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15 février 2016 1 15 /02 /février /2016 18:20

L’éducation et la république

 

En république, le citoyen est souverain. C’est pourquoi la vertu, c’est-à-dire le principe qui l’anime, en est la condition. Il appartient à l’éducation d’inspirer cette vertu, c’est-à-dire l’amour de la république. Tel est la mission du père: 

 

« C'est dans le gouvernement républicain que l'on a besoin de toute la puissance de l'éducation. La crainte des gouvernements despotiques naît d'elle-même parmi les menaces et les châtiments; l'honneur des monarchies est favorisé par les passions, et les favorise a son tour: mais la vertu politique est un renoncement à soi-même qui est toujours une chose très pénible.

On peut définir cette vertu, l'amour des lois et de la patrie. Cet amour, demandant une préférence continuelle de l'intérêt public au sien propre, donne toutes les vertus particulières; elles ne sont que cette préférence.

Cet amour est singulièrement affecté aux démocraties. Dans elles seules, le gouvernement est confié à chaque citoyen. Or, le gouvernement est comme toutes les choses du monde: pour le conserver, il faut l'aimer.

On n'a jamais ouï dire que les rois n'aimassent pas la monarchie, et que les despotes haïssent le despotisme.

Tout dépend donc d'établir dans la république cet amour; et c'est à l'inspirer que l'éducation doit être attentive. Mais, pour que les enfants puissent l'avoir, il y a un moyen sur: c'est que les pères l'aient eux-mêmes.

On est ordinairement le maître de donner à ses enfants ses connaissances; on l'est encore plus de leur donner ses passions. Si cela n'arrive pas, c'est que ce qui a été fait dans la maison paternelle est détruit par les impressions du dehors.

Ce n'est point le peuple naissent qui dégénère; il ne se perd que lorsque les hommes faits sont déjà corrompus ».

 

Montesquieu, De l’Esprit des lois (1748), Première partie, Livre IV, chapitre V, p 160, Ed. G.F. Flammarion

 

 

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Published by laurence hansen-love - dans philosophie
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commentaires

Cordroc'h jf 23/02/2016 09:01

Selon moi ,le patriarcat fondé sur l'autorité du père au sein de la structure familiale est à l'origine de la majorité des maux affectant l'Humanité depuis des milliers d'années . Le patriarcat est le résultat , le produit direct de la séparation Homme-nature ,qui se produit inéluctablement ,dès qu'un individu éprouvant un certain sentiment d'impuissance et une frustration face à une réalité imprévisible et incontrôlable , mystérieuse et dangereuse , toute puissante donc ...trouve un artifice lui procurant une illusion plus ou moins grande de pouvoir , de puissance , de domination etc ...qu'il cherchera par tous les moyens à renouveler quel qu'en soit les conséquences .

Le patriarcat consiste donc pour les représentants du sexe masculin à contrôler la femme de manière à ce qu'elle soit soumise à ses besoins et désirs sexuels . Le patriarcat a aussi pour finalité de nier la toute puissance de la femme en tant que donneuse de vie et transmetteuses de liens fondamentaux à l'enfant .

La patriarcat transmet et entretien la séparation originelle Homme-nature , en séparant prématurément l'enfant de sa mère ,sous le prétexte que la relation fusionnelle mère -enfant ne serait pas bénéfique à l'enfant .Une fois cette séparation effectuée , le père devient alors un guide , un modèle , le transmetteur des valeurs du patriarcat ,et il est exact que lorsque ce père devient défaillant , l'enfant se retrouve sans repères ,du fait de ne pas posséder les liens fondamentaux que la mère n'a pu lui transmettre à cause de l'interférence du père autoritaire dans leur relation .

Si l'enfant possédait ces liens fondamentaux ,le père n'aurait pas son rôle de représentant du système à jouer .L'enfant n'aurait pas besoin qu'on lui inculque les valeurs de la démocratie , car elles seraient déjà en lui ,sous la forme de l'amour et du respect de l'autre et de la vie .