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31 août 2016 3 31 /08 /août /2016 15:33

Il y a quelque exagération, me semble-t-il dans cette charge de Agamben contre l'Etat de droit.

 

http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/12/23/de-l-etat-de-droit-a-l-etat-de-securite_4836816_3232.html

 

Cette idée d'une sorte de complot ourdi par nos représentants pour "dépolitiser les citoyens" me laisse dubitative...

Mais il y a aussi quelques énormités pour appuyer sa démonstration, dont celle-ci :

"Une guerre contre le terrorisme est une contradiction dans les termes, car l’état de guerre se définit précisément par la possibilité d’identifier de façon certaine l’ennemi qu’on doit combattre".

Si telle est la défintion de la guerre, alors ni les turcs ni les syriens ni les irakiens ni les kurdes ne sont en guerre...

Les Etats-Unis ne sont pas en guerre contre l'EI (?) (ce sont les gendarmes du monde?) ni l'Etat du  Cameroun contre Boko-Haram etc..  Il y a là un souci tout de même. Si ce n'est pas la guerre, c'est quoi?

 

 

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Published by laurence hansen-love - dans Philosophie
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commentaires

Hansen 31/08/2016 21:03

La definition d'une guerre et d'un état de guerre n'est pas univoque. Cependant, la définition du CNRTL est la plus interessante : "Situation conflictuelle entre deux ou plusieurs pays, états, groupes sociaux, individus, avec ou sans lutte armée" (au delà de celle qui précise que le conflit doit engendrer plus de 1000 morts/an soit plus de 3/jour). La guerre relève de l'imperium s'est-à-dire de la capacité de structurer l'espace et le temps, le sien et celui des autres. Donc une guerre contre le terrorisme n'est pas une contradiction. Par contre, la guerre d'un état ou d'une coalition d'états contre un groupe social peu ou mal délimité et surtout sans territoire figé, est un conflit asymétrique qui met en défaut les moyens classiques de l'état et donc facilite la mise en evidence des propres contradiction de l'état de droit comme la démocratie qui n'arrive pas a identifier les bons outils politiques pour combattre le groupe terroriste. En l'occurence le gouvernement français "condamne avec la plus vive fermeté", 'promet solennellement que les coupables seront punis", "ordonne d'abattre les terroristes sans autre forme de procès" qui sont autant d'aveux d'impuissance tandis que les philosophes proposent moultes pistes de reflexion qui évitent l'accueil de la repression, incitent à une interpretation distanciée et signifiante, ouvrent dissolutions démocratiques aboutissant à une reprobation morale non plus prescrite mais co-construite par tous les citoyens indépendamment de leur racines culturelles et/ou cultuelles ...

laurence hansen-love 31/08/2016 21:14

d'accord avec cette analyse !

cordroc'h jf 31/08/2016 18:51

Une idéologie ,politique ,religieuse ou autre , ne peut s'imposer à une masse d'individus ,et se maintenir ensuite en place le plus longtemps possible , qu'en exploitant l'ignorance et la frustration de cette masse ,sa crédulité et son besoin de croyances ,d'espoir .Il ne s'agit pas ici d'un complot ,mais d'un processus fonctionnant par lui-même ,échappant donc au contrôle de ceux qui en sont en quelque sorte les jouets .