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3 septembre 2012 1 03 /09 /septembre /2012 20:09

 

En république, le citoyen est souverain. C’est pourquoi la vertu, c’est-à-dire le principe qui l’anime, en est la condition. Il appartient à l’éducation d’inspirer cette vertu, c’est-à-dire l’amour de la république :

 

 (c'est moi qui souligne)

 

 

« C'est dans le gouvernement républicain que l'on a besoin de toute la puissance de l'éducation. La crainte des gouvernements despotiques  naît d'elle-même parmi les menaces et les châtiments; l'honneur des monarchies est favorisé par les passions, et les favorise a son tour: mais la vertu  politique est un renoncement a soi-même qui est toujours une chose très pénible.

On peut définir cette vertu, l'amour des lois et de la patrie. Cet amour, demandant une préférence continuelle de l'intérêt public au sien propre, donne toutes les vertus particulières; elles ne sont que cette préférence.

 Cet amour est singulièrement affecté aux démocraties. Dans elles seules, le gouvernement est confié à chaque citoyen. Or, le gouvernement est comme toutes les choses du monde: pour le conserver, il faut l'aimer.

On n'a jamais ouï  dire que les rois n'aimassent pas la monarchie, et que les despotes haïssent le despotisme.

 Tout dépend donc d'établir dans la république cet amour; et c'est à l'inspirer que l'éducation doit être attentive. Mais, pour que les enfants puissent l'avoir, il y a un moyen sûr: c'est que les pères l'aient eux-mêmes.

On est ordinairement le maître de donner à ses enfants ses connaissances; on l'est encore plus de leur donner ses passions. Si cela n'arrive pas, c'est que ce qui a été fait dans la maison paternelle est détruit par les impressions du dehors.

Ce n'est point le peuple naissent qui dégénère; il ne se perd que lorsque les hommes faits sont déjà corrompus ».

 

Charles de Montesquieu, L’esprit des lois, Livre IV, chapitre V

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Published by laurence hansen-love - dans Education
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commentaires

j f cordroc'h 06/09/2012 11:38


Selon moi ,ce n'est pas la société qui rend "mauvais"l'homme comme le pense Rousseau . La société résulte de la séparation homme-nature qui est à l'origine de ce que j'appelle la folie humaine,
comprenant toutes ses perversions et autres problèmes psychologiques , dont une paranoïa très active . Nos sociétés sont donc selon moi des expressions , des manifestations et des créations de
cette folie , et en tant que telles , elles ne peuvent qu 'entretenir ce qui lui fournit son énergie .

thomas 05/09/2012 19:34


Je parlais de bien et d'individu, je ne pense pas que vous considériez comme bien le sort le la petite fille en question. (l'individualisme n'est pas l'égoïsme : voir "haro sur l'individualisme")
On pourrait d'ailleurs aussi citer des méfaits de la société.


Si individu et société ne visent pas exactement le même bien, le problème posé par cette différence va être la conquête d'un pouvoir : celui de poursuivre son bien propre. Il s'ensuit la
définition de l'enjeu commun.

thomas 05/09/2012 10:22


Erratum : je voulais dire : à mr Montesquieu.

thomas 05/09/2012 10:21


Je n'ai pas de chance en ce moment.


Je voudrais poser une question à mr Rousseau, parce que ce n'est pas clair selon moi :


est-ce que le bien de la société et le bien de l'individu, c'est la même chose, ou ont-ils des intérêts différents ? C'est important, n'est-ce pas, parce que ce sont les individus qui font une
société et c'est la société qui prend en charge les individus. 

laurence hansen-love 05/09/2012 14:08


Oui, enfin je peux répondre pour Rousseau Le bien de la société évidemment ne coïncide pas nécessairement avec celui de chaque individu. Si vous êtes un prédateur de petites filles par exemple, la
société va vous mettre en tôle. En ce qui concerne Rousseau, il était pour la peine de mort, mais il pensait que dans une société juste, il n'y aurait plus de criminels ni de délinquants, puique
que c'est l'injustice qui nous rend méchants ( "l'homme étant bon, les hommes sont devenus méchants") "Entre le fort et le faible, c'est la liberté qui opprime et la loi qui libére" Lacordaire


j f cordroc'h 04/09/2012 14:31


La vertu , l'amour de la république ,le renoncement à soi-même , la préférence continuelle de l'intérêt publique , etc ...tout cela ne s'apprend pas dans des salles de classe , car la condition
de tout cela c'est la conscience de soi entrainant la conscience de l'autre . Or cette conscience de soi ne s'acquiert que par expérimentation dès son plus jeune age ,de la fraternité , de
relations fondées sur l'échange et le partage des émotions éprouvées en commun lors d'actions collectives . Et il n'y a que le jeu qui permet cela , d'ou la fonction fondamentale de l'instinct
ludique qu'il conviendrait de priviligier dans l'éducation des enfants , plutôt que de vouloir absolument leur apprendre à s'abstraire de la réalité en la réduisant en équations et concepts .
Les" pères" n'ont pas à se soucier de transmettre un savoir à leurs progénitures , ils ont à être un exemple à suivre , à imiter , ils ont donc d'abord à ne pas vouloir faire de leurs enfants ce
qu'ils voudraient qu'ils soient en les laissant devenir eux-mêmes . Cela paraît simple , mais ça ne l'est pas , ça ne l'est plus dans nos sociétés fondées sur les valeurs du travail , de l'argent
, de la compétition , de la réussite professionnelle etc ....


L'éducation morale des individus dans des cadres institutionnels , scolaires et autres ,est devenue nécessaire afin de combler le manque de conscience de soi du au fait que l'on empêche
l'individu de devenir véritablement lui-même ,en voulant le voir devenir un citoyen honnète et respectueux  , un être vertueux . C'est totalement paradoxal , c'est mettre la charrue avant
les boeufs , c'est la rationalité de l'homme civilisé produisant le résultat inverse de celui imaginé , pré-établit ,et programmé . L'homme devrait écouter un peu plus sa nature animale et un peu
moins sa raison, et il se rendrait alors compte que les choses sont beaucoup plus simples lorsqu'il ne les complique pas en voulant prendre le contrôle de leur déroulement . Et cela n'empêche
nullement son intelligence de briller , au contraire , cela procure la clairvoyance , ce qui évite la prévoyance .