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19 novembre 2016 6 19 /11 /novembre /2016 15:14

Par Marc Crépon, à lire aujourd'hui  ITV à propos de son essai sur le refus de la violence...

Ne jamais consentir au mal, il ne le dit pas dans les mêmes termes, mais c'est exactement la même thèse que celle de mon livre (Oublier le bien, nommer le mal) ... :  "le refus absolu, principiel, indiscutable de la violence"

 

http://www.liberation.fr/debats/2016/11/18/marc-crepon-il-s-agit-de-resister-a-la-banalite-de-la-violence_1529383

 

 

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Published by laurence hansen-love
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commentaires

Jean Pierre Foirry 20/11/2016 11:52

Nous avons tous une sympathie immense envers les grandes figures de la non-violence que sont Gandhi, Martin Luther King ou Mandela. Ils ont été particulièrement efficaces dans un monde occidental d’après-guerre qui disait « plus jamais cela » aux guerres, aux crises économiques, aux inégalités indécentes et qui était confronté au challenge du communisme. Où sont les Gandhi, Martin Luther King ou Mandela des républiques islamistes actuelles ? Le monde contemporain n’est plus celui de l’après-guerre, mais il est un monde où un dirigeant (Erdogan) peut dire : « grâce à vos lois démocratiques, nous vous envahirons. Grâce à nos lois religieuses, nous vous dominerons ».
J’ai fait un rêve moi aussi : les « sceptiques modérés », les « athées vertueux » et les « croyants tolérants » de toutes religions (christianisme, islam,….) et du monde entier s’aperçoivent qu’ils sont majoritaires et forment une chaîne pour imposer un nouveau monde pacifique et laïc, non violent et solidaire, pour dire à nouveau « plus jamais cela » au néolibéralisme destructeur et aux fascismes religieux ou non religieux. En attendant, les sceptiques et athées sont tués dans plusieurs pays du monde et l’islamisme radical est devenu le Mal absolu qui peut générer à terme son frère de combat (rappelons-nous : le communisme et le nazisme).
Alors, la non-violence : oui, mais comment fait-on contre les violents ? Ne pas nommer le Mal absolu et ne pas lutter contre lui, tel est le dilemme qui nous est proposé. Les intellectuels et les médias parisiens bien-pensants nous surveillent et sont prêts à dégainer leur verdict : déjà, ce que je viens d’écrire pose problème, « pas politiquement correct » ou, pire (le verdict qui fait le plus peur), « proche de la facho-sphère ». J’ai donc décidé de devenir politiquement correct : désormais, j’applique quatre principes. Principe N°1 : « le rôle d’un intellectuel n’est plus de dire la vérité, mais de ne pas mettre de l’huile sur le feu » (Boucheron), comme les mêmes disaient autrefois qu’il ne fallait pas désespérer Billancourt. Principe N°2 : le problème n’est pas la violence meurtrière de membres de minorités supposées oppressées, mais le risque de violence en retour de membres d’autres minorités ou de la majorité silencieuse, voire de l’Etat. Principe N°3 : je n’évoque plus jamais la situation d’oppression de populations menacées dans les pays où les minorités supposées oppressées de nos pays sont majoritaires ou ont pris le pouvoir. Principe n°4 : de même qu’il n’y a plus de lutte de classes (TINA : there is no alternative), il n’y pas de risque de guerre de religions ou de civilisations (mais des conflits à l’intérieur des religions : exemple, entre sunnites et chiites).
Une étude vient de démontrer que plus on est éloigné géographiquement des migrants (qui sont pour l’essentiel des hommes migrants économiques jeunes et non des familles de réfugiés), plus on est favorable à leur accueil et réciproquement. Par rapport aux intellectuels parisiens, j’ai, si l’on peut dire, l’avantage d’avoir connu la violence absolue de près, ayant côtoyé les cadavres découpés du Rwanda et ayant été fait prisonnier à Bangui par les islamistes (et délivré par l’armée française en blindé). Alors, oui, attention à laisser le monopole de la contre-violence à l’Etat et à respecter le plus possible l’Etat de droit, mais il est impossible de se limiter à répéter que les violents absolus « ne doivent pas avoir notre haine » et qu’il être faut être non-violent en toutes circonstances. Patrick Jardin, qui a perdu sa fille Nathalie, régisseuse au Bataclan, révéle sur RMC qu’il n’avait pas souhaité participer aux commémorations et au concert du Bataclan : « on ne répond pas aux kalachnikov qui mitraillent, aux couteaux qui égorgent, aux camions qui écrasent par des commémorations, des cœurs, des bougies, des plaques qu’on appose sur les murs. C’est fini, ça, on doit passer à l’étape supérieure parce que, sinon, on aura de nouveau des attentats… ».

laurence hansen-love 20/11/2016 14:07

je crois que je suis entièrement d'accord avec ce que vous dites... Mais en tant qu'intellectuelle (et non acteur politique ou journaliste) je en peux que réprouver la violence... '(Le sans d'un seul homme a plus de prix que la liberté de tout le genre humain") mais c' est un point de vue éthique ;. Si je faisais de la politique (Dieu m'en garde) évidemment je soutiendrai la coalition à Mossoul.. Mais la violence doit être réduite au minimum,proportionnée, utilisée en tout dernier recours... Non?
Qu'appelez -vous : "l'étape supérieure" ?

Jonas 19/11/2016 19:09

Laurence ,
Avez-vous lu " Les intellectuels en chaise longue " de G. Suffert ?
Je crois que ce livre vous sera d'un grand profit , par ces temps.

laurence hansen-love 21/11/2016 12:46

oui, mais ce n'est pas facile de repérer des djihadistes dans un flot de réfugiés..

Jean Pierre Foirry 21/11/2016 12:00

Quand je parlais des intellectuels "bienpensants", je ne pensais évidemment pas à vous et c'est Patrick Jardin qui parlait de passer à la vitesse supérieure; Que peut signifier cette expression ?
Face à l’islamisme international, il n‘y a pas de solution facile. Les personnes interrogées dans la rue se posent toujours trois questions : pourquoi les apprentis islamistes terroristes ne sont-ils pas arrêtes plus tôt ? Pourquoi les terroristes sont-ils arrêtés alors que les prêcheurs légitimant leurs actions violentes ne sont pas inquiétés ? Pourquoi n’y-a-t-il dans le lot des migrants que des hommes jeunes et pas de familles de réfugiés et pourquoi les migrants dangereux ne sont-ils pas mieux repérés ?

Nous sommes fiers, à juste titre d’être dans un Etat de droit. Il ne s’agit donc pas d’appliquer ce que eux feraient : des rhétoriques violentes ou racistes, des principes de type « la valise ou le cercueil » (visant des populations entières qui n’y sont pour rien), ni même des exceptions aux principes qui nous animent (comme arrêter systématiquement tous les fichés S, y compris ceux qui n’ont fait que s’habiller différemment ou avoir des opinions « révolutionnaires » surtout sans passer par la case judiciaire). Certes, il n’y a pas de recette miracle et même interdire le salafisme et les Frères musulmans qui connaissent bien nos lois et feignent de propager une doctrine purement religieuse paraît difficile, on est désarmé, peut-on le rester longtemps ?
Avant même d’adapter les législations et les politiques aux enjeux actuels, le moins que l’on puisse faire est premièrement de vraiment appliquer les lois existantes contre l’apologie de la violence ou contre les comportements qui violent les lois françaises (sanctions judiciaires contre ceux qui s'y livrent, expulsion de France s'ils n'ont pas la nationalité française, fermeture des lieux où ils prêchaient, enquêtes sur ceux qui y adhèrent, lutte contre le prosélytisme dans les écoles et les prisons, couper les financements djihadistes……), deuxièmement, d’être plus rigoureux en matière d’immigration et de retour des djihadistes (distinction entre migrants et réfugiés, repérage des militants….), troisièmement ne pas commettre l'erreur de penser que le l’islamisme international doit être combattu exclusivement par des voies judiciaires et militaires : les réponses doivent être en même temps économique, sociologique, pédagogique, éducative, philosophique, idéologique, médiatique, économique, diplomatique, financière, etc. La faillite idéologique et culturelle de notre monde est évidente : à sa source, la faiblesse croissante des processus de démocratisation, d'éducation, de sécularisation, d’enseignement de l’esprit critique, etc. Ajoutons deux points : un, notre manque de solidarité avec ceux qui luttent dans les pays musulmans et qui nous mettent en garde contre l’idée naïve selon laquelle le salafisme wahhabite serait dangereux et pas les associations et personnalités proches de la pensée des Frères musulmans ; deux, notre faiblesse face à ceux qui sont les nouveaux « idiots utiles » (de Plenel à Boutin et aux associations dites de lutte contre le racisme ou l’islamophobie) qui mettent la pression : il est étonnant de voir Zemmour, dont je ne partage par ailleurs aucune idée, condamné à 11.000 euros d’amende pour avoir simplement dit « Les musulmans ont leur propre code civil, le Coran. Ils vivent entre eux, dans les banlieues que les Français ont été contraints de quitter ».

laurence hansen-love 20/11/2016 14:03

j'en suis, je suppose... De fait, je passe beaucoup de temps sur mon lit, et en chaise longue quand je suis en vacances..

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  • : Professeur de philosophie, à IPESUP. Directrice de collection chez Belin et chez Hatier.Co-auteur de : Philosophie,anthologie (Belin) et Philosophie de A à Z (Hatier). Auteur de : "Cours particulier de philosophie" et "La philosophie comme un roman" (Hermann)
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