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14 janvier 2017 6 14 /01 /janvier /2017 14:37

 Texte Karl Marx 

Le travail aliéné, Karl Marx,

 Manuscrits de 1844

« Par la production pratique d’un monde objectif, le façonnement de la nature non organique, l’homme s’affirme comme un être générique conscient, c’est-à-dire comme un être qui se comporte à l’égard de l’espèce humaine comme il se comporte à l’égard de sa propre essence, ou à l’égard de soi en tant qu’être générique. […]

C’est précisément en façonnant le monde objectif que l’homme s’affirme réellement comme un être générique. Cette production est sa vie générique active. Grace à cette production, la nature apparaît comme son œuvre et sa réalité. L’objet du travail est donc l’objectivation de la vie générique de l’homme, car il ne se dédouble pas lui-même de façon seulement intellectuelle, comme c’est le cas dans la conscience, mais activement, réellement, se contemple dans un monde qu’il a lui-même créé. Ainsi tandis que le travail aliéné arrache à l’homme l’objet de sa production, il lui arrache sa vie générique, sa véritable objectivité générique, et transforme sa supériorité sur l’animal en infériorité, puisque son corps non organique, la nature, lui est dérobé.

De même en dégradant au rang de  moyen l’activité propre, la libre activité, le travail aliéné fait de la vie générique de l’homme le moyen de son existence physique.

Le travail aliéné conduit donc aux résultats suivants :

L’être générique de l’homme, sa nature, aussi bien que ses facultés intellectuelles générique, sont transformés en un être qui lui était étranger, en moyen de son existence individuelle. Le travail aliéné rend l’homme étranger à son propre corps, au monde extérieur aussi bien qu’à son essence spirituelle, à son essence humaine.

L’aliénation de l’homme par rapport à l’homme apparaît comme une conséquence immédiate du fait que l’homme est rendu étranger au produit de son travail, à son activité vitale, à son être générique. L’homme s’oppose à lui-même, il s’oppose aussi à autrui. Ce qui est vrai du rapport de l’homme à son travail, au produit de son travail et à lui-même, est vrai du rapport de l’homme à l’autre ainsi qu’au travail et à l’objet du travail de 

l’autre. » Karl Marx, Manuscrits de 1844, premier manuscrit, Editions Garnier Flammarion, page 108 à 117

 

 Texte Paul Lafargue

Le travail, une « étrange folie »

« Quand, dans notre Europe civilisée, on veut retrouver une trace de beauté native de l’homme, il faut l’aller chercher chez les nations où les préjugés économiques n’ont pas encore déraciné la haine du travail.

[…]

Par contre, quelles sont les races pour qui le travail est une nécessité organique ? Les Auvergnats ; les Écossais, ces Auvergnats des îles britanniques ; les Gallegos, ces Auvergnats de l’Espagne; les Poméraniens, ces Auvergnats de l’Allemagne ; les Chinois, ces Auvergnats de l’Asie. Dans notre société, quelles sont les classes qui aiment le travail pour le travail ? Les paysans propriétaires, les petits bourgeois, les uns courbés sur leurs terres, les autres acoquinés dans leurs boutiques, se remuent comme la taupe dans sa galerie souterraine, et jamais ne se redressent  pour regarder à loisir la nature.

Et cependant, le prolétariat, la grande classe qui embrasse tous les producteurs des nations civilisées, la classe qui, en s’émancipant, émancipera l’humanité du travail servile, et fera de l’animal humain est un être libre, le prolétariat trahissant ses instincts, méconnaissant sa mission historique, s’est laissé pervertir par le dogme du travail.

[…]

Si, déracinant de son cœur le vice qui la domine et avilit sa nature, la classe ouvrière se levait dans sa force terrible, non pour réclamer les Droits de l’homme, qui ne sont que des droits de l’exploitation capitaliste, non pour réclamer le Droit au travail, qui n’est que le droit à la misère, mais pour forger une loi d’airain, défendant à tout homme de travailler plus de trois heures par jour, la terre, la vieille terre, frémissant d’allégresse, se sentirait bondir en elle un nouvel univers… Mais comment demander à un prolétariat corrompu par la morale capitaliste une résolution virile ? »

Le droit à la paresse, Edition Le temps des cerises, 1996, page 81.

 

 

 

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Published by laurence hansen-love - dans actualité politique
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