérieusement se demander si ce destin n’est pas métaphorique de celui de notre école contemporaine dont cette ultime sursaut de restauration morale ressemble fort à un argument
d’autorité, à la réflexion bâclée.


Qui croit aujourd’hui en ses valeurs émancipatrices et à ses vertus réalisatrices : les mineurs délinquants (déscolarisés volontaires), les jeunes diplômés sans emploi, les chômeurs déclassés,
les précaires de toutes sortes, les illettrés issus du système, les cyniques qui ne voient que par l’argent et la célébrité ? Qui croit même encore dans l’urbaine nécessité de la politesse,
invoquée par notre ministre-hussard ?


Certes l’utopie en son île est belle … et le temps de l’école semble compté, voire passé pour beaucoup, beaucoup trop …


Bien à vous

laurence hansen-love 03/09/2012 21:00



Certes, je comprends qu'on puisse réagir comme vous et être surtout sensible à  l'eploitation suspecte, à la récupération politicienne, à l'insincérité de ce type de propos..


Mais sur le fond, je reste en accord avec Peillon qui promeut les valeurs republicaines, dans le droit fil de  Rousseau,  Kant, Condorcet, Montesquieu...


 je ne parlerai pas d'utopie ici!


Les idéaux universalistes ont un impact  réel. Voyez par exemple le Projet de paix perpétuelle de Kant



thomas 03/09/2012 18:54


J'explique sommairement ce mouvement d'humeur.


 


Cela ressemble à la réaction d'un parent
qui, faute d'arguments, incapable de comprendre, recourt à une méthode simpliste et convenue comme la fessée. C'est un aveu d'échec, d'impuissance, un manque d'intelligence, une
régression.


Déjà, il me semble que la moindre des
choses serait que nos dirigeants commencent par montrer l'exemple - c'est même primordial -  et que la société ne prônent pas continuellement la compétition  et le
combat.


Un peu d'humour ici
:


La morale, je suis pour, à condition,
bien sûr, que ce soit pour les autres. Mais cela, c'est évident. C'est l'expérience que nous en avons tous : à chaque fois que quelqu'un parle de morale, fait de la morale, c'est au sujet des
autres, à propos des autres.


Mais cela aussi coule de source, c'est
même implicite : on ne peut faire de la morale qu'en partant de l'idée qu'on la connaît et qu'on l'applique. Sinon, mais je n'ose même pas y penser, c'est invraisemblable, comment pourrait-on
faire la morale aux autres si on ne l'appliquait pas soi-même ? On n'est quand même pas tous des politiques.


Plus sérieusement, c'est un non-sens.
C'est la voie suivie depuis longtemps et on voit les résultats. Pourquoi ?  


La morale est ridicule parce qu'elle se
donne raison toute seule, ou elle permet à celui qui l'enseigne de se faire plaisir, sans avoir à examiner ce qu'il en est.


La morale est ridicule parce qu'elle est
complètement conditionnée, et donc aveugle, bornée (voir que le jugement surgit à l'esprit avant même que nous n'ayons eu le temps de réfléchir et d'examiner les
choses)


La morale est ridicule parce qu'elle
donne des raisons de haïr les autres et favorise l'hypocrisie. 


Je peux démontrer tout
cela.


Si la morale servait à quelque chose, les
adultes seraient des saints. C'est comme l'Europe ou le communisme, l'echec ne vient pas du fait qu'il n'y en a pas assez.


Voir cette contradiction profonde et
refoulée chez les éducateurs :


- ils veulent, bien sûr, que les jeunes
réfléchissent, soient sincères, s'engagent librement dans la morale


- mais il faut qu'ils aboutissent à la
conclusion prévue, qu'ils confirment ce que les éducateurs attendent.