Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 14:54
justice-dame.jpg
 
 
 
 Même si nous sommes tous révoltés par l’injustice, il ne nous est pas facile pour autant de définir simplement  ce que désigne ce mot de « justice ». Est-ce le droit ? Nous savons tous qu’un homme injuste peut être dans son droit, qu’une décision injuste peut-être légale, et que la justice n’est pas toujours « droite » (rigide) mais qu’elle est parfois sinueuse (souple).  La justice est-elle l’égalité ? Mais traiter également des hommes différents ayant des demandes , des besoins ou des exigences variées  n’est-ce pas injuste ? La justice, est-ce la rigueur morale ? Mais dans ce cas, quelle est la différence entre la justice et la vertu ? 
 
Vertu et équité
 
 En un premier sens,  le juste est synonyme de moral, ou encore de vertueux. Socrate était un homme juste, ce qui signifie qu’il était bon  et intègre. Le juge doit être « juste », cela signifie qu’il doit être soucieux d’appliquer le droit avec à la  fois rigueur et souplesse. Les décisions rendues par un homme juste seront équitables. L’équité, est, selon Aristote, l’esprit de justice qui peut être défini comme le souci  de « rendre à chacun ce qui lui est dû ». Mais comment savoir ce qui est dû à chacun ? Et qui est à même d’en décider ? Tous les hommes n’ont-ils pas également le droit d’avoir des droits ? Mais quels droits ?
 
La justice, la loi  et le droit
 
Etant donné la difficulté, voire l’impossibilité,  de s’entendre sur « ce qui est dû à chacun » d’un point de vue subjectif, ou  même moral, les sociétés ont fixé des règles que tous approuvent théoriquement et qui constituent le « droit ». Dans une société démocratique, la loi fixe le droit c’est-à-dire l’ensemble des normes et des règles qui déterminent ce qui est permis et ce qui est interdit dans une société donnée. Ces règles établissent une sorte de périmètre à l’intérieur duquel chacun fait ce qu’il veut (la vie privée)  et à l’extérieur duquel, en  revanche,  on ne peut faire que ce qui ne nuit pas à autrui dans le cadre des  institutions. Dans une démocratie, le droit est fixé par la « volonté générale ». Mais dans de très nombreux pays le droit dit « positif » est conforme à la religion ou à l’ensemble des traditions du pays. Bien souvent le droit ne fait alors que traduire et cautionner des relations de force instaurées par l’Histoire, et non pas un véritable souci de justice respectueux des droits individuels des hommes. Le mythe d’Antigone illustre cette idée d’un conflit toujours possible entre la conscience morale et le « droit positif »
 
Une exigence d’universalité
 
 La « justice positive », c’est-à-dire l’ensemble des règles instituées par les hommes tout au long de leur histoire conformément aux croyances propres à leur culture, varie selon les époques et les sociétés.  Elle est largement conventionnelle et donc toujours contestable,  jamais satisfaisante. Le philosophe Pascal ironise sur cette soi-disant « justice » qui varie d’une contrée à l’autre « Vérité en deçà des Pyrénées, écrit-il, erreur au-delà. Plaisante justice qu’une rivière borne ». Le souci actuel de traiter tous les hommes, en n’importe quel point de la planète, en respectant leurs droits fondamentaux, et tout d’ abord leur dignité, s’il inspire les tribunaux internationaux, heurte de plein fouet la « raison d’Etat » ou les traditions de certains pays. La peine de mort, la torture,  l’esclavage des enfants sont encore tolérés par certaines nations. Ces pratiques ne sont pas "justes" du point de vue de la justice universelle. Mais pour de nombreux Etats, l’idée même de « justice universelle » reste une fiction, voire un alibi pour les puissances qui s’en réclament. Pourtant aucune justice ne peut se reposer exclusivement sur les traditions ou la religion pour établir sa validité.
 
 
Pour une version longue:
 

Partager cet article

Repost 0
Published by laurence hansen-love - dans Philosophie
commenter cet article

commentaires

Milouda 04/01/2013 12:26


Bonjour,


Je souhaiterai avant tout vous remercier de tenir un blog aussi riche pour la préparation du concours de Science Po. Je me permet de vous contacter pour voous demander votre avis sur lt'adage que
je travaille en ce moment : "nul n'est censé ignorer la loi" et je me demandai s'il était toujours d'actualié ? Dans un sujet comme celui ci est il possible de repondre par un plan
these/antithese/synthese ? Ou n'y a t il pas possibilité de repondre en seulement deux parties ? Pourriez vous m'indiquer quelques pistes de reflexion ?


En vous remerciant,


 


Milouda