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22 novembre 2015 7 22 /11 /novembre /2015 09:55

Regis Debray Finkielkraut le 21 novembre 2015

« Tout commence maintenant »

http://www.franceculture.fr/emission-repliques-l-adieu-a-l-histoire-2015-11-21

Régis Debray : Vous posez la question du jour. L’histoire nous rattrape. Mais l’histoire ce n’est pas l’événement. L’épée ce n’est pas la bombe. Une meute de voyous n’est pas une armée. Nous voilà confrontés à la violence. Mais l’histoire, ce n’est pas le seul événement. C’est aussi la conscience de l’histoire. C’est le sentiment de l’histoire. D’un grand dessein qui est en cours. Tantôt poétique tantôt romanesque comme chez Chateaubriand. Un fondu enchaîné entre un passé un avenir, une légende derrière nous, une espérance devant nous. Cette unité organique fait la conscience historique. C’est l’idée d’un roman inachevé. Avec ses chimères existent. Sa névrose même.

Milan Kundera disait : Etre marxiste en 1948, cela signifiait qu’on prenait le volant, on conduisait l’histoire, on croyait avoir la science de l’histoire. Il y avait sans doute une part de soif de puissance.

Moi je ne parle pas de la science de l’histoire, mais du récit, de l’histoire comme drame, du roman inachevé. Un drame qui est écrit, souvent comme une épopée, une chanson, une liturgie collective, Avec une grande part d’irrationnel. Tous les hommes de l’histoire commencent par l’imaginaire. L'histoire c’est d’abord une histoire imaginaire. La France comme imaginaire c’est le camembert.

L’histoire revient, mais pas telle que nous l’avions rêvée. Ce n’est pas le récit exaltant de l’émancipation.

Nous basculons dans quelque chose comme une guerre. Envolée comme promesse, histoire resurgit aujourd'hui comme destin. L’Europe s’était constituée comme le rêve d’une paix perpétuelle. Aujourd'hui ce rêve se fracasse avec le retour de l’ennemi. Cet ennemi nous faire revenir dans l’histoire.

Je vous concède que le grand récit dans nous parlons est une résurgence du récit d’ Abraham.

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Published by laurence hansen-love - dans Philosophie
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