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25 décembre 2015 5 25 /12 /décembre /2015 16:13

J'enlève le point d'interrogation

C'est le dossier du Monde ce soir

 

" La non violence absolue est la seule possibilité pour la religion dans notre monde moderne" dixit Jan Assmann (égyptologue). Et je suis bien d'accord.
Mais comment voulez-vous que les croyants qui lisent la Bible et le Coran, et qui  ne sont pas indignés par  leur cortège d'atrocités, voire les  tiennnent pour justifiées (l'homme est violent, n'est-ce pas) n'y perdent pas leur latin?

"La dépolitisation par le christianisme du méssianisme juif et le transfert du Royaume de Dieu hors de ce monde ,..., vers un au delà purement spirituel, est une étape décisive de la pacification du monde"

Toujours d'accord, mais un musulman vous dira que le christianisme n'a pas toujours été à la pointe de la tolérance et de la pacification du monde...
Bref, pourquoi ne pas dire les choses franchement: le passif des religions monothéistes en matière de violences extrêmes, de chasses aux sorcières et de génocides programmés et "justifiés" par la parole de Dieu, est tel que ... on ne peut que leur préférer le Discours de la méthode:

"La foi, qui porte sur des choses obscures,  est un acte non de l'intelligence mais de la volonté " (Règles pour la direction de l'esprit)

 

Osons plutôt l'intelligence !

 

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Published by laurence hansen-love - dans Philosophie
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commentaires

Antoine Carlier Montanari 01/01/2016 16:43

Vous laissez planer des doutes en usant d’un moyen exclusivement tourné vers l’approximatif. Le ton de cette courte analyse a pour objectif de discréditer une nouvelle fois, et pourquoi pas, les religions monothéistes et à travers elle le christianisme principalement. J’ai lu le dossier du Monde daté du 26 décembre, pour ma part il faut creuser, se creuser et chercher d’avantage du côté du bien et du mal en leur propre nature. Comprenez, avant que vous me mettiez dans la case qu’il faut, le juif est né de Moïse, le chrétien est né de Jésus et le musulman est né de Mahomet, quant à l’athée il est né de ces quatre docteurs que sont Darwin, Nietzsche, Freud et Marx. J’ai pour habitude, suivant une bonne vieille méthode intellectuelle, de juger un arbre à ses fruits. Vous êtes très en retard sur Charles Baudelaire, Simone Weil et surtout René Girard, la seule loi du Christ a inversé la spirale sacrificielle du monde, la guerre est une loi naturelle nous dit Jünger. Le nihilisme absolu dont nous parle Nietzsche, la loi du talion des juifs et des musulmans ne peuvent se conduire de la même manière que le credo chrétien: faîtes ce que vous désirez que les autres vous fassent et aimez-vous les uns les autres jusqu’à mourir pour eux. Il y a quand même une différence fondamentale, qui fait dire à René Girard que l’alternative évangélique nous garantit la non-violence dans la mesure où elle suit à la lettre la parole du Christ à Pierre : Remets ton épée à sa place ; car tous ceux qui prendront l’épée périront par l’épée. (Matthieu 26,52). Ne me sortez donc pas les quelques épisodes odieux qui ont pu se manifester sous le règne chrétien pour amoindrir ses effets qualitatifs. Cette pratique révèle les hypocrites, c’est précisément cette manière qui offense, eux-mêmes vivant bien à l’abri en terre chrétienne, n’ont eu de cesse de nous imposer un modèle de pensée universel et matérialiste, lequel a élevé la névrose à un tel niveau que seules des cellules psychologiques ont été formées afin de résoudre la question existentielle. La déroute est énorme et le sens de la vie a été réduit à un supermarché abondamment fourni, lesquels garantissent à leurs millions de clients des besoins strictement corporels. Comment voulez-vous, qu’après, le nihilisme triomphant incarné dans l’athéisme et le laïcisme, puisse garantir au bien de triompher, dans les jeunes consciences le cahier des charges est un peu trop léger. Voyez-vous, il n’y a aucune promesse de victoire, le mal peut tout aussi gagner à la fin. Il serait donc raisonnable d’analyser la faillite de la pensée hyper rationaliste qui a cantonné Dieu au domaine stricte de la foi.
« La foi et la raison sont comme deux ailes qui permettent à l'esprit humain de s'élever vers la contemplation de la vérité. » nous dit Jean-Paul II en 1998. C’est pour répondre à votre dernière phrase, et comme j’aime enfoncer le clou, je n’ai pas vu d’exemple, au XXème siècle, chez les matérialistes, les nihilistes ou encore les réductionnistes, tout aussi louable que celui de Mère Theresa. Je vous ai dit que l’on juge un arbre à ses fruits, la réalité nous rappelle que le monde musulman est en guerre, Israël est au centre, et ne tendra certainement pas l’autre joue. Quant à l‘occident qui ne conserve de son christianisme que ses églises, a depuis 1905 initialisé le concept de guerre mondiale ! Sans oublier l’affreux empire socialiste communiste et son voisin le national-socialisme qui ont bien montré que le nihilisme le plus absolu pouvait planifier la mort de dizaines de millions d’individus.
Pour finir, il y a certains auteurs qu’il faut avoir lu, qu’on ignore volontairement parce qu’ils portent l’étiquette chrétienne mais qui de loin ont proposé une grille de lecture bien plus lucide que les révolutionnaires nihilistes principalement formés à scander leur haine de l’aristocratie et du roi. René Girard et Simone Weil ont radicalement éclairé la pensée moderne, le constat est clair pour eux, sans le Christ c’est l’apocalypse. Le balancier psychologique est simple à comprendre, l’annihilation du principe chrétien libère toutes les perspectives d’auto destruction. Quant au rationalisme pacifique, qui se veut la véritable alternative humaniste à la religion chrétienne, n’est ni sacré, ni transcendé, ni même incarné. Sa nature ne peut formuler correctement une supériorité du bien puisqu’elle n’a aucun modèle parfait sur lequel elle peut l’établir. La nature seule est son guide avec comme on le sait bien une loi primordiale et indépassable qu’est la mort. La nature est le règne du péché et de la mort nous dit Charles Baudelaire. Howard Bloom, dans son principe de Lucifer, explique comment la violence est intrinsèquement liée à la nature. Cet athée américain décortique les mécanismes biologiques sans prendre de pincettes, le développement est conséquent et on finit par comprendre pourquoi il a ainsi nommé son livre. Sur cette base, comme la guerre est une loi naturelle, nous dit Ernst Jünger, il faut une force extrêmement puissante pour annuler les effets pervers de ce principe biologique. Ne cherchez donc pas ailleurs la solution, la bouteille est pleine de nitroglycérine, prête à exploser à tout instant ! La seule solution, remplir la bouteille d’un liquide inflammable. Pour cela il faut un credo sur vitaminé qui peut empêcher le cœur de tout faire péter ! Voyez-vous, à part le Christ, aucune doctrine, aucun homme n’a jamais pu porter si haut la miséricorde et l’amour du prochain ! Ainsi, je pose la question, quel enseignement raisonnable serait supérieur à celui-là : faîtes ce que vous désirez que les autres vous fassent et aimez-vous les uns les autres jusqu’à mourir pour eux ?

laurence hansen-love 01/01/2016 18:08

merci mais je lis René Girard et S. Weil. Et je ne suis pas non plus tout d'un bloc que cette question de la religion. J'aime beaucoup aussi Bergson. Mais surtout Spinoza.
Cependant je ne suis absolument pas d'accord avec votre affirmation: faites aux autres ce que vous voudriez que l'on vous fasse. J'entendais un croyant l'autre jour qui disait que s'il perdait la foi, il aimerait que ses coreligionaires le "forcent" à revenir dans le droit chemin. Moi je ne crois pas qu'il y ait un BIEN qui soit applicable à tous. Quant à cette idée de mourir pour les autres, je la trouve pour le moins dangereuse.
Je ne sais pas ce que je veux que les autres "me fassent". Je sais que je veux surtout que les autres ne m' imposent pas l'idée qu'ils se font de ce qui est bien pour moi et pour tous.

domy2 26/12/2015 23:04

mon Dieu peut on être aussi intelligent et aussi ridicule en même temps, chère madame!

Antoine Carlier Montanari 02/01/2016 17:33

Vous avez raison pour « me fassent », en reprenant Matthieu (7-12), il est dit : « Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le de même pour eux… ». L’expression est plus juste, votre inquiétude est tout à fait justifiée. En ce qui concerne le fait de «mourir pour eux », c’est le don suprême, donner sa vie pour son prochain c’est la plus grande preuve d’amour qui puisse exister, le Christ a montré l’exemple sur la croix. C’est le processus le plus à même de freiner la soif de vengeance, il annule la loi du talion. Ainsi, la martyrologie chrétienne, qui a commencée avec les premiers chrétiens envoyés aux lions dans les arènes, a reformulé la psychologie humaine en lui affectant un moyen efficace d’évacuer tout ressentiment. Le progrès opéré a été satisfait par la promesse biblique, « Ainsi les derniers seront les premiers, et les premiers seront les derniers » (Matthieu 20-16). Ces notions évangéliques on fait entrer l’humanité dans l’âge de la maturité, la domestication des affects et la capitalisation du pardon a démonétisé la violence et rendu la guerre bien plus infirme qu’elle ne l’était auparavant, c’est l’ère de la diplomatie. En ce sens, il y a un donc bien un bien issu de la révélation judéo-chrétienne, qui a fait progresser considérablement la civilisation occidentale. Ce bien, tout le monde s’accordera à dire qu’il a réorienté le sens de l’histoire, notre ère débute avec la naissance du Christ. Depuis, le monde a évolué avec une éducation rédemptrice dont l’élément central pendulaire a racheté de son sang le péché universel. Le salut global a évacué les traumatismes collectifs issus des réglementations païennes qui invitaient à n’accorder le salut qu’au peuple choisi. L’élargissement à la planète toute entière de la date anniversaire du 25 décembre a généré une célébration universelle du Messie chrétien. La crèche a pleinement rempli son rôle symbolique de famille universelle, le catholicisme qui vient du grec katholikos, signifiant « universel », en est l’aboutissement. A propos, notons aussi, en passant, ce que dit Spinoza à propos de ce bien universel : « Tous les hommes, en effet, peuvent obéir; mais il y en a bien peu, si vous les comparez à tout le genre humain, qui acquièrent la vertu en ne suivant que la direction de la raison, à ce point que, sans le témoignage de l'écriture, nous douterions presque du salut de tout le genre humain. » (1)

(1) Victor Brochard, Le Dieu de Spinoza, édition Manucius, p32