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16 juin 2017 5 16 /06 /juin /2017 15:32

Pierre Rosanvallon

 

Pour Pierre Rosanvallon, les citoyens se définissent désormais de façon plus complexe et  subjective  qu'à travers l'opposition droite - gauche. Selon l'historien les partis meurent de ne pas l'avoir compris.

Extraits

 (Sur la remise en cause du clivage gauche/droite)

 

«  La réflexion de Chevènement conduit à penser qu'il faut non pas être au-delà de la droite et de la gauche, mais et de droite et de gauche. De gauche du point de vue social, de droite du point de vue de la conception de l'école, de la laïcité, de la souveraineté et du rapport à l’Europe. Ce dernier est d'autant plus déterminant et discriminant qu'il est au cœur de la question nationale, mais aussi de la question du protectionnisme ».

Pourquoi cette nouvelle représentation de la société?

 « La société ne se définit plus seulement par des conditions sociales objectives, mais par des situations vécues de façon plus complexe et subjective. Quelqu'un ne se définit plus simplement par le fait qu'il est ouvrier, mais aussi par le fait qu'il est chômeur ou  menacé de l’être, que son fils a du mal à s’insérer ou  par les menaces sur l’emploi qui pèsent sur lui, la peur du déclassement. La langue politique traditionnelle est morte de ne pas l'avoir compris. Cela favorise les rhétoriques populistes, qui  ne dévaluent  la vision de classe que pour mettre en avant de façon vague et simplificatrice « les gens» au « le peuple» dans leur simple opposition à des minorités distantes ou destructrices. C'est une autre manière de régresser dans la compréhension de la société.

 

 La récente campagne présidentielle présage-t-elle à nouveau fonctionnement de la démocratie?

L'élection de Macron, c'est le triomphe de cette personnalisation puisque les candidats des partis traditionnels ont été écartés par ce qui se définissait comme les catalyseurs directs d'une aspiration populaire, il s'agisse de Macron, Mélenchon ou Le Pen. On est passé d'une logique de représentation de la société à une logique d’identification ».

 Propos recueillis par Gérard Courtois, le Monde , 17 juin 2017.

 

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Published by laurence hansen-love - dans actualité politique
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commentaires

Bernard Joly 18/06/2017 18:14

Voir un intellectuel découvrir que "les citoyens se définissent désormais de façon plus complexe et subjective" est assez affligeant; les citoyens se sont toujours définis par rapport à la totalité de leur vie sociale, et n'ont pas attendu qu'Emmanuel Macron sorte de la cuisse de Jupiter !

Sylvain 18/06/2017 13:23

Traditionnellement, la gauche était farouchement laïque, or que constate-t-on ? Depuis le début des années 2000 presque toutes les attaques dirigées contre la laïcité sont issues de la gauche et de l'extrême gauche. Trahison numéro un.
Traditionnellement la gauche était par définition antiraciste. Or que constate-t-on ? Des groupuscules communautaires, racistes et antisémites reçoivent le soutien de l'extrême gauche et bénéficient du silence complice de la gauche dite modérée. Voir aussi très récemment l'affaire Mehdi Meklat. Trahison numéro deux.
Conclusion : la gauche (hormis quelques exceptions, comme Malek Boutih) ayant renié toutes ses valeurs républicaines, laïques et antiracistes, est morte intellectuellement et est morte moralement. A partir de là le clivage gauche/droite tombe comme un arbre mort.