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22 février 2016 1 22 /02 /février /2016 11:45

 

http://www.causeur.fr/melenchon-un-bonimenteur-chez-ruquier-36894.html

 

Un texte que j'ai écrit il y a déjà quelques années en commentaire d'une phrase de Machiavel 

 

 

Citation commentée :

« Beaucoup se sont imaginés des républiques et des principautés que jamais on n'a véritablement vues ni connues, car il y a un tel écart entre la façon dont on vit et celle dont on devrait vivre, que celui qui délaisse ce qui se fait pour ce qui se devrait faire apprend plutôt à se perdre qu'à se sauver » Le Prince, Chapitre 15

 

Ecrits en 1513, ces mots de Machiavel signent l'entrée de la politique dans la modernité. La philosophie politique, qui se donnait pour tâche de penser les principes de la cité bien administrée cède la place à la pensée politique qui décrypte les objectifs et les méthodes de la politique effective. Machiavel stigmatise les philosophes et les écrivains « humanistes » pour lesquels la politique relève de la fiction. Les uns, comme Platon ou Aristote, se demandent comment doit être conçue la cité juste ( ou la « république ») qui ne connaîtrait que la raison comme principe directeur. Les autres, comme Erasme (L'institution du Prince chrétien, 1516) se demandent comment le bon souverain, ennemi des vices, ami des arts et de la justice, doit s'y prendre pour éviter toute guerre. Vaine entreprise selon Machiavel. Non seulement vaine, mais encore dangereuse : le « bon » Prince n'est pas un rêveur mais un homme pragmatique et réaliste. Il sait que la cité ne sera jamais réglée suivant des principes exclusivement rationnels.

Soucieux de s'en tenir à la « vérité effective de la chose »; il accède au pouvoir et s'y maintient en se fondant sur la connaissance du jeu inextricable des passions humaines au sein même de la meilleure des républiques. S'il utilise la force (tel un « lion ») et la ruse ( celle du « renard ») ce n'est pas pour opprimer mais pour canaliser la violence et infléchir la « fortune » dans le sens des intérêts du peuple tout entier. (Laurence Hansen-Löve)

 

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Published by laurence hansen-love - dans actualité politique
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commentaires

Cordroc'h jf 24/02/2016 01:14

Cela rejoint ce que j'ai à plusieurs reprises écrit sur ce blog ,à savoir qe ce qui fait bouger les choses en profondeur au sein d'un système socio-économique sont les passions , et plus rarement la raison .Il est dommage que les passions en question soient le plus souvent celles de posséder toujours plus d'argent , de pouvoir , d'avantages et privilèges en tout genre , ce qui entraîne une production et une consommation toujours plus importantes ,avec des conséquences désastreuses pour la planète .Toutes les idées , les projets , les promesses ,,fruits de la raison servent à masquer l'impuissance de ceux qui les font face à la réalité ,qui du simple fait de ce qu'elle (la réalité )est réellement empêche la raison d'être véritablement efficace en profondeur et durablement ..

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  • : Professeur de philosophie, à IPESUP. Directrice de collection chez Belin et chez Hatier.Co-auteur de : Philosophie,anthologie (Belin) et Philosophie de A à Z (Hatier). Auteur de : "Cours particulier de philosophie" et "La philosophie comme un roman" (Hermann)
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