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1 novembre 2015 7 01 /11 /novembre /2015 11:41

Je partage entièrement l'analyse de mon collègue:

https://www.facebook.com/michelterestchenko?fref=nf&pnref=story

Nicolas Hulot était ce soir l'invité de l'émission "On n'est pas couché". Avec cette simplicité de ton qui accompagne généralement la compétence - Dieu sait comme cette liberté de ton fait défaut à nos hommes politiques dont le discours est insupportablement compassé ! - il exprima une conviction avec laquelle je suis en profond accord : la gestion - écologique, politique, économique - des biens communs de la nature ne peut ni ne pourra se faire au niveau interétatique mais exige que se mettent en place des modalités institutionnelles de "gouvernance" mondiale. Il en est de même, à mon sens, du terrorisme. Voyez la manière dont les Etats, réunis à Vienne, cherchent à résoudre le problème syrien, en l'absence des interlocuteurs directement concernés.
Les représentants des différents mouvements qui luttent sur le terrain en vue d'une solution démocratique à cet épouvantable conflit ont été tenus à l'écart des discussions. Tout se passe comme si les chefs d'Etat, dont on ne sait quelle est la légitimité, se comportaient comme des joueurs déplaçant, selon leur plan, les pièces d'un échiquier, les populations concernées étant réduites à n'être que des pions. On envisage diverses solutions "rationnelles", résultats de négociations et de compromis, avec une aisance - j'allais dire une sagesse - toute théorique, qui rappelle les manières les plus arrogantes et méprisantes, du colonialisme ou du "post-colonialisme". Mais est-ce ainsi que la communauté mondiale trouvera des solutions de pacification à cette pathologie de la modernité que représente le terrorisme et l'islamisme radical ? De fait, je crois que c'est à l'horizon global qu'il conviendra, un jour, inévitablement de se placer. Mais d'ici là, à quelles tragédies dont les populations seront les premières victimes allons continuer d'assister !
L'intrusion, militaire ou diplomatique, des Etats qui obéissent à leurs logiques hégémoniques de puissance - et on sait comme elles sont divergentes, voire opposées, serait-ce entre l'Iran et l'Arabie Saoudite - est, au mieux, une impasse, à moins qu'elle n'alimente de nouveaux conflits. On le verra bientôt, j'en suis convaincu. Pendant ce temps, la justice internationale montre son incapacité à empêcher le déferlement tous azimuts de la violence.
La gangrène terroriste, tout autant que le dérèglement du climat et ses conséquences déjà catastrophiques, doivent être compris comme une crise qui appelle la communauté mondiale à prendre conscience d'elle-même et à trouver des modalités de résolution, fut-ce par la coercition, de ses conflits internes. Mais telle organisation, largement à inventer, ne pourra, ni ne devra se faire dans le mépris des citoyens.
Si c'est une utopie, mais il s'agit là d'une utopie concrète, beaucoup de travaux théoriques sont menés en direction de ce pourraient être les principes et les modalités organisationnelles de la justice globale cosmopolitique par des philosophes, des sociologues, des juristes de premier plan. Je songe, en particulier, à Jürgen Habermas ("Après l'Etat-nation), à Martha Nussbaum et Amartya Sen, qui se fondent tous deux sur l'approche des capabilités, à Judith Butler ("L'Etat global") ou encore à Arjun Appardurai ("Après le colonialisme").

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Published by laurence hansen-love - dans ecologiehansenlove
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  • : Professeur de philosophie, à IPESUP. Directrice de collection chez Belin et chez Hatier.Co-auteur de : Philosophie,anthologie (Belin) et Philosophie de A à Z (Hatier). Auteur de : "Cours particulier de philosophie" et "La philosophie comme un roman" (Hermann)
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