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6 janvier 2017 5 06 /01 /janvier /2017 14:45
L'animal donc que je suis

 

(sur notre nouvelle sensibilité) 

« Nul ne sait jusqu’où iront ces mouvements salutaires, mais ils sont le fait d’une réelle transformation des consciences qui témoigne de la nouvelle proximité entre l’homme et ses cousins du règne animal. Simplement, cette proximité ne saurait aplanir toutes les différences, voire la différence entre l’homme et l’animal, s’il est possible d’en trouver une seule qui soit « spéci-fique ». L’éthologie s’y emploie, mais la tâche qui se pose reste philosophique : comment penser cette différence entre notre espèce et toutes ces autres avec lesquelles nous partageons une large part de notre patrimoine ? Les animaux sont à même de comprendre des raisons (pour lesquelles il vaut mieux faire ceci plutôt que cela), ils peuvent choisir, ils s’expriment par l’équivalent d’un langage et sont parfois à même de comprendre le nôtre, mais il n’est pas sûr qu’ils soient capables de s’autodépasser et de se mettre à distance. L’homme bénéficie, lui, d’une singulière aptitude à se transcender lui-même (qui va de pair avec la conscience de sa mortalité) et à se mettre à la place de l’autre. Il se pourrait que cette autotranscendance trouve l’une de ses plus éloquentes expressions dans le souci qu’elle peut prendre de l’animal et de sa détresse. Ce serait aussi pour l’homme une manière de démontrer qu’il a une âme ».

 

 

Jean Grondin Derrida et la question de l’animal 

 

https://www.cairn.info/revue-cites-2007-2-page-31.htm

 

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Published by laurence hansen-love - dans Philosophie
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