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2 décembre 2016 5 02 /12 /décembre /2016 17:16
Je complète le texte de Michaël Foessel ce matin
 

Préface

 

À quoi bon avoir eu raison hier contre le stalinisme, aujourd'hui contre Alger, à quoi bon dénouer patiemment les faux nœuds du communisme et de l'anticommunisme, et mettre noir sur blanc ce que l'un et l'autre savent mieux que nous, si ces vérités de demain ne dispensent pas un jeune homme aujourd'hui des aventures du fascisme et du communisme, si elles sont stériles tant qu'elles ne sont pas dites à la manière politique, - dans ce langage qui dit sans dire, qui touche en chacun les ressorts de la colère et de l'espoir, - et qui ne sera jamais la prose du vrai ? N'est-ce pas un incroyable malentendu si tous les philosophes ou presque se sont crus obligés d'avoir une politique, alors qu'elle relève de l'« usage de la vie » et se dérobe à l'entendement ? La politique des philosophes, c'est celle que personne ne fait. Est-ce donc une politique ? N'y a-t-il pas bien des choses dont ils puissent plus sûrement parler ? Et quand ils tracent de sages perspectives, dont les intéressés ne veulent rien savoir, n'avouent-ils pas simplement qu'ils ne savent pas de quoi il s'agit ?

Maurice Merleau-Ponty, SIGNES. (1960) 

 
 
http://www.liberation.fr/debats/2016/12/01/apres-la-verite_1532297

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Published by laurence hansen-love - dans Philosophie
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  • : Professeur de philosophie, à IPESUP. Directrice de collection chez Belin et chez Hatier.Co-auteur de : Philosophie,anthologie (Belin) et Philosophie de A à Z (Hatier). Auteur de : "Cours particulier de philosophie" et "La philosophie comme un roman" (Hermann)
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