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11 mars 2016 5 11 /03 /mars /2016 19:32

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Published by laurence hansen-love - dans actualité politique
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commentaires

Jean Pierre Foirry 16/03/2016 12:15

Vous avez raison, on ne reviendra pas aux trente glorieuses à cause de facteurs irréversibles. La mondialisation financière, les changements environnementaux, la fin de la croissance liée à la consommation matérielle de masse dans les pays occidentaux, l’arrivée proche d’une nouvelle révolution technique, d’un nouveau complexe communications-énergie-transports, l’existence d’un potentiel de croissance désormais lié aux services, etc. Mais, dans ce nouveau monde, si les jeunes ont ainsi vocation à devenir numériques et flexibles, cela ne les conduit pas obligatoirement à devenir précaires et pauvres et dans toute société, la pensée idéologique dominante et les problèmes de répartition des revenus et de la richesse dépendent de rapports de force qui se sont inversés depuis la fin des années 1970, mais qui sont, eux, parfaitement réversibles. Si aujourd’hui (contrairement aux années 1960), une relance de la demande nationale entraîne des importations plus que de l’emploi, c’est bien sûr le niveau de la demande européenne (voire mondiale) qui est déterminant au même titre que les aspects liés à l’offre nationale (coûts, réglementations et productivité des entreprises) dans un cadre européen (voire mondial).
ps. par ailleurs, merci pour votre blog qui est trés stimulant

laurence hansen-love 16/03/2016 15:19

Personnellement je suis écologiste et décroissante, donc en aucun cas favorable à la stimulation d'une consommation intérieure. Je suis pour la loi El-Khomri, car ce sont les entreprises qui emploient, pas le gouvernement. Il faut écouter les entrepreneurs, pas les lycéens. A moyen terme je suis pour uen révision complète de notre système d'imposition afin de pouvoir financer un revenu universel de citoyenneté. Ce qui implique effectivement de changer les modes de répartition des revenus du travail. Mais relancer la croissance et faire croire aux jeunes que le retour à l'objectif de CDI pour tous est crédible: ça non ! Aucun pays ne va dans ce sens à ma connaissance... Quant à la demande européenne, je ne vois pas bien quel pouvoir nous avons sur elle..
Par ailleurs les jeunes ne sont pas, ou plus ( ou en tout cas moins quil y a 10 ans) dans les pays qui ont fait ce type de réformes et instauré la flexi-sécurité. En matière de précarité (chômage.. ?) la France détient le ponpon..
A moins que vous pensiez que le chômage des jeunes c'est mieux que la précarité des emplois !..
Merci sinon pour votre appréciation sur mon blog.. Vous êtes prof?

Jean Pierre Foirry 12/03/2016 09:21

La jeunesse contre la jeunesse : est-ce si sûr ?
Les seules lois du marché qui marchent sont les suivantes : 1) le niveau global du chômage dépend essentiellement des perspectives en matière de débouchés et de profits et non des coûts relatifs des différents travailleurs ; 2) à savoir-faire, productivité et incitations identiques, le travailleur recruté est logiquement le moins cher payé (un jeune en CDD de courte durée) et le travailleur renvoyé est toujours, lorsque possible, le plus cher payé (un senior en CDI).

Pourquoi y aurait-il une flambée des recrutements (notamment de jeunes et de non-qualifiés) en CDI sous le prétexte que l’on faciliterait le renvoi des travailleurs en CDI alors que la masse globale des emplois ne bouge pas et que les CDD offrent pour l’entrepreneur nombre d’avantages : salaires plus faibles, moins de formation professionnelle, personnes flexibles, peur du non-renouvellement et du chômage pour le travailleur incité à être plus productif ?

Ce qui compte pour la baisse du chômage, c’est la somme des CDDs et CDIs créés : les CDDs représentent 90% des embauches et continueront de le faire, sauf à transformer les CDIs en CDD bis et à rendre tout le monde précaire. Dans un marché du travail totalement libéralisé et redevenu celui du 19ème siècle, la suppression du salaire minimum et du CDI auraient certes pour effet de permettre à l’entrepreneur de payer ses travailleurs au minimum de survie (disons 400 euros par mois) et forcément d’en recruter plus puisqu’ils ne coûteraient plus rien (le chômage baisserait, mais à quelles conditions pour le travailleur et avec quels effets négatifs sur la demande globale).

Si l’on ne veut pas revenir sur les acquis sociaux et que le chômage baisse en même temps que les contrats CDI augmentent, il faut à la fois une relance de la demande nationale, européenne et mondiale (en matière de politique monétaire, la BCE a donné l’exemple, mais les Etats, notamment allemand, sont réticents) et un système d’incitations (cotisations, bonus-malus, impôts, formation professionnelle, etc.) pour favoriser les contrats longs et défavoriser les CDDs courts. La simplification du code du travail et la transparence sur les conditions de licenciement des CDIs ne seraient que des pièces mineures de ce système d’incitations et tout l’esprit des nouvelles lois en serait changé.

laurence hansen-love 12/03/2016 12:02

Personne jamais n'a dit que le nouveau contrat de travaill va produire "une flambée" de CDI. On n'est pas en période électorale ! Ce que disent ceux qui nous gouvernent c'est que la France est le seul pays qui n"a pas tenté les expériences qui ont plus ou moins fonctionné dans les autres pays. Il faut essayer mais personne n'est assez menteur pour promettre quoi que ce soit. Simplement peut-être on obtiendra une diminution du chomage comme cela s'est produit dans tous les pays qui ont flexibilisé leur code du travail... Quant à vous si vous savez ce quil faut faire .. (une relance etc..) je vous souhaite bien de la chance pour le jour où vous serez en position de gouverner ... Aucune nation europénne en tout cas n'a emprunté cette voix avec succès depuis la fin des trente glorieuses et de la croissance forte et régulière.