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23 octobre 2016 7 23 /10 /octobre /2016 11:45

« L’impression  terrifiante de la détresse infantile avait éveillé le besoin d’être protégé - protégé en étant aimé - besoin auquel le père a satisfait ; la reconnaissance du fait que cette détresse dure toute la vie a fait que l’homme s’est cramponné à un père, un père cette fois plus puissant… » (L’avenir d’une illusion, VI).  Freud explique  la part la plus essentielle    de  l’imaginaire religieux  à partir du  fantasme du « petit Poucet »  : « L’angoisse humaine en face des dangers de la vie s’apaise à la pensée du règne bienveillant de la Providence divine, l’institution morale de l’univers assure la réalisation des exigences de la justice, si souvent demeurées irréalisées dans les civilisations humaines, et la prolongation de l’existence terrestre par une vie future fournit les cadres de temps et de lieu où ces désirs se réaliseront » (L’avenir d’une illusion, VI ). Pour Freud comme pour Marx, il est clair que toutes ces fantasmagories et toutes  ces promesses relèvent de l’illusion. Les dogmes et les pratiques religieuses sont des systèmes foncièrement  toxiques  qui, tout en  se fondant sur une  « intimidation l’intelligence »,   déforment de façon délirante le monde réel : «A ce prix, par fixation violente d’un infantilisme psychique et inclusion dans un délire de masse,  la religion réussit à épargner à de nombreux hommes la névrose individuelle »  (Malaise dans la culture, II). Peut-on encore  parler, dans ces conditions,  d’un bénéfice de la religion et soutenir que « les hommes ne pourront jamais se passer de religion » ? "

Extrait de : La philosophie en dix leçons, Lewebpedagogique

 

http://www.youscribe.com/catalogue/tous/education/la-philo-en-10-lecons-2483335

 

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Published by laurence hansen-love - dans Philosophie
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commentaires

jf cordroc"h 03/11/2016 03:24

Quête d'absolu ou pas , l'être humain n'est de toute manière pas grand chose , sinon qu'un être vivant comme les autres ,un animal animé d'abord des mêmes besoin que tous les autres animaux , que vous le vouliez ou non ,et capable de faire appel à toutes sortes de substituts artificiels afin de compenser ses frustrations . Eliminer ces frustrations ,et tout apparaîtra alors beaucoup plus clairement ,notamment que la quête d'absolu n'est que la recherche de liens fondamentaux de substitution avec le vivant, que l'Homme a perdu ,et auxquels il doit trouver des substituts .Dieu le père est le substitut de la mère nature que l'homme (le sexe masculin )a inventé ,créé à son image ,afin d"étancher sa soif de pouvoir ,d'autorité de domination de la nature et de la femme ,dont elle est le symbole en tant que porteuse et donneuse de vie .Dire que Freud ,avec qui je ne suis souvent pas d'accord, n'a pas effectué de démarche réflexive est un peu prétentieux de votre part . Vous n'aimez visiblement pas que l'on remette en question vos idées , pour ne pas dire vos croyances ,comme cela est souvent le cas chez les adeptes d'une doctrine .

jf cordroc"h 03/11/2016 03:24

Quête d'absolu ou pas , l'être humain n'est de toute manière pas grand chose , sinon qu'un être vivant comme les autres ,un animal animé d'abord des mêmes besoin que tous les autres animaux , que vous le vouliez ou non ,et capable de faire appel à toutes sortes de substituts artificiels afin de compenser ses frustrations . Eliminer ces frustrations ,et tout apparaîtra alors beaucoup plus clairement ,notamment que la quête d'absolu n'est que la recherche de liens fondamentaux de substitution avec le vivant, que l'Homme a perdu ,et auxquels il doit trouver des substituts .Dieu le père est le substitut de la mère nature que l'homme (le sexe masculin )a inventé ,créé à son image ,afin d"étancher sa soif de pouvoir ,d'autorité de domination de la nature et de la femme ,dont elle est le symbole en tant que porteuse et donneuse de vie .Dire que Freud ,avec qui je ne suis souvent pas d'accord, n'a pas effectué de démarche réflexive est un peu prétentieux de votre part . Vous n'aimez visiblement pas que l'on remette en question vos idées , pour ne pas dire vos croyances ,comme cela est souvent le cas chez les adeptes d'une doctrine .

BRUNO SEBAN 02/11/2016 17:28

Dans votre article sur le fait religieux, vous convoquez son interprétation freudienne ; mais est-elle philosophique voire simplement sérieuse ? Freud en effet use, pour discréditer la foi religieuse, non d'une démarche réflexive, mais de deux préjugés : le préjugé que le réel biblique (à savoir le surnaturel de la Création divine et des miracles) n'existe pas ; or il n'est pas démontré qu'à côté de la réalité apparente perçue par nos sens corporels, il n'existe pas une réalité plus profonde, une réalité métaphysique . Le deuxième préjugé de Freud consiste dans l'hypothèse gratuite que la religion répondrait à un besoin infantile de protection contre la souffrance et la mort ; or, ce qui contredit Freud, c'est bien encore une fois la maturité de la pensée métaphysique, si richement et si noblement représentée dans l'oeuvre de Leibniz, par exemple ; chez nos grands métaphysiciens, la foi religieuse témoigne de leur insigne maturité affective et intellectuelle, tout à l'opposé d'une quelconque peur infantile . Dans ce que vous rapportez des propos de Freud sur la religion, je ne vois rien de pensé, a fortiori rien de philosophique, puisqu'il n'y argumente pas et ignore des millénaires de métaphysique dont la haute volée intellectuelle est indéniable, non seulement au regard des historiens de la Philosophie mais aussi à celui de Kant qui, même s'il jugea les propositions de la métaphysique indécidables du point de vue de l'"entendement", reconnaissait qu'elles sont rigoureusement logiques du point de vue de la Raison pure . Par conséquent, la pensée freudienne du fait religieux est loin d'avoir l'envergure d'une pensée philosophique, tant elle est indigente en matière de preuves conceptuelles . En somme, nombreux sont les croyants qui ne croient pas par peur de la contingence, mais qui croient par amour de l'absolu et à l'issue d'un parcours intellectuel et moral riche et significatif . Nous humains ne sommes pas grand chose sans la quête de l'Absolu, et cela pour la simple raison que nous pensons . Même la Psychanalyse ne peut faire l'économie de la vraie pensée .

laurence hansen-love 05/11/2016 11:20

"il n'est pas démontré... qu'il n'existe pas.."
On ne peut pas démontrer que x n'existe pas. Voir Kant et les cent thalers. La démonstration de l'existence de Dieu est impossible de même celle de sa non existence, car il n'y a pas de d'expérience de son existence et encore moins d'expérience de sa non-existence....On peut éventuellement démontrer que son hypothèse n'est pas absurde, mais on peut surtout établir que le savoir peut faire l'économie de de cette .. fiction (de Démocrite à Galilée et Darwin..)

Ensuite Freud ne dit pas "Dieu n'existe pas " mais " la croyance en Dieu est une illusion" ce qui est complètement différent car c'est facile a DEMONTRER ( c'est ce qu'il fait) . Ensuite votre Leibnitz qui trouve que "le monde est le meilleur des mondes possibles", incluant les enfants nés pour mourir de faim (entre autres) et les juifs promis aux chambres à gaz... sans parler de l'agriculture industrielle aujourd'hui (voir mes deux post du jour) n'est pas une référence qui emporte mon adhésion..

jf cordroc"h 01/11/2016 17:31

Si la peur et l'angoisse des hommes face aux dangers de la vie , à la mort etc ...sont à l'origine des religions et des croyances en tout genre , il faudrait s'interroger sur l'origine de ces peur et angoisse afin de savoir si il y a une possibilité de les éviter ,et d'éviter ainsi l' apparition des religions .
Tous les individus ont ils éprouvé le besoin de se sentir protéger par un père lorsqu'ils étaient enfants ? Besoin qui selon Freud se serait prolongé chez l'adulte et qui serait à l'origine du dieu unique ,père de tous les hommes .Peut -on échapper à cette peur originelle et donc au besoin de protection et d'être rassuré sur son avenir ?

Ce qui angoisse le plus un enfant est la peur d'être abandonné ,ou de perdre sa mère , d'être donc séparé d'elle .Ce n'est par conséquent pas la peur originelle des dangers de la vie dont parle Freud , qui n'est selon moi que la conséquence d'une séparation prématurée de l'enfant de sa mère .

prépabac 24/10/2016 12:58

Article très intéressant et plus que jamais d'actualité. Merci à vous.