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24 octobre 2016 1 24 /10 /octobre /2016 12:43

 "Sont « violents », en toute rigueur, tous les comportements qui constituent un usage illégitime de la force en vue de détruire l’autonomie  d’un autre homme,   (ou de plusieurs, ou d’un ordre humain),  de détruire son intégrité, d’entamer ou de nier sa dignité et sa liberté. La violence peut prendre les formes les plus diverses selon les époques et les sociétés, depuis l’exploitation des plus faibles par  les plus forts, les sacrifices humains au nom des intérêts supérieurs de la communauté, les guerres de toutes sortes,  la violence de l’exclusion et de la discrimination dans les sociétés avancées aujourd’hui. Mais il existe aussi de nombreuses formes de violences   plus feutrées, comme  celles qui relèvent de l’endoctrinement et de toutes les formes de lavage de cerveau. De telles violences ne comportent pas la moindre dimension « polémique » (de polemos : lutte, combat). Par ailleurs, aujourd’hui,  les nouvelles armes de guerre (bombes atomiques, armes biologiques et chimiques, frappes chirurgicales, mines antipersonnelles) permettent aux agresseurs de ne pas se mettre en jeu  physiquement dans la bataille.  De façon plus générale,  les hommes qui commanditent les guerres ne sont pas ceux qui vont  risquer leur vie sur le champ de  bataille.  Il faut d’ailleurs noter que, même en temps de paix, tuer quelqu’un ou décider de le tuer n’a rien à voir avec l’affronter. La situation la plus exemplaire est à  cet égard celle du poseur de bombe : la violence de l’acte terroriste est paroxystique, et pourtant il n’y a pas  à proprement parler d’affrontement entre ceux qui fomentent les attentats et ceux qui les subissent.  En bref et pour en finir sur ce point : l’affrontement n’est pas toujours violent et un monde sans violence n’est pas nécessairement un monde sans affrontement. Inversement, un « monde » ultra violent  (un  camp de rééducation) peut parfaitement ignorer totalement toute forme d’affrontement. Mais la notion de « monde » est elle aussi porteuse de nombreuses ambiguïtés."

Extrait de mon livre: Cours particulier de philosophie, Questions pour le temps présent, Belin, 2016


 Da

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Published by laurence hansen-love - dans actualité politique
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commentaires

jf cordroc"h 31/10/2016 10:38

Un lion qui tue une gazelle fait-il preuve de violence ? Non ,car il n'y a pas intention ,et volonté de tuer,il n'y a qu'obéissance à un instinct et une pulsion, déclenchée par un besoin purement physiologique
S"agissant de l'homme .il y a destruction de la vie ,soit pour cause de folie , soit à l'inverse pour des raisons rationnelles ,fruits d'une réflexion avec élaboration de stratégies .L'homme n'ayant plus d'instincts serait donc devenu fou ,ou rationnel , par manque de motivations naturelles dans ses actions et ses comportements .
L'acte de détruire ,comme celui de créer ,procurent aux hommes le même sentiment d'existence , de puissance .Tant que ce sentiment ne sera pas éprouver dans la satisfaction naturelle ,régulière ,des différents besoins vitaux ,avec donc l"assurance de pouvoir être éprouver lorsque nécessaire , il y aura de la violence chez l'homme .

La frustration est la source de toute violence .